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Un livre pour rendre visibles les invisibilisées

Cet ouvrage est réalisé à la fois par des journalistes professionnels et de jeunes journalistes lauréats du programme Openchabab.

La maison d’édition En Toutes Lettres publie son nouvel ouvrage, «Travailleuses invisibles, les métiers de la discrimination au Maroc». Présentation de cet ouvrage collectif réalisé par 10 auteurs.

Après «Migrations au Maroc : l’impasse ?» et «Maroc, justice climatique, urgences sociales», la maison d’édition En Toutes Lettres publie son nouvel ouvrage «Travailleuses invisibles, les métiers de la discrimination au Maroc». Il s’agit du dernier livre de la collection «Enquêtes». Disponible dans les librairies, cet ouvrage est réalisé à la fois par des journalistes professionnels et de jeunes journalistes lauréats du programme Openchabab. Ceux-ci se sont intéressés à différents secteurs, à savoir l’agriculture, l’industrie, l’éducation, le nettoyage ou les métiers artistiques. «Un taux d’activité en chute libre et des professions extrêmement précaires : les travailleuses marocaines sont structurellement orientées vers les métiers les plus durs, les moins reconnus, les moins rémunérés et les moins protégés. Au mépris du Code du travail, l’informel domine et les discriminations s’additionnent. Dans l’agriculture ou l’industrie, dans l’éducation, le nettoyage ou les métiers artistiques, femmes et hommes ne vivent pas leur activité professionnelle de la même manière. Pour elles, c’est pire. Un livre pour rendre visibles les invisibilisées», explique la maison d’édition dirigée par Hicham Houdaïfa et Kenza Sefrioui. Dans ce cadre, l’ouvrage s’ouvre par une enquête de l’intérieur sur le métier peu étudié des hôtesses de l’air, texte signé par la chercheuse Oumaima Jmad. Le livre donne à lire également «Textile : Tanger, les noyées du capitalisme du désastre», signé par Salaheddine Lemaizi. «Le 8 février 2021 à Tanger, 28 ouvriers meurent noyés dans le sous-sol d’une usine textile. 20 sont des femmes». Sara El Ouedrhiri et Kenza Sammoud réalisent «Le quotidien des damnées de la terre», Dounia Z. Mseffer réalise une enquête sur les travailleuses de l’industrie agroalimentaire dans la ville de Safi. «À Safi, les unités de production de conserves de sardines, des ouvrières triment: horaires interminables, chantage des superviseuses, absence de matériel et de protection sociale», lit-on dans l’introduction de ce texte. Le livre s’intéresse aux métiers de l’intérim au féminin. Dans ce sens, Soundouss Chraïbi décrit le travail des «agentes de nettoyage» comme celui d’une «détresse quotidienne». «Les intérimaires travaillant dans le secteur du nettoyage sont sans contrat, sans sécurité sociale et exposées à des produits dangereux».
Abdessamad Khadiri et Oumayma Aghzere se sont intéressés à des métiers invisibles, celui des cheikhates. « Matrimoine populaire, les cheikhates sont autant adulées que méprisées. Le parcours de Hadda Ouakki pour faire valoir ses droits révèle la marginalisation de ces chanteuses, privées de leurs droits d’auteur et de revenus pour finir leur vie dignement».

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A propos de la maison d’édition En Toutes Lettres Essais  En Toutes

Lettres est une jeune maison d’édition indépendante basée à Casablanca. Depuis 2014, elle est spécialisée dans l’essai d’écrivains, de chercheurs et de journalistes à travers cinq collections. Plusieurs livres ont été lauréats du prix Grand Atlas, comme Le Métier d’intellectuel, dialogues avec quinze penseurs du Maroc de Fadma Aït Mous et Driss Ksikes en 2015 ou Islam et femmes, les questions qui fâchent d’Asma Lamrabet (droits cédés à Gallimard pour Folio Essais). Certains ont été traduits en espagnol et en italien, comme «Dos de femme», «Dos de mulet», «Les oubliées du Maroc profond» de Hicham Houdaïfa (2015) ou «Dames de fraises», «Doigts de fée», «Les invisibles de la migration saisonnière marocaine en Espagne» de Chadia Arab.

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