Protection du patrimoine : La station thermale de Sidi Harazem en quête d’un second souffle

Protection du patrimoine : La station thermale de Sidi Harazem en quête  d’un second souffle

Elle a été construite par Jean-François Zevaco entre 1959 et 1975.

Représentant une véritable oasis brutaliste, la station thermale de Sidi Harazem est un des fleurons du Maroc post- indépendance à protéger aujourd’hui. «Doté d’une architecture en béton brut époustouflante de poésie et de prouesses techniques, ce vaste ensemble s’étale sur 14,5 hectares, entre oasis luxuriante et collines arides», rappellent le promoteur Hamza Slaoui et l’architecte Aziza Chaouni, les deux personnes qui militent aujourd’hui pour la protection du site.
Et c’est grâce au fonds Getty Keeping It Modem, reçu en 2017, qu’une étude de réhabilitation de la station thermale a pu être menée par Aziza Chaouni et son équipe en collaboration avec les propriétaires des lieux, la CDG et la municipalité de Fès. Pour l’heure, en attendant le démarrage effectif des travaux de réhabilitation, ce lieu pittoresque demeure à l’abandon. Pire, ses défenseurs appréhendent que la démarche ne voie jamais le jour. Et c’est pour sensibiliser autour de la problématique et donner vie à la station que des talents ont été conviés pour mettre de l’ambiance et attirer des personnes sensibles à l’art et à l’architecture.

En tête d’affiche, la pianiste Dina Bensaid, qui n’est plus à présenter est venue se produire dans les antres de Sidi Harazem. L’événement qui s’est tenu du 18 au 20 juin a également réuni des artistes d’horizons divers (Mohamed El Hachoumi, Jeunes Mazaya, DJ Guedra Guedra, Chef Baya, Simo Sajid, Hassan El Jai, Myriam au citron, Lamia Bennani Smires) ; tous animés de la même verve, à savoir redonner vie à cet espace.
Soutenue par la fondation CDG, l’initiative se veut citoyenne. Elle compte positionner le site en espace de réflexion, de création et d’action.
Trois temporalités ont été retenues pour cela, à savoir des évènements ponctuels, la production d’objets de design fabriqués avec la population localement et un parcours artistique regroupant les œuvres d’artistes jalonnées à travers la station thermale. Un format de résidence originale pour la protection du patrimoine d’un site connu et reconnu pourtant de tous, mais qui est tombé au fil des ans en désuétude avec l’ouverture de nouvelles piscines et de marchés informels.

Aujourd’hui, l’objectif est que cette résidence d’artistes puisse avoir comme impact d’activer le site et sa région à travers des manifestations et des projets culturels s’inscrivant dans le long terme et qui impliquent la population locale.
A suivre…

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