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Touhami Ennadre glorifie le noir à Rabat

Touhami Ennadre glorifie le noir à Rabat

Il expose ses œuvres pour la première fois au Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain

Il est nommé le sculpteur de la lumière. Il maîtrise son art de bout en bout. Chacun de ses tirages est donc une pièce unique. Il exalte le noir dans son intensité la plus extrême. On parle ici de Touhami Ennadre. Cet artiste photographe majeur reconnu à l’échelle internationale expose pour la première fois ses œuvres sous le thème «Qasida Noire» au Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain de Rabat (MMVI).
«Nous sommes heureux de continuer à donner à la photographie la place qu’elle doit avoir et de conclure ce cycle par un des artistes photographes majeurs. Touhami Ennadre présente des photographies exclusivement en noir et blanc prises aux quatre coins du monde, à travers lesquelles il exprime et transmet sa sensibilité au «regardeur». Cette sensibilité que lui-même a figée à travers son objectif. Il est le témoin de moments qui nous poussent à nous interroger sur nous-mêmes», a exprimé à ce sujet Mehdi Qotbi, président de la Fondation nationale des musées.

Pour Touhami Ennadre, c’est un immense honneur d’exposer au MMVI. C’est aussi et il y tient beaucoup, l’opportunité de s’adresser à la jeunesse de son pays, en particulier à celle qui lui ressemble tant : «Ce que ma rue m’a donné est d’une telle force qu’elle peut abattre les murs. Ce que je veux transmettre aux enfants qui vivent, aujourd’hui, ce que j’ai vécu hier, c’est ma profonde conviction que, si on travaille, on peut y arriver». L’artiste présente ainsi une sélection d’œuvres traitant plusieurs thèmes qu’il s’agisse de violence, de spiritualité ou juste d’humanité…
Né dans l’ancienne médina de Casablanca, élevé en France mais, désormais et surtout, citoyen d’un monde qu’il ne cesse de parcourir. Ennadre n’est pas un photographe comme les autres. D’ailleurs, il se définit comme «un peintre dans le noir». «Le noir est une couleur de la lumière. Je suis un peintre dans le noir, le noir, c’est l’autre, c’est la place de l’autre», indique-t-il.
L’œuvre au noir d’Ennadre, d’une unité esthétique exceptionnelle, est unique dans l’histoire de la photographie moderne par l’utilisation d’un noir devenu lumière qui dévoile et illumine.
«Je suis un artiste qui se sert de la photographie, de son noir et blanc fondamental, pour travailler la lumière comme d’autres se servent de la peinture ou de la sculpture à cette même fin», dit-il.
Le noir représente pour lui une couleur de la lumière. Lumière qui unifie son œuvre et magnifie l’humain en chaque personne rencontrée. Selon lui, cette approche si singulière, sensible et sensuelle, doit tout à Médina. Dans les milieux artistiques, cet artiste est dit photographe pour la facilité. Certes, il l’est. Mais vraiment à sa manière car s’il se sert d’un appareil photographique, il s’affranchit de ses modes opératoires dès la prise de vue. «Je suis autodidacte. Ma pratique, je l’ai inventée de bout en bout. Je me sers d’un appareil sans viseur pour m’approcher au plus près de mon sujet, je le saisis à l’insu et à l’arraché, dans le mouvement comme le footballeur intrépide qu’enfant je fus», explique-t-il. Le noir et blanc, c’est la valeur de la vraie lumière pour celui qui sait faire parler les ombres sans les reproduire. C’est l’intensité de son noir qui fait la lumière des tirages de Touhami Ennadre et qui fait de lui un pur artiste.

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