L’une des plus belles voix du répertoire musical marocain s’était éteinte le 23 octobre 1996. Trente ans après, nous rendons hommage à cet artiste qui a laissé derrière lui quelques chansons des plus profondes de la musique contemporaine. Mohamed El Hayani, une étoile filante dans le ciel de la chanson marocaine.
Certaines figures laissent des empreintes indélébiles au cœur de nos cultures. Ces noms ont la capacité de transcender les époques et de défier le temps, nourrissant toujours notre imaginaire et accompagnant nos rêves, par la beauté, par la parole, par des notes musicales qui demeurent gravées dans le cœur de celui qui aime le grand art dans ce qu’il a de noble. C’est le cas de Mohamed El Hayani, un très grand chanteur, doté d’une voix rare et d’une présence de celles qui font les grands artistes. Simple, courtois, généreux, humain, passionné par son art, travaillant sans relâche, écrivant, composant, entraînant sa voix à ses limites, Mohamed El Hayani a tout donné à la chanson marocaine. Pour ce Casablancais pure souche, natif de 1945, la rencontre avec la chanson s’est faite très tôt, à l’âge de 18 ans, début de sa carrière en 1963.
Juste après l’indépendance, un jeune Marocain, des rêves plein la tête et un cœur vaillant se lance dans la musique et décide d’en faire sa vie. Cette période était très fertile, avec de nombreux artistes qui ont lancé leurs carrières et qui ont également dédié leurs chansons à l’indépendance du Maroc, à la résistance, à la construction d’un nouveau pays, libre et indépendant, qui veut chanter sa gloire et définir son avenir. C’est donc durant plus de trente ans que Mohamed El Hayani va chanter l’amour, la beauté, la passion, le désir, la femme, les affres de la séparation comme dans la mythique «Rahila» dont le texte, la musique et l’interprétation demeurent parmi les plus aboutis dans l’histoire de la chanson marocaine, toutes catégories confondues. Cette chanson a marqué des générations entières à plus d’un égard. D’abord les paroles, une poésie simple et profonde qui va du cœur de celui qui l’a écrite au cœur de celui qui la reçoit comme balade musicale. Tout y est : la mélodie, la note précise, le rythme, la voix, la force de l’interprétation et la résonance chez celui qui écoute.









