Economie

À la Mamounia des quatre saisons

© D.R

Bien sûr vous la connaissez ! elle fait partie « des grands» qui jalonnent notre route des vacances, c’est toujours l’étape incontournable de la capitale du Sud, je veux parler de notre vénérable Mamounia à deux doigts d’un lifting mené «tambour battant», nous annonce-t-on par le Cabinet Garcia à Paris. Fermeture programmée vers les mois de mars ou avril, réouverture pour les fêtes de fin d’année 2005.
Espérons tout de même que le Rouge et l’Or façon Napoléon III, désignant la marque de fabrique de ce Cabinet de décorateurs avec une forte clientèle moyen orientale , seront distillés avec classe et discrétion, on en doute pas!
Robert Bergé et son épouse Annette (qui seconda son époux) nous quittent aussi après une dizaine d’années passées à la Direction générale pour prendre enfin leurs retraites , méritées !!!
Le restaurant italien tenu par Liliane « aux dernières indiscrétions» sortirait de ses catacombes et grimperait en plein air côté jardin ! (service au déjeuner et au dîner – bonne idée, juste récompense – ce restaurant reste la valeur sûre de notre palace et de la ville avec la Trattoria à Gueliz), on regrettera les célèbres dalles en verre de «Lalique», espérons que ces pièces d’époque seront mises en valeur à un autre endroit, mais aussi les toiles de Besancenot décorant le hall de réception seront conservées !
Le restaurant marocain passerait du côté de l’actuel «piano bar», on ne regrettera pas en tous les cas cet assemblage au mur de couteaux parfaitement «déplacé et exotique en diable» qui se voulait décoratif ? ? ?
Côté boutique , un grand bijoutier s’installe intra-muros (peut être à la place de la boutique du regretté A. de Velasco; on parle de Cartier pas moins qui s’installe aussi à Casablanca dans le fameux triangle d’or avec Chopard sur la même avenue). Louis Vuitton a déjà élu domicile avec bonheur dans le patio … il serait temps aussi de se poser la question de la présence de certaines boutiques un peu «hors sujet» dans ce recadrage global .
L’Orangeraie resterait dans son secteur , le restaurant grill de la piscine aussi, avis de grand vent donc… sur les autres secteurs !
Parlons donc de l’ Orangeraie, dîner d’un soir en plein mois d’août, accueilli par Monsieur Gonin, directeur de la restauration, affable et souriant.
Tables dressées en plein air, argenterie, porcelaine , fleurs fraîches à profusion , orchestre de musique classique en prime (contrebasse, violon).
La carte présentée en été est un heureux mélange de toutes les gastronomies servies à la Mamounia (italienne, marocaine, thaïlandaise , française).
Ce soir là donc, une crème vichyssoise servie avec un trait de jus de truffe du Périgord, délicieux potage frais ! Tomate mozzarella (les tomates non épépinées curieux) tournedos de boeuf gargantuesque et cuit exactement à la couleur souhaitée nappée d’une sauce aérienne, fricassée de poulet véritable petite merveille de simplicité.
1 gris de Mogador servi frais …300 DH TTC Un mot afin d’évoquer la cave à vin de l’endroit… avec ses crus d’exception, l’ensemble souvent méconnu relèverait plutôt d’une galerie d’art pour oenologue.
Peut-être un peu cher, mais quand on aime, on ne compte pas !
Comptez 600 DH par personne !
P.S…
Un souhait en direction du nouveau D.G. La Mamounia est le navire amiral de l’hôtellerie marocaine, n’en déplaise à certains !
Ce site d’exception, et ce qui pourrait redevenir un phare de l’élégance, du raffinement parfait et d’un certain art de vivre international cosmopolite et de bon ton, implique que les paramètres financiers passent parfois au second plan.
Un mot d’encouragement aussi au nouveau chef de cuisine qui ne va pas manquer d’être «adoubé» pour la réouverture ! qu’il soit réellement costaud pour débroussailler la partition actuelle ( je parle de la carte), imposer ses choix sans décoiffer une clientèle qui reste foncièrement classique (habitué de Gstaad Mégéve et autres palaces internationnaux) ! Qu’il prenne ses marques rapidement sans nous affoler, et souligne sa signature…
Bref que la gastronomie à La Mamounia reste une valeur sûre…
Que notre vénérable Dame reste enfin et surtout l’ambassadrice du bon goût marocain…pour résumer une grande maison.

• Pandore

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