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15ème Colloque international des finances publiques à Rabat : Regards croisés sur la gouvernance en pleine crise

«L’être humain doit être au centre de toutes les préoccupations puisqu’il est, en définitive, le moteur et le bénéficiaire de toute dynamique de développement».

Fiscalité 
La croissance mondiale d’environ 2,7% en 2023 d’après les prévisions du FMI (Fonds monétaire international) attire, vendredi à Rabat, l’attention de la ministre de l’économie et des finances.

Nadia Fettah, dont le discours est lu, pour mission à l’étranger, par le trésorier général du Royaume, Noureddine Bensouda, lors du 15ème Colloque international des finances publiques qui s’interroge sur le modèle de gouvernance des finances publiques dans un monde de multi-crises, ressort ce chiffre en évoquant les crises actuelles. Le tout en livrant sa recette.

Consolider les cadres macroéconomiques

«Afin de bien gérer ces évolutions et en anticiper les conséquences, il est impératif de commencer par consolider davantage la stabilité des cadres macroéconomiques», estime la ministre. Dans ce sens, elle s’appuie les réformes introduites par le Souverain et le gouvernement. «Il était urgent de soutenir le pouvoir d’achat, fortement affecté par les hausses des prix au niveau international», détaille-t-elle. En même temps, elle remonte à «la croissance sur le plan structurel en première priorité». «Cela soulève, en conséquence, la question de l’investissement qui se retrouve, tout naturellement, dans le projet de loi de Finances 2023», enchaîne-t-elle. Mieux encore, elle rappelle la nouvelle charte compétitive de l’investissement. «La réforme du cadre réglementaire des marchés publics, en cours de finalisation au Secrétariat général du gouvernement, s’inscrit dans le même sillage», avance-t-elle à propos de ce texte qui se veut en outre d’améliorer l’efficacité de la commande publique. Cependant, elle revient au «taux de croissance» qui, pour elle, ne peut «résumer à lui seul le développement d’un pays». A son sens, «l’être humain doit être au centre de toutes les préoccupations puisqu’il est, en définitive, le moteur et le bénéficiaire de toute dynamique de développement». A cet effet, elle rappelle la généralisation de la protection sociale qui nécessite la mobilisation d’environ 51 milliards de dirhams par an à partir de 2025 et sera financé à hauteur de 50% par un mécanisme de contribution et à hauteur des 50% restants par le budget de l’Etat. Entre-temps, elle se projette dans le futur. «Il faudrait imaginer une fiscalité fondamentalement tournée vers l’avenir», ajoute-t-elle.

Les préoccupations de Bensouda

De son côté, M. Bensouda laisse exprimer des préoccupations. «La conjonction des crises et des contraintes qu’elles induisent durant une période relativement courte accroît de manière considérable l’incertitude pour les responsables qui ont des décisions à prendre ainsi que pour le simple citoyen», estime le trésorier général. Le responsable, qui met en avant la simultanéité des crises dans un monde globalisé et interconnecté, dresse «les limites de l’intervention publique». La démarche à entreprendre passe, pour lui, par la réduction des inégalités, la priorité à l’éducation et à la formation de ressources humaines. «Or, l’intervention de l’Etat se trouve limitée en raison de la conjonction de deux facteurs», diagnostique-t-il. «Il est indispensable de procéder à des choix stratégiques concernant le rôle de l’Etat et de revoir le modèle de gouvernance de la décision et de la gestion financière publique», recommande-t-il en proposant la programmation pluriannuelle des recettes et des dépenses. Il saisit son passage pour mettre en avant l’apport des technologies de l’information, de l’évaluation en dynamique, la consécration juridique et la gouvernance que la cheffe du service économique régional de l’ambassade de France au Maroc, Cécile Humbert-Bouvier, prend pour «un facteur essentiel».
Quant à Marie-Christine Esclassan, secrétaire générale de Fondafip (Fondation internationale des finances publiques), également initiatrice de l’événement aux côtés d’autres, qui se félicite du parcours de la ministre avant de prendre en charge les finances, elle ne manque pas de mettre en avant les performances des Lions de l’Atlas.

C’est le titre de la boite

Tenir compte du citoyen

Expert:  «Ce contexte est le plus difficile». C’est le diagnostic établi par Michel Bouvier, professeur à l’université Paris 1 Panthéon- Sorbonne, président de la Fondafip et directeur de la revue française de finances publiques. Pour lui, ces crises qui «s’ajoutent» ont un «effet cumulatif» et «redoutable». Il énumère également «l’explosion de chocs dont celui de l’impôt, les catastrophes comme le réchauffement climatique, le stress hydrique». Il y ajoute le numérique, le choc sanitaire et l’inflation. Tout cela a, d’après lui, des «conséquences sur les finances publiques». «Les solutions ne sont pas toujours au rendez-vous», commente-t-il en mettant en avant le caractère «énorme des défis à relever». A son tour, il appelle à «restituer la place du citoyen». Dans ce sens, il met en avant le défi du bien-être de celui-ci dont le rôle en prise de décision est censé être pris en compte en s’interrogeant sur cette prise de décision tout en mettant le citoyen lambda au centre d’une nouvelle gouvernance de finances publiques.

ILS ONT DIT

Nadia Fettah 

Pour la ministre de l’économie et des finances, qui tient à l’inclusion, il faudrait également «aller vers une granularité plus fine de l’action des pouvoirs publics pour lui permettre de prendre en charge les spécificités et les particularismes, notamment territoriaux».

Noureddine

 

«Trouver des solutions durables aux crises et risques actuels et remettre l’économie et les finances publiques sur des trajectoires de croissance et de viabilité requiert, donc, le renouvellement des concepts économiques, du cadre législatif et réglementaire et des outils et instruments, tenant compte des réalités du XXIe siècle».

 

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