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La réalisatrice marocaine Laïla Marrakchi signe son retour au Festival de Cannes 2026 avec son troisième long métrage «La Más Dulce», qui met en lumière le destin de travailleuses saisonnières marocaines en Espagne.
Le cinéma marocain sera une nouvelle fois à l’honneur au prestigieux 79ème Festival de Cannes, prévu du 12 au 23 mai 2026. Il sera marqué par le film «La Más Dulce» de Leila Marrakchi retenu dans la section «Un Certain Regard», dédiée aux œuvres singulières et aux voix émergentes du cinéma mondial. Ce long-métrage, coproduit entre le Maroc, l’Espagne et la France, offre une plongée poignante dans le quotidien de travailleuses marocaines saisonnières. L’histoire débute à Tanger, où vit Fatima, une femme récemment sortie de prison, déterminée à reconstruire sa vie. Son départ vers les exploitations agricoles d’Andalousie apparaît comme une opportunité salvatrice. Mais à son arrivée, les promesses s’effondrent face à un quotidien éprouvant, marqué par l’exploitation et l’absence de protection.
« Une fois là-bas, Fatéma est très vite rattrapée par la réalité. Heureusement elle se lie d’amitié avec Amina, Saida et Khadija, des mères, des filles de la campagne. Ensemble, elles vont affronter la dureté du travail dans les serres, les conditions déplorables dans lesquelles elles vivent, le harcèlement… Isolées, elles vont survivre dans ce pays dont elles ne parlent pas la langue et où elles ne connaissent par leurs droits», indique le synopsis du film.
Destin croisé de quatre femmes
Le film révèle un univers invisible des femmes agricoles saisonnières. Il se distingue également par la force de ses personnages féminins. Loin de se concentrer sur une héroïne unique, il tisse un réseau de destins croisés, où la solidarité devient un moyen de survie. « J’ai envie de faire un film politique qui raconte le destin de quatre femmes qui doivent se soumettre à la loi du plus fort, se taire et travailler dans les champs pour gagner de l’argent. Elles répondent au capitalisme racial et patriarcal qui les met dans une situation d’invisibilité parce que ces femmes ne parlent pas la langue, n’ont pas de droits, pour la plupart elles sont analphabètes, mères et parfois divorcées et donc vulnérables. À la manière d’un « survival » ou d’un film carcéral, les montrer dans les serres de plastiques prendre la parole et se révolter contre le système… », explique à propos de son film Leila Marrakchi.
Le film réunit en effet Nissrine Erradi, Fatima Akif, Hajar Krigaa, Hanane Benmoussa et autres. Il s’inscrit dans la continuité du parcours de Leïla Marrakchi, révélée notamment avec « Marock », présenté lui aussi à Cannes, puis « Rock the Casbah». Le projet a par ailleurs bénéficié d’un accompagnement dans le cadre du programme ateliers de l’Atlas en 2021. Avec «La Más Dulce», la cinéaste livre une œuvre engagée, à la fois intime et universelle, qui met en lumière des réalités souvent ignorées, tout en affirmant la vitalité et l’audace du cinéma marocain contemporain.
A propos de la réalisatrice
Parcours Laïla Marrakchi est née et a grandi à Casablanca. À l’âge de 18 ans, elle part à Paris pour y poursuivre ses études. Son premier long métrage, Marock (2005), a été présenté dans la section « Un Certain Regard» du Festival de Cannes. Son deuxième film, Rock the Casbah (2013), réunit un casting prestigieux, composé d’Hiam Abbass, Nadine Labaki, Lubna Azabal, Morjana Alaoui et Omar Sharif. Laïla Marrakchi a également réalisé deux épisodes de The Eddy, la série de Damien Chazelle produite pour Netflix, et a collaboré à plusieurs productions françaises.











