Ouvrage «Violences faites aux femmes dans le monde arabo-musulman»
Voici un nouveau livre abordant un sujet cruellement d’actualité dans le monde entier. Mais c’est sur le monde arabo-musulman que s’est penché le collectif de chercheurs et de chercheuses ayant contribué à l’ouvrage «Violences faites aux femmes dans le monde arabo-musulman», paru aux éditions La Croisée des Chemins, afin d’aborder quelques formes et facettes de ce phénomène.
«Violences faites aux femmes dans le monde arabo-musulman», tel est l’intitulé du nouvel ouvrage paru aux éditions La Croisée des Chemins. Un livre réalisé par un collectif de chercheurs et de chercheuses abordant le débat et la réflexion autour du phénomène de la violence faite aux femmes dans certains pays faisant partie du monde arabo-musulman. «Afin de combattre les violences qui touchent aux femmes et se répercutent négativement sur plusieurs autres domaines sociaux, nous avons intérêt à dévoiler ostensiblement les tabous qui garantissent le maintien de l’ordre patriarcal établi et sacralisé.
Des musulmans, qui ne sont ni infaillibles ni sacrés, ont pu forger toute une culture qui sous-estime les femmes et leur attribue un statut non pas uniquement inférieur à celui des hommes, mais dévalorisant», lit-on dans l’extrait de la contribution de Kanza Kassimi, coordinatrice du collectif. Et d’expliquer : «Nous pouvons énumérer ces conditions dévalorisantes tout en confirmant que cela fait partie du dogme religieux édifié à travers l’histoire des musulmans par des humains qui ne sont pas infaillibles. Et c’était ainsi que le patriarcat ancestral a pu perdurer, s’enraciner et acquérir une légitimité religieuse incontestable. Les musulmanes étaient et subsistent majoritaires à adopter et à reproduire ces représentations patriarcales, tout en croyant qu’il s’agit d’une volonté divine irréfutable…».
Mme Kassimi ajoute dans ce sens que, «au sein des associations qui luttent contre les violences faites aux femmes, et durant des instances aux tribunaux, les facettes cachées de notre société marocaine peuvent être dévoilées facilement et gravement». Et de relever que «malgré le changement observé, au niveau des conditions d’une catégorie importante de femmes, grâce à la scolarisation, l’accès au travail salarié et l’ouverture sur les autres cultures et sociétés, le bouleversement concret au niveau des mentalités demeure minoritaire : des convictions patriarcales collectives continuent de perdurer et de structurer les mentalités à travers tout un système de transmission et de reproduction».
La coordinatrice du collectif affirme en effet que «nous observons au sein de la société marocaine une certaine cohabitation paradoxale de l’évolution et en même temps de la régression, d’une certaine conscience moderniste minoritaire de droit humain universel et de citoyenneté démocratique. Cette dernière s’édifie et s’oppose au sens commun majoritaire qui sous-estime les femmes et leur consacre plusieurs types de violence, où le symbolique et l’implicite prévalent, dominent et engendrent les souffrances les plus destructrices…».
Ce livre de 352 pages donne, par ailleurs, à lire plusieurs chapitres, en l’occurrence: «Acte de violence : Déchéance du droit de garde à la mère en cas de remariage» de Nadia Ait-Zai, «Les enfants nés hors mariage : une souffrance occultée», Katia Aribi, «L’interdiction du mariage des musulmanes avec les non-musulmans ou le harem invisible au Maroc» de Hanane El Majidi, «Les violences basées sur le genre dans le milieu universitaire au Maroc sous la lumière de la sociologie» de Soundouss Sabri, «Genre et émancipation des femmes dans la fiction maghrébine contemporaine» de Imèn Moussa et autres.
À propos du collectif
Coordination Plusieurs chercheurs et chercheuses ont participé à cet ouvrage, à l’instar de Kanza Kassimi, Nadia Ait-Zai, Katia Aribi, Hanane El Majidi, Soundoss Sabri, Imèn Moussa, Laila Benhessou, Abdelaadim Tahiri, Sabah Attab et Rodrigue Boulingui. La coordination de ce collectif a été assurée par Kanza Kassimi, lauréate de l’université de Bordeaux (France), professeure de sociologie et d’anthropologie à l’Université Ibn Zohr, FLSH Agadir, conférencière, écrivaine, et experte de genre au laboratoire des politiques globales à l’Unesco.










