Radios et télévisions marocaines : Les recommandations de la Haca

Radios et télévisions marocaines : Les recommandations de la Haca

Tout en saluant leurs efforts pendant la crise sanitaire

Les radios et chaînes de télévision ont assumé un rôle spécifique durant la période observée. Elles ont ainsi pu se positionner comme un service d’information fondé sur des sources fiables, que ces sources soient publiques, citoyennes ou émanant des milieux de l’expertise médicale.
Dans le contexte de la mobilisation nationale pour la lutte contre la propagation de la pandémie du coronavirus (Covid-19), le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle a adopté lors de sa télé-réunion du 10 avril 2020 un rapport faisant état de l’effort spécifique déployé par les radios et télévisions marocaines et rappelant quelques principes à respecter en matière de traitement médiatique de la question de la pandémie. Basé sur un travail de monitoring et de suivi des programmes et des capsules de sensibilisation diffusés par 18 services radiophoniques et télévisuels publics et privés pendant la période allant du 19 mars au 9 avril 2020, ce rapport a été transmis à l’ensemble des opérateurs audiovisuels en prévision notamment des prochaines étapes de l’évolution de cette crise sanitaire mondiale.
La première partie du rapport met ainsi en perspective à travers plusieurs constats la contribution spécifique des médias audiovisuels à la mobilisation nationale.
En termes de réactivité, le monitoring effectué par les équipes de la Haca relève qu’en quasi-totalité, les services de radio et de télévision marocaines ont adapté leur programmation et leurs contenus aux impératifs de l’état d’urgence sanitaire. Outre ces modifications importantes, des contenus de sensibilisation et d’éducation de différents formats ont fait l’objet d’une programmation intensive, contribuant ainsi à instaurer un climat de vigilance continue.Il a été établi par ailleurs que dans un contexte de communication de crise marqué par la grande circulation d’informations approximatives, manipulatoires et contradictoires en plus du risque de psychose collective due à la nature de la maladie, les radios et chaînes de télévision ont assumé un rôle spécifique durant la période observée. Elles ont ainsi pu se positionner comme un service d’information fondé sur des sources fiables, que ces sources soient publiques, citoyennes ou émanant des milieux de l’expertise médicale.
Eu égard à ses missions en matière de régulation de la communication audiovisuelle, la Haca a formulé, en fin de ce rapport, un certain nombre de propositions visant, dans le respect de leur liberté éditoriale et du droit du citoyen à l’information, à conforter davantage les efforts et les postures de vigilance au niveau de l’accompagnement médiatique des différents aspects et répercussions de cette crise pandémique. Il est ainsi recommandé de prendre toutes les précautions pour éviter le risque de stigmatisation des personnes touchées ou présumées l’être par le coronavirus (Covid-19) et veiller au respect de leur dignité, de leur droit à l’image et de leur vie privée.Toujours dans cette optique de respect des droits de citoyens, la Haca rappelle qu’il faut éviter de divulguer l’identité des personnes présumées avoir enfreint les dispositions prises par les autorités publiques encadrant l’état d’urgence sanitaire, tout en se gardant de toute confusion entre la présentation critique des violations commises et l’incitation à la haine à l’encontre de leurs auteurs présumés.
Elle appelle également à éviter tout traitement pouvant lier des villes et des quartiers spécifiques à l’augmentation du nombre de personnes infectées par le coronavirus pour prévenir tout risque de stigmatisation de leurs habitants et de génération d’attitudes et de comportements de défiance et de rejet à leur encontre et ce sans préjudice du droit du citoyen à l’information et à la transparence des données concernant la situation pandémique dans notre pays.Parmi les autres propositions du gendarme du secteur figure le renforcement du traitement médiatique de la pandémie en abordant d’autres dimensions économiques et sociales, l’usage du langage des signes, l’élargissement de la couverture régionale pour consolider la proximité médiatique et le traitement de la situation des migrants et des réfugiés résidant au Maroc.
Cette réunion tenue vendredi a ainsi permis de saluer les efforts des radios et télévisions et à dresser une liste de recommandations qui seront à même à la fois d’éclairer l’opinion publique et de surmonter le sentiment d’inquiétude.

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