Quand Fatima Mazmouz met à l’honneur les «Chikhates résistantes»

Quand Fatima Mazmouz met à l’honneur les «Chikhates résistantes»

Elle présente un travail artistique sur le corps colonial à Rabat

Après «Portrait d’une femme en enceinte», Super Oum résistance » ou «Le corps rompu», l’artiste multidisciplinaire Fatima Mazmouz revient avec «I Spit Fire». Il s’agit d’un nouveau travail artistique sur le corps dansant de la «Chikha», visible jusqu’au fin octobre à Kulte Center For Contemporary Art de Rabat. Inscrite dans le cadre de son projet intitulé «Casablanca mon amour, les Résistantes», cette série de photographies et de sculptures a été révélée à The Mosaic Rooms à Londres dans le cadre de l’exposition Raw Queens. Une installation de photographies et de sculptures aux allures de performance. «Dans le corps dansant de la Chikha, la femme devient tour à tour coq, serpent et cheval. Part de l’histoire vivante de la culture populaire au Maroc, la Chikha est une femme guerrière, une résistante qui combat par la danse et par les mots, renouvelant ainsi, intacte, à travers son corps, la tradition de l’histoire orale d’un pays», explique l’artiste à propos de son travail.


Photographe, artiste plasticienne et conceptuelle, Fatima Mazmouz joue sur un fond d’armes, virile et puissante, comme la voix de ces femmes indisciplinées et désobéissantes, à la fois inquiétantes et libres. A travers cette série consacrée aux «Chikhates», l’artiste montre une nouvelle représentation des figures de pouvoir indigènes et ouvre de nouveaux champs de discussion sur le genre ou la décolonisation. En gros, elle rend hommage à cette âme de la culture populaire. En effet, Fatima Mazmouz est connue sur la scène par ses recherches, la diversité de ses pratiques et de ses approches. D’ailleurs, elle interroge le genre, le corps, l’immigration, et les stéréotypes qui les accompagnent. Elle explore également la discrimination, le féminisme, le post-colonial, la mémoire et la réécriture de l’Histoire.

À partir de 2013, «Le corps magique» de la grossesse ainsi que le travail autour des différentes pratiques secrètes des avortements clandestins amène l’artiste à aborder la question de la transmission dans le milieu vernaculaire féminin. L’univers de la magie et de la sorcellerie au Maroc résonne immédiatement avec ses recherches précédentes. Elle ouvre un chantier intitulé «Divine Comédie». Depuis 2014, Fatima Mazmouz analyse les rouages au cœur de la mécanique du «corps colonial» à travers le projet Casablanca, mon amour (Dar el Beida, Hobe…), scrutant ainsi le ventre de la ville sous ses facettes les plus singulières.

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