Culture

Un patrimoine historique et culturel à revaloriser

L’histoire des grottes de l’ancienne médina de la ville de Beni Mellal est enracinée dans la nuit des temps. Situé sur une superficie de 35 hectares, ce patrimoine historique et culturel a grand besoin d’être revalorisé tout en préservant les spécificités de l’identité architecturale et historique de ces cavernes qui étaient témoins de la bravoure, de la résistance et de la résilience des Mellalis à travers l’histoire.

«Nous avons un héritage, laissé par la nature et par nos ancêtres, a écrit Jean Giono, des paysages ont été des états d’âme et peuvent encore l’être pour nous-mêmes et ceux qui viendront après nous, une histoire est restée inscrite dans les pierres des monuments». L’histoire des grottes, à Beni Mellal, est enracinée dans la nuit des temps. D’après Dr Mustapha Ben Khalifa Arbouch dans son livre «Région de Beni Mellal-Khénifra, Histoire et patrimoine», c’étaient les Mellalis qui avaient donné naissance à ces cavernes au moment de la construction de la Kasbah Belkouch (Belkouch était l’ancienne appellation de Beni Mellal). Les gens de cette époque-là creusaient ces endroits pour construire leurs maisons et la forteresse. Ce qui expliquait l’existence des grottes près de la kasbah.
Toujours d’après Dr Arbouch, ces cavernes étaient construites aux environs de 1837. L’opération de creusage a continué pour restaurer ces grottes dans le dessein de construire des maisons à l’extérieur du périmètre de la Kasbah Belkouch. A l’époque de la colonisation française, l’opération du creusage avait pris fin dans la mesure où les autorités coloniales avaient ouvert une carrière pour en extraire les pierres et la terre. Cette carrière se situe, de nos jours, non loin du quartier Bab Ftouh, à Beni Mellal. A cette époque-là, la terre était transportée sur des chariots en bois. Par la suite, les habitants continuèrent à creuser, au temps du protectorat et des premières années de l’indépendance, des trous qui mesuraient 12m de longueur et 1m² de largeur.
Au début, les grottes ont été creusées de manière à ce qu’elles ne constituent aucun danger pour les constructions où les familles habitaient et élevaient des animaux comme les vaches, les brebis, les moutons, les mulets, les poules… Les Mellalis cohabitaient avec leurs animaux jusqu’aux années soixante. Ces cavernes étaient transformées en unités de trituration d’huile d’olives, en silos pour y cacher leurs denrées alimentaires… Et lorsque le colonisateur commença à bombarder la région avec ses avions, les grottes étaient devenues des endroits protégés où les Mellalis se cachaient pendant les bombardements.
Au fil des années, d’après M. Arbouch, le nombre des familles proliféra et Beni Mellal devint une ville. Les eaux usées ne furent plus déversées dans les rues et les esplanades comme avant mais dans les grottes qui avaient été construites auparavant. Ainsi, les eaux s’infiltraient à travers les murs qui suintaient. Ce qui fragilisa les fondements des maisons qui étaient construites sur les grottes. Avec le temps, le nombre des maisons menaçant ruine augmenta et le danger de mort prit possession de la Kasbah qui s’étalait sur une superficie de 35 hectares.
Depuis, les autorités locales commencèrent à déployer des efforts considérables pour juguler tous les problèmes qui étaient à l’origine de la fragilité des constructions. La première solution proposée, à l’époque, était la construction d’un grand réseau d’assainissement. Cependant, en temps de pluies, les effondrements menaçaient les habitants de mort.
Des études géophysiques et géotechniques ont été réalisées, en partenariat avec des universitaires de France et de Belgique, en collaboration avec la Faculté des sciences et techniques de Beni Mellal, dans le but de localiser avec exactitude l’emplacement de ces grottes. Certaines cavités, selon l’étude géophysique, étaient inoffensives alors que d’autres présentaient un danger potentiel avec des risques d’affaissements ou d’effondrements souvent spectaculaires et dangereux pour les vies comme pour les biens car le rejet de grandes quantités d’eaux usées dans les cavités constituait un facteur déstabilisateur évident.
D’après un responsable du conseil communal de Beni Mellal, l’importance doit être accordée à la préservation de l’identité de l’ancienne médina de Beni Mellal considérée comme l’un des patrimoines historiques et culturels. Et de souligner que la revalorisation de ces grottes propulsera sur le devant de la scène toute une histoire de bravoure, de résilience et de fierté des habitants de la ville de Beni Mellal. Mais il faut prendre les mesures qui s’imposent afin de restaurer l’ancienne médina tout en préservant ses spécificités architecturales et historiques.

Articles similaires

Culture

Cinéma : Daaaaaalí, aïaïaïaïaïaïaïe !

Il fallait bien cinq grands noms pour tenter de cerner cette figure...

Culture

Festival international du court-métrage de Tyr Le film marocain «la vérité» en lice

Le film marocain «La vérité» est en lice pour la compétition officielle...

Culture

Elle supervise le programme «Le Droit par l’Art»: L’artiste Nawal Sekkat met au service des universités son expertise artistique

Dans le cadre du Plan d’accélération de la transformation de l’écosystème de...

Culture

Une œuvre initiée par Amal Ayouch et Sanae Assif: «Rêve sans frontières» à Rabat : Regards croisés sur l’œuvre de Fatema Mernissi

La Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger abrite le...

EDITO

Couverture

Nos supplément spéciaux