Culture

Tanger fête le court-métrage

© D.R

Tanger renoue encore une fois avec le court-métrage.  Cette ville est devenue le foyer et le rendez-vous incontournable des fans des courts-métrages. Elle abrite aujourd’hui pour la troisième année le Festival méditerranéen du court-métrage organisé par le Centre cinématographique marocain. Les inconditionnels du court-métrage se régalent. Ce genre cinématographique n’est pas très différent du long-métrage. Selon le cinéaste Chrif Tribek coréalisateur de «Balcon Atlantico», la spécificité du court-métrage se résume surtout par son format limité.
Le court-métrage ne doit pas en effet dépasser trente minutes. Pour le réalisateur précité, les courts-métrages se distinguent aussi par leur style d’écriture. «En sachant qu’on possède un temps limité pour la réalisation d’un film, il faut aller à l’essentiel», déclare Chrif Tribek. Ainsi, le but serait de faire passer le message en un minimum de temps.
En résumé donc, le réalisateur du court-métrage doit être économe. Economie de temps et d’argent. Chrif Tribek pense également que les courts-métrage n’ont pas de but commercial. Il seraient une sorte de laboratoire de recherche». On est complétement libre, on a moins de contraintes et en sachant que le court-métrage ne sera pas aussi diffusé qu’un long-métrage, on peut se permettre d’être plus créatif», ajoute le cinéaste.
Nouredine Lakhmari, un autre féru des courts-métrages défend de sa part le court-métrage et à sa manière. «Certains cinéastes pensent que le court-métrage c’est uniquement un brouillon pour faire un long-métrage, ils se trompent», déclare-t-il. En effet, ce cinéaste marocain résidant au Norvège, pense que le court-métrage est en soi un langage cinématographique. Nourredine Lakhamari n’est pas de l’avis de ceux qui ont une conception négative du court-métrage. «Certains qualifient ce genre comme étant uniquement une passerelle, il n’est donc pas valorisé». Pour éclaircir le fond de sa pensée, ce réalisateur cite en exemple Martin Scorcese, ce grand réalisateur est revenu à tous ses grands chefs-d’œuvre cinématographiques pour faire un film de 40 minutes intitulée «New Yor Story». La preuve selon Nourredine Lakhmari pour effacer tous les préjugés sur le court-métrage. Des préjugés qui pourraient pousser à croire que ce genre est dégradant ou dévalorisant.
Au Maroc, le court-métrage a commencé à être considéré à partir de 1995 à Tanger lors du festival national du cinéma à Tanger. «C’est à partir de ce moment que ce type de film a commencé à s’imposer à travers la projections de plusieurs courts-métrages des réalisateurs comme Ismaël Ferroukhi».
C’est donc à Tanger que le court-métrage s’est fait connaître au Maroc. Ce n’est pas pour rien que le CCM a choisi cette ville pour organiser le festival méditerranéen de Tanger. Aujourd’hui, ce festival en est à sa troisième édition.
Celle-ci aura lieu du 10 au 16 septembre. Au menu de cette édition, quarante-trois films en compétition, cinquante-deux films en projection en plus de la projection durant la cérémonie d’ouverture de trois courts-métrages primés lors de l’atelier d’écriture de scénario organisé par Ali N prod et la Fondation ONA. Il s’agit du film : «Mort à l’aube» de Hicham El Jebbari, «Cadre» de Abdelouahed El Moutanna et enfin «Ouled L’viet-nam» de Yann Barth. Dans la section films en compétition, ce sont 43 films en lice qui seront projetés au cinéma Roxy. Ils concourront pour obtenir six prix dont le Grand Prix, et le Prix Spécial du Jury pour ne citer que ceux-là. Parmi les films en compétition figurent «Chemise blanche, cravate noire» du marocain Yassine Fennane, «Destin de famille» de Younès Reggab, ou encore «Casting pour un mariage» du Tunisien Farès Naana.
Les 43 films en compétition seront jugés par les spectateurs et en premier lieu par le jury de cette troisième édition. Le jury, présidé par Jean François Anigué est composé de Mouna Fettou, Michel Demopoulos, Ibrahim El Ariss, ainsi que Jean-Pierre Lemoine. En outre, en parrallèle aux projections, les organisateurs ont prévu une table ronde sous le thème «L’impact des festivals de court-métrage dans le développement de la cinématographie nationale». Cette rencontre réunira les intervenants Nourredine Saïl, directeur du CCM, Nadira Ardjoun, du festival du court-métrage de Clermont Ferront, et William Azzela du festival du court-métrage de Rome pour ne citer que ceux-là.
Projections, tables rondes et rencontres seront donc au centre de la troisième édition du festival du court-métrage méditerranéen de Tanger. Un rendez-vous qui promet.

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