«Zone Franche» à l’ICI : Des artistes marocains questionnent le nomadisme à Paris

«Zone Franche» à l’ICI : Des artistes marocains questionnent le nomadisme à Paris

Elle réunit Fatiha Zemmouri, Randa Maroufi, Hicham Gardaf et autres

Six artistes marocains de renommée internationale explorent le mouvement des voyageurs, des marchandises et des imaginaires par-delà les frontières à l’Institut des Cultures d’Islam (ICI) à Paris, et ce dans le cadre de la nouvelle exposition «Zone Franche», prévue à partir du 3 février 2021, organisée dans le cadre de la saison Africa 2020. A vrai dire, «Zone Franche» est une aventure collective, fruit d’une rencontre entre trois structures artistiques situées au Cameroun, au Maroc et en France, animées par un même désir d’interagir avec les écosystèmes urbains qui les ont vus naître. «C’est à partir de ces contextes locaux et des témoignages d’une centaine d’acteurs de proximité, artistes, intellectuels, commerçants, associations, que Doual’art, Think Tanger et l’ICI ont co-créé une exposition prenant la forme d’un espace poétique et symbolique autonome», indique à ce sujet Stéphanie Chazalon, directrice générale de l’Institut des Cultures d’Islam.

Ainsi l’exposition donne à voir 41 œuvres dont «Bab Sebta» de la Franco-Marocaine Randa Maroufi. Il s’agit d’un film documentaire qui offre une section virtuelle des manœuvres quotidiennes au point de douane à la frontière de Sebta. Le public découvre également «Concrète Borders» de l’artiste Fatiha Zemmouri. Connue pour son intérêt aux métaux et à leur transformation, l’artiste présente ici une installation réalisée à base de tôle. «L’installation est un groupe de cartes sélectionnées parmi d’autres dans un projet intérieur. Ces cartes sont donc froissées posées à même le sol comme des documents comme l’on aurait détruits et jetés. On entraperçoit sur ces cartes des zones du monde où existent des supérations que ce soit des murs construits en béton ou des clôtures métalliques», indique l’artiste à propos de son œuvre. Alliant la matière, le geste et le propos, Fatiha Zemmouri voulait à travers son œuvre faire ressortir la notion de douleur. «Les cartes sont bel et bien concrètes, rigides, pérennes, en fer et en tôle. Cette dernière matière rappelle la pauvreté, le bidonville, la précarité de toute cette humanité enfermée en quête de protection», explique-t-elle. Ladite exposition montre également «Quand c’est gratuit, c’est qui le produit ?» de Mariam Abouzid Souali.

Cette artiste évoque la tension qui caractérise les liens Nord-Sud ainsi que les déséquilibres qui caractérisent le système mondial d’échange. A travers sa peinture, elle présente le jeu de l’oie, un jeu de société de parcours purement de hasard, le deuxième est celui de tir à la corde, un jeu sportif qui oppose deux équipes. Aux côtés de ces artistes, on trouve le jeune photographe Hicham Gardaf. Celui-ci crée une installation autour de l’idée de zone en référence à la ville de Tanger. Une zone est un espace marqué par des limites et des repères bien définis.

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