Une exposition donne libre cours à l’imagination des détenus

Une exposition donne libre cours à l’imagination des détenus

Elle se poursuit jusqu’au 1er mars 2020 au Musée de Bank Al-Maghrib

Cette exposition offre un véritable espace d’expression où les détenus peuvent renouer avec la vie en dehors et partager avec le grand public leur créativité, née paradoxalement pendant leur détention.

Une première. En marge de la journée nationale des détenus, le Musée de Bank Al-Maghrib organise, jusqu’au 1er mars 2020, une exposition intitulée «Créations d’au-delà des murs ou quand l’art libère». Un événement, initié en partenariat avec la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) et le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH). «L’art constitue sans nul doute une des composantes essentielles contribuant à la préparation du détenu à une réinsertion dans les tissus économique et social, et garantit de façon équitable l’accès à la citoyenneté et la participation à la vie sociale», exalte Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib. Pour lui, cette exposition offre également un véritable espace d’expression où les détenus peuvent renouer avec la vie en dehors et partager avec le grand public leur créativité, née paradoxalement pendant leur détention.

De son côté, Amina Bouayach, présidente du CNDH, indique : «Sans prétendre prendre en charge l’ensemble des souffrances et des aspirations des personnes vivant dans l’univers carcéral, la culture et l’art ont pour vocation de participer, en appui à d’autres mesures d’accompagnement (alphabétisation, formation professionnelle, santé…), à favoriser la réinsertion des détenus et leur réhabilitation future dans le corps social».

«Partant du constat que l’art joue un rôle considérable dans la réinsertion des détenus dans la mesure où il leur permet de reprendre confiance en eux, de maintenir l’espoir et de tisser de nouvelles relations sociales à même de faciliter leur réinsertion après la remise en liberté, la Délégation générale met à la disposition des détenus des ateliers d’art et d’artisanat pour qu’ils puissent exprimer leurs aspirations, leurs rêves, leurs coups de cœur», précise, pour sa part, Mohamed Saleh Tamek, délégué général de la DGAPR.

Cela étant, cette exposition propose un parcours en deux temps. Il s’agit, en premier lieu, d’une découverte des multiples aspects de la créativité artistique chez les détenus marocains venant de divers établissements pénitentiaires du Royaume. En 2ème lieu, une immersion est faite «de l’autre côté» à la rencontre des créateurs anonymes à travers les clichés et le film documentaire réalisés par l’artiste photographe, réalisateur et designer, Darem Bouchentouf.

Dans l’ensemble, ce projet artistique d’envergure a pour vocation de donner un visage humain au monde carcéral réputé «fermé».
L’événement aux dimensions sociale, humaine et culturelle vient à point pour prouver que l’idée d’emprisonnement n’est pas en soi une sanction absolue ni une exclusion abominable et que la prison reste un lieu branché constamment sur le monde extérieur, de même que l’application en son sein des droits de l’Homme à la formation, la culture, l’art, la santé et l’échange, est une réalité de tous les instants.
En offrant un véritable espace d’expression, d’échange et de partage, l’exposition consacrée aux détenus devenus artistes pendant leur incarcération constitue un formidable pont entre dedans et dehors, dans l’attente d’un nouveau départ. Judicieux.

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