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Quand Asma Lamrabet repense l’héritage de Rabi’a Al-Adawiya

Quand Asma Lamrabet repense l’héritage de Rabi’a Al-Adawiya

Son nouveau livre sort en librairie début septembre

La chercheuse et essayiste connue par son engagement dans la relecture réformiste de l’Islam en général et sur la question de la femme en particulier, Asma Lamrabet revient avec un nouveau livre consacré à Rabi’a Al-Adawiya, une figure soufie musulmane de premier plan. L’annonce est faite par elle-même sur son compte officiel Facebook. «Ravie de vous informer de la parution de mon dernier livre en librairie début septembre sur la vie d’une femme mystique, libre et rebelle», écrit-elle.

Il faut dire que Asmaa Lamrabet à travers cet ouvrage intitulé «Rabi’a Al-Adawiya, mystique et liberté» met en lumière l’histoire, la vie, le parcours de cette première femme soufie. «De ses odes exquises à ses envolées allégoriques et ambivalentes en passant par ses sévères remontrances, Rabia est ainsi à l’origine d’un discours qui est à la fois d’une grande complexité et d’une étonnante actualité», lit-on dans la présentation du livre. Et d’ajouter: «Femme hors du temps, Rabi’a est paradoxalement maintenue par cette légendaire histoire où la tradition populaire vivante tente inlassablement en fatalement de l’enfermer, l’histoire d’une sainteté ingénue et inaccessible au commun des mortels. Or, au-delà du mythe, c’est le récit d’une femme dans toute son humanité, son intelligence et sa foi, qui a marqué son temps et ses coreligionnaires à tel point que sa vie et ses paroles ont transcendé l’histoire».

Selon l’auteure, le parcours de cette femme demeure aujourd’hui d’une actualité et d’une richesse intellectuelle et spirituelle aussi incroyable qu’inestimable. «Il s’agit ici, non pas d’une énième biographie mais d’une ébauche de compréhension de ce que fut cette pionnière figure mystique, sur le sentier de l’amour divin», conclut-elle.

Pour rappel, Rabi’a Al-Adawiya est morte entre 80 et 90 ans, âge très avancé pour l’époque. Vivant dans un dénuement absolu, elle avait pour seuls biens, la méditation, la contemplation et l’adoration du Créateur. Elle a marqué le courant soufi comme étant la poétesse mystique qui a introduit dans la spiritualité musulmane la notion de l’amour absolu et inconditionnel de Dieu.

À travers les Croisades, le récit extraordinaire de la vie de Rabi’a et le mythe qu’elle incarne sont portés en Europe par les chevaliers chrétiens. Le souffle divin de ses poèmes aurait inspiré de nombreuses religieuses et même quelques saintes comme Thérèse d’Avila, dans une Espagne encore imprégnée de l’héritage de l’Islam. Elle serait enterrée à Jérusalem, sur le Mont des Oliviers et sa tombe est devenue un lieu de pèlerinage. Icône de la poésie mystique, femme ascète et désincarnée, illuminée du seul amour de Dieu, Rabi’a Al-Adawiya est portée au rang de sainte, surnommée «La Mère du Bien». Elle a laissé pour la postérité un legs spirituel inestimable qui a contribué à forger sa légende.

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