Saida Baadi : «Quand j’écris un scénario, je ne pense pas à moi-même en tant qu’actrice»

Saida Baadi : «Quand j’écris un scénario, je ne pense pas  à moi-même en tant qu’actrice»

Entretien avec Saida Baadi, actrice et scénariste marocaine

L’artiste marocaine Saida Baadi, qui s’affichera en ce Ramadan dans «Al Bouyout Asrar», s’exprime sur son expérience pointilleuse en écriture de scénarios. L’actrice, fort appréciée du public marocain, révèle également dans cet entretien à bâtons rompus ses différentes apparitions à venir en télévision et cinéma.

 

ALM : Nous avons appris que vous vous afficherez prochainement sur les écrans le temps d’une œuvre ramadanesque. Pourriez-vous nous en donner un avant-goût?

Saida Baadi : En fait, il s’agit de la série «Al Bouyout Asrar» (Les maisons ont des secrets) dont la diffusion se poursuivra en Ramadan sur Al Aoula. C’est moi qui en ai, d’ailleurs, co-écrit le scénario avec ma sœur Hafida. Entre-temps, je participe dans deux téléfilms. Le premier s’intitule «Fatna D França» (Fatna de France) de Saïd Khellaf dont la diffusion est programmée pour 2M. Quant au deuxième, il s’intitule «Makateb» (Destins). Le scénario de cette œuvre, dont la réalisation est faite par Hamid Basket sur une production de la SNRT, est également écrit par moi-même. Parallèlement, je travaille sur d’autres textes.

C’est donc une forte lancée que vous faites en écriture. Est-ce que le fait de recourir à votre art en scénario est de nature à garantir le succès d’une œuvre ?

Quand le scénario est basé sur une œuvre, le succès est garanti. La deuxième réécriture d’une histoire étant une nouvelle écriture en images. Au Maroc, on se base sur des œuvres littéraires à succès pour des scénarios en «drama». Et c’est extraordinaire. Pour ma part, je ne lis pas comme avant. En tout cas, le succès dépend de la manière de performance de l’histoire. Pour répondre à votre question, le plus grand problème en œuvres est celui de scénarios. Nous n’avons pas de spécialistes de l’écriture. Il y a, en fait, des essais. Ces derniers temps, il y a un nouveau souffle. Cependant, on écrit toujours le «drama» social et le thriller psychologique.

Nous n’avons pas encore dépassé ce stade. Dans mon cas, cela faisait longtemps que j’écrivais des scénarios mais je les gardais pour moi. Mais quand j’ai commencé à travailler sur «Al Bouyout Asrar» de 30 épisodes, je voulais une trame organisée et une histoire bien ficelée. Et ce n’était pas facile puisque cela a pris un an d’écriture. D’autant plus que j’y joue le premier rôle de «Lalla Aicha». Par l’occasion, quand j’écris un scénario je ne pense pas à moi-même en tant qu’actrice.

Vous êtes, en effet, une actrice fort appréciée du public pour vos bonnes performances. Cependant, il vous est arrivé de vous éclipser. Qu’en est-il des raisons de cette absence ?

A vrai dire, elle est due à des obligations familiales. Quand j’ai eu mes jumelles, j’ai préféré arrêter pendant environ quatre ans. Mais quand j’ai repris après ma grossesse, j’ai fait ma première apparition avec Abdellah Ferkous dans le téléfilm «Erraha Wessiaha» (Du repos et tourisme). Il est vrai que j’ai fait un retour timide, mais j’ai préféré le faire avec beaucoup de force et de rigueur. Donc j’ai pris mon temps pour faire beaucoup de cinéma et de télévision. Après quoi, j’ai récolté plusieurs prix notamment celui du festival d’Alexandrie en Egypte en 2018. Aussi, j’ai eu le prix de la télévision au festival de Meknès pour mon rôle dans un court-métrage de Hamid Basket et plein d’autres récompenses. A vrai dire, j’ai été très attentive quant à mon retour. Mais, c’était une crainte positive pour moi.

Par la suite, j’ai eu ces dernières années des apparitions dans «Wa la âlik» (T’en fais pas), «Hayna» et «Assirr Al Madfoun» (Le secret inhumé) entre autres. Pratiquement, je m’affiche, chaque année, dans une série ou un téléfilm. De plus, je me suis produite dans quatre longs-métrages notamment «Walwalat Arrouh» (Cri de l’âme) d’Abdellilah Eljaouhary « Taxi bied » (Grand taxi) de Moncef Malzi et «Samt El Farachat» (Le silence des papillons) de Hamid Basket. De plus, je participe au nouveau long-métrage «Une femme dans l’ombre» de Jamal Belmejdoub. C’est un film qui n’est pas encore sorti en salles. Il y aura une première nationale dès la réouverture des salles. Pour rappel, j’y prends part avec Mohamed Khouyi, Nadia Kounda et Assaad Bouab entre autres.

Et que pourriez-vous nous dire de la différence entre votre génération d’artistes et celle d’aujourd’hui ?

Elle est très grande. Nous avons un peu fait les choses dans les normes puisque nous n’avons pas brûlé des étapes et nous avons vraiment milité. On s’est battu pour arriver à ce que nous sommes. Cela nous a pris beaucoup d’années. Ce sont des choses qui nous ont forgé. Aussi il n’y avait pas de réseaux sociaux et une ouverture sur les médias. En l’absence de tout cela, heureusement que nous existons encore. Quant aux jeunes, les pauvres, ils veulent acquérir tout facilement sans prendre le temps pour se réaliser. Quand on brûle les étapes, il n’y a pas de charme à la vie. C’est un problème de génération. Je ne généralise pas d’ailleurs. Pour ma part, j’ai fait une place correcte dans le cœur des gens. Et j’en suis contente.

Un dernier mot peut-être?

Je suis très attentive aux scénarios écrits par des femmes. Avant, je n’avais pas cet intérêt. Maintenant, j’ai cet œil attentif aux textes conçus par mes pairs.

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