Polémique autour de la restauration du café Maure des Oudayas

Polémique autour de la restauration du café Maure des Oudayas

Les images de démolition suscitent l’indignation sur le Net

«Le projet de restauration préservera l’identité immuable et originelle et réelle du lieu». Cette option stratégique prendra le soin d’évacuer tout ajout ou appendices ayant, de fait, porté atteinte à l’intégrité architecturale historique de ce lieu de mémoire.

La reconstruction du célèbre café Maure situé au cœur des mythique Oudayas de Rabat a enflammé la Toile et provoqué la colère de l’opinion publique. Les images de démolition, largement diffusées sur les réseaux sociaux, ont suscité l’indignation des citoyens et les habitués de cet endroit fort fréquenté. Sur les photos qui circulent, les symboles de ce monument historique semblent avoir été démolis, sans savoir, si ce lieu va garder son identité historique. A propos de ce sujet, les deux Associations Ribat Al-Fath et Rabat Salé Mémoire ont rendu publiques des précisions autour de cette polémique, suite à une réunion tenue, tout récemment, en présence du wali de Rabat-Salé-Kénitra et du directeur régional du ministère de la culture. Dans un communiqué, les associations expliquent que l’intervention sur le Café Maure s’intègre dans un projet global de mise en valeur de la Kasbah des Oudayas.

«Ce projet vise à favoriser le retour aux véritables composantes structurelles et architecturales originelles du lieu telles que attestées par différents travaux et supports photographiques d’époque et préalablement recommandées par l’étude d’impact patrimonial (EIP) établie en la circonstance», expliquent les deux parties, en notant que sur le plan structurel, «cet espace emblématique souffre de graves problèmes dus à des ajouts hors norme constituant aujourd’hui des vices cachés tels que l’érosion des sols d’assises du café, la fragilisation des contreforts, la corrosion des aciers des dalles en béton armé, l’infestation et la dégradation des poutres en bois soutenant les banquettes en encorbellement sur falaise et l’absence de fondations des poteaux de la structure en béton armé». Ces constats, soumis en séance aux deux associations, relèvent des diagnostics établis par le laboratoire, le bureau d’étude spécialisé et l’architecte, note le communiqué, ajoutant qu’à terme, cette situation met en péril la stabilité de ce lieu à haute fréquentation publique et touristique.

Sur le plan architectural, les deux associations assurent que «le projet de restauration préservera l’identité immuable et originelle et réelle du lieu», ajoutant que cette option stratégique prendra le soin d’évacuer tout ajout ou appendices ayant, de fait, porté atteinte à l’intégrité architecturale historique de ce lieu de mémoire. Dans ce sens les deux parties ont convenu deux dispositions, à savoir la concertation préalable future avec l’ensemble des acteurs concernés par le patrimoine, dont la société civile. Cette communication permettra d’éviter à l’avenir tout problème entravant l’adhésion collective aux projets de cette nature, tout en renforçant leur légitimité. Concernant la deuxième disposition, elle porte sur la création de commissions de suivi de la réalisation de l’ensemble des projets sensibles impactant l’image et la mémoire de la ville de Rabat, poursuit la même source. Et de conclure que «la destinée du projet de restauration du Café Maure de la Kasbah des Oudayas offre à la collectivité œuvrant au service du patrimoine culturel l’opportunité d’ouvrir une nouvelle page pour une gestion partagée des questions du patrimoine».

L’étude d’impact patrimonial est à la charge du maître d’ouvrage

En somme, il faut noter que plusieurs parties prenantes sont engagées dans le projet global de mise en valeur de la Kasbah des Oudayas. Selon un arrêté de la wilaya, qui définit et fixe le champ d’application des EIP et les modalités de fonctionnement de la Commission des études d’impact sur le patrimoine, «les EIP sont à la charge du maître d’ouvrage». Sont assujettis aux études d’impact sur le patrimoine, les grands projets situés à l’intérieur des zones inscrite et tampon, susceptibles d’avoir un impact sur la valeur universelle exceptionnelle du bien. La même source indique que «les EIP sont menées par une équipe d’experts justifiant de connaissances techniques et juridiques avérées et conformément au guide du Conseil international des monuments et des sites (ICOMOS) de 2011, portant orientations relatives aux études d’impact sur le patrimoine pour les biens du patrimoine mondial culturel». L’arrêté relève que la Commission des études d’impact sur le patrimoine a pour mission «d’examiner les études d’impact sur le patrimoine, s’assurer de leur conformité au guide de l’Icomos et approuver ou rejeter les EIP». Le même document note que «la commission est constituée des membres, la wilaya de la Région de Rabat-Salé-Kénitra, la Direction régionale de la culture, l’Inspection régionale de l’urbanisme, de l’architecture et de l’aménagement du territoire national, le Centre régional d’investissement, la Commune de Rabat, la Commune de Salé si le projet est situé dans la zone tampon relevant de son territoire, l’Agence Urbaine de Rabat-Salé et l’Agence d’aménagement de la vallée de Bouregreg si le projet est situé dans son périmètre».

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