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Questions à Matteo Garrone, réalisateur italien: «Le film «Io capitano» sera de sortie au Maroc»

Entretien
Environ 24 heures après une projection presse de son film «Io capitano» (Moi capitaine), programmée samedi lors du 20ème FIFM, le cinéaste italien Matteo Garrone se livre au jeu des questions-réponses. L’occasion pour lui de révéler les dessous de cette œuvre dont une grande partie est tournée au sud du Maroc.

ALM : Vous êtes invité au festival pour y projeter votre nouveau film «Io capitano». Pourriez-vous partager avec nous votre ressenti à cette occasion ?
Matteo Garrone : C’est d’abord notre première en Afrique. Donc c’est très important pour nous de voir les réactions du public. Je suis également très content de projeter le film ici parce que nous en avons tourné une grande partie au Maroc. Donc, nous avons entre autres filmé à Erfoud et d’autres zones du sud du Maroc, ainsi qu’à Casablanca. Alors, le pays est très familier avec le film que nous avons réalisé. Encore une fois, nous sommes très heureux d’être dans un festival très prestigieux et assez beau. Quant à la projection, elle est très émotionnelle parce que la salle et l’écran sont grands. C’est aussi un film très visuel. C’est une aventure ! Et le paysage de ce périple vers l’Afrique est très puissant dans un très grand écran.

Dans le film, les deux personnages principaux (Seydou et Moussa) sont contents d’immigrer en Italie même s’ils cachent leurs craintes. Quelles seraient vos raisons pour en faire des êtres heureux?
C’est parce que le film est basé sur une histoire vraie. Donc, il y a des immigrants qui sont, quand ils partent, jeunes et suivent leurs rêves. Et quand on est jeune et on suit notre rêve, on est aussi heureux parce qu’on pense qu’on peut réussir. Alors, durant le périple, ils se sont liés au « drama » de ce voyage. Donc, c’est une chose que je n’ai pas inventée. C’est parce qu’il y a aussi quelque chose qu’ils ont vécu au moment du périple.

Avant l’arrivée vers l’Italie, le personnage principal ne cesse de promettre aux autres qui l’accompagnent qu’ils vont tous survivre et se met à répéter «Io capitano». Cependant, les immigrants, en général, ne pensent qu’à eux. Serait-ce un personnage généreux?
Oui, mais il est vrai aussi qu’il y a des gens qui, en moment de souffrance, deviennent solidaires et créent une certaine solidarité humaine. Donc, ce ne sont pas seulement des personnes qui pensent à elles seules mais il y a des moments où les êtres humains en souffrance deviennent soudés les uns les autres. Alors, c’est pour cela que, dans le film, je pense qu’il y a aussi un espoir parce que «Seydou» demeure humain jusqu’à la fin. Aussi, si des choses très violentes arrivent, la réalité est aussi très violente et il reste innocent. Cela est très important aussi. Mais ce qui était plus important pour nous c’était de révéler que derrière les nombres que nous sommes habitués à écouter dans les informations de personnes qui arrivent et meurent, il y a un être humain avec des rêves et parents. Ainsi, nous voulions donner aux publics la possibilité de voir ce voyage sous différentes perspectives de leur point de vue. Souvent nous voyons les choses de notre point de vue de l’Occident. Donc il s’agit finalement pour nous de montrer l’inverse. Je pense que ce sont les choses les plus importantes du film. C’est aussi cela qui donne au public la possibilité de vivre une expérience humaine et changer la perspective, voire sensibiliser le public, notamment les jeunes. Par la même occasion, le film a été projeté en Italie dans des établissements scolaires pour que les jeunes puissent voir des personnages du même âge avec les mêmes désirs et rêves mais les personnages dans le film, pour poursuivre leurs rêves, doivent risquer leur vie. Alors qu’en Italie, d’autres peuvent facilement prendre un avion et venir au Maroc ou au Sénégal. Et si d’autres veulent partir en Italie ou en Europe, ils risquent leur vie.

Lors du tournage au Maroc, vous avez collaboré avec des jeunes marocains qui aimeraient reproduire votre expérience avec d’autres productions étrangères. Que leur recommandez-vous ?
Je pense que quand le film sera de sortie en Afrique et au Maroc, notamment à Casablanca, tout le monde verra leur talent. Donc cela leur sera facile de trouver d’autres opportunités parce que quand on montre qu’on est un bon acteur dans le film, c’est la meilleure opportunité de trouver d’autres réalisateurs. Donc je pense qu’ils trouveront d’autres rôles.

Auriez-vous d’autres projets ?
Pour le moment, je me contente de «Io capitano» !

Dans la projection du film «Animalia»de Sofia Alaoui

« Je suis contente d’être avec vous. C’était une très bonne expérience. Ce qui y était très intéressant, ce sont les scènes surprenantes au quotidien même si nous maîtrisions le scénario. Aussi, les scènes étaient bien jouées et dirigées. Chacun avait peur pour ses rôles parce que ceux-ci étaient proches de la fantaisie. Et pourtant, nous formions une seule équipe pour que cette œuvre soit bonne ».

Ainsi s’exprime l’actrice marocaine Souad Khouyi qui prend la parole en premier lors de la présentation du film de Sofia Alaoui programmé dimanche après-midi dans la section dédiée au panorama du cinéma marocain dans le cadre du 20ème FIFM. De leur côté, d’autres artistes dans le film, tourné à Imilchil, abondent dans le même sens lors de cette présentation.

Quant à Sofia Alaoui, elle révèle pleine d’émotions : «C’est mon premier long-métrage et surtout on est au Maroc, dans le pays. C’est la projection la plus stressante de ma vie parce qu’on ne fait pas du cinéma, à la fois, pour être aimé, pour plaire mais j’ai envie que «Animalia» vous plaise !». «C’est un film qui pose des questions puisqu’il donne des réponses aussi. J’ai envie qu’il vous traverse et que vous viviez la projection comme une expérience intime», poursuit-elle en devant une fière chandelle à son équipe et à tous les intervenants dans cette production, notamment le CCM qui se lance avec de forts applaudissements !

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