Ramadan 2022 : La SNRT «zappe» les sitcoms

Ramadan 2022 :  La SNRT «zappe»  les sitcoms

Polémiques, procès en justice, qualité, succès des séries dramatiques… les causes

Certaines productions soulèvent des polémiques dont certaines aboutissent à des procès en justice ou la saisine des institutions de contrôles des médias.

Clap de fin pour les sitcoms à la SNRT dès le prochain Ramadan. La décision a été annoncée par Fayçal Laâraïchi, président-directeur général de la SNRT, lors de son passage devant les députés de la commission parlementaire permanente de l’enseignement, de la culture et de la communication à la Chambre des représentants. Le numéro un du pôle public qui fut lui-même un certain temps acteur dans le domaine de la production télévisuelle, s’est dit pas très convaincu de la qualité de certaines productions ramadanesques principalement les sitcoms.

Cela dit, le PDG de la SNRT a fait savoir que certaines productions réalisent des scores importants dans l’audience au cours du mois sacré. Il faut dire que l’orientation du pôle public de zapper les séries «comiques» vient à un moment où ces dernières font l’objet quasiment chaque année d’un déluge de critiques dans les médias et les réseaux sociaux. Pire encore, certaines productions soulèvent des polémiques dont certaines aboutissent à des procès en justice ou la saisine des institutions de contrôle des médias. Ce fut le cas notamment au cours du dernier Ramadan où des associations et syndicats professionnels, s’estimant lésés par le discours véhiculé par une sitcom, n’ont pas hésité à saisir la HACA (Haute autorité de la communication audiovisuelle) puis à porter l’affaire devant les juridictions compétentes pour stopper la diffusion de la production incriminée.

Comédie : Drama m’a tué

Mais il existe d’autres raisons ayant conduit les responsables de l’audiovisuel à revoir le traitement accordé à la catégorie des sitcoms au cours de chaque Ramadan. Ces productions semblent ainsi payer les frais du succès phénoménal de certains genres de productions dramatiques. Depuis plusieurs années, le genre sitcom donne des signes d’essoufflement avec des scénarios critiqués, des rôles récurrents et des sujets loin de faire l’unanimité. En face, la catégorie «Drama» multiplie les succès à la télévision avec un public très demandeur.

Le cas de la série «Bnat Al Assass» a définitivement instauré la suprématie de cette catégorie de productions sur les autres genres, du moins pendant le Ramadan. Un succès qui a probablement condamné la sitcom, plus que jamais appelée à se remettre en cause. Dans ce sens, le PDG de la SNRT a pointé au cours de son passage devant les parlementaires les conditions pour la conception et la production de ce genre de séries. Selon le même responsable, fin connaisseur des rouages des productions, il faudrait au moins neuf mois pour écrire un scénario d’une sitcom digne de ce nom, chose qui est impossible dans l’état actuel des choses.

La même source précise qu’au cours des appels d’offres, certaines productions présentent non pas la sitcom dans sa totalité mais uniquement quelques épisodes. Une situation qui laisse penser que l’écriture des scénarios et dialogues est faite après l’octroi des appels d’offres, ce qui laisse peu de temps avant la diffusion effective au cours du mois sacré. Ce sont là autant d’éléments qui, peut-être, indiquent la fin d’une époque dans la production télévisuelle et le début d’une nouvelle meilleure… espérons le en tout cas.

Situation financière

Le président-directeur général de la SNRT, Fayçal Laaraïchi, a présenté un exposé au Parlement sur la situation financière et managériale de la Société à la lumière du rapport 2018 de la Cour des comptes, évoquant la mise en œuvre des recommandations de cette juridiction dans les délais convenables. Il a également abordé l’évaluation des produits télévisuels présentés par la SNRT pendant le mois du Ramadan, outre la situation administrative et les programmes d’avenir, le bilan décennal de la chaîne amazighe et le programme de l’officialisation de l’amazigh dans le secteur.

Pour sa part, le directeur général de «Soread-2M», Salim Cheikh, a mis en avant le respect des dispositions du cahier des charges de la deuxième chaîne au titre de l’année 2020, ainsi que le rôle de «2M» pendant la pandémie de Covid-19 et la diversité territoriale, culturelle et linguistique. M. Cheikh a aussi passé en revue la place des programmes en amazigh au sein de la grille de la deuxième chaîne, l’engagement de «2M» en faveur de la parité et du genre, l’évaluation de la programmation du mois sacré du Ramadan, le développement des bulletins d’information, la promotion des émissions-débats et le soutien à la production audiovisuelle, cinématographique et dramaturge nationale.

La stratégie El Ferdaous

Une nouvelle ère commence pour l’audiovisuel public. En effet, le ministre de la culture, de la jeunesse et des sports, Othmane El Ferdaous, vient de présenter les grandes lignes de la restructuration du pôle audiovisuel public à travers un regroupement de la Société nationale de radiodiffusion et de télévision (SNRT), de «2M» et de «Medi 1 TV» et ce, dans le cadre de la feuille de route 2024 de la stratégie du développement du secteur de l’audiovisuel public.

Lors de la première étape, ce regroupement s’opérera à travers le processus «coup d’accordéon» lequel concernera les capitaux de Soread-2M et «Medi1 TV», tandis que la deuxième étape portera sur l’intégration de «Radio Medi 1» et de «Régie 3» (sa filiale à 100%) au secteur public après évaluation par des experts indépendants, a expliqué M. El Ferdaous, ajoutant que la troisième phase s’opérera à travers la création d’un holding SNRT avec des sociétés professionnelles. S’agissant des cahiers des charges et du contrat programme, le ministre a relevé que le contrat entre l’État et la SNRT s’effectuera à travers un contrat programme équilibré incluant un plan de synergie détaillé en parallèle avec la modernisation des cahiers des charges, l’assouplissement des restrictions économiques lorsque cela s’avère possible et l’adaptation aux évolutions technologiques.

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