Culture

Une collection d’oeuvres de grands artistes à l’honneur à Casablanca

© D.R

«La Main bleue», «Femme palimpseste», ou des portraits sont quelques-unes des œuvres d’artistes du monde arabe dévoilées à la galerie Venise Cadre de Casablanca, jusqu’au 15 janvier. Parmi ces artistes, on cite entre autres le Marocain Farid Belkahia, la Tunisienne Meriem Bouderbala et le Syrien Adam Sabhan. Belkahia, l’un des précurseurs de l’art contemporain au Maroc, se consacre pleinement à son art en utilisant le cuivre, la peau, les bois découpés, les colorants naturels, recréant, notamment à partir des signes berbères, des symboles graphiques universels. En effet, à travers son œuvre «La Main bleue», l’artiste-peintre veut transmettre un simple message: quel que soit le développement des outils mécaniques, la main perpétuera toujours le geste de la création. «Je suis un réceptacle (…) toutes les formes et les images que j’ai rassemblées tout au long de ma vie, j’arrive à les puiser au fond de moi, à les extirper de l’oubli», indique-t-il. De son côté, le corps est omniprésent dans l’œuvre de Meriem Bouderbala. À travers la série intitulée «Femelle palimpseste», l’artiste fait disparaître les corps en ne laissant que des silhouettes évanescentes aux contours fluides. Elle accentue l’image de la femme fantôme par des vers fragmentés, qui se faufilent dans des drapés blancs, d’un poème de Mahmoud Darwich intitulé «Sur cette terre, à l’ombre des mots». L’esthétique recherchée est comme un jeu de miroitements fragmentés de nos identités. Quant à Sabhan Adam, il malmène ses personnages en leur attribuant des aspects plus ou moins monstrueux, disgracieux, souvent déformés. Par sa peinture révoltée l’artiste engendre une œuvre sombre, une galerie de portraits qui font frémir. En découvrant son œuvre, on comprend tout l’enjeu métaphysique du combat entre les ténèbres et la lumière. Certaines figures se voient dotées de parures chatoyantes, provoquant le regard aussi sûrement que les distorsions anatomiques que l’artiste opère sur ses personnages, mi-bêtes mi-hommes. «Je n’aime pas le mot beauté», dit-il. Celui-ci expose actuellement au Museum Frankfurt – Germany, Musée National de Jordanie et au Musée des Beaux Arts du Mans-Paris France.