Abdelkrim Mehdi : Il faut encourager le «made in Morocco»

Abdelkrim Mehdi : Il faut encourager le «made in Morocco»

Entretien avec Abdelkrim Mehdi, candidat CGEM pour les élections de la Chambre des conseillers, circonscription Nord

Dans cet entretien, Abdelkrim Mehdi, candidat aux élections de la Chambre des conseillers en tant que représentant de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), circonscription Nord, revient sur les priorités de son programme et la vision de la CGEM pour la prochaine législature.

ALM : Quelles seront vos priorités pour la prochaine législature?

Abdelkrim Mehdi : Nos priorités sont celles qui émanent de notre organisation professionnelle qui est la CGEM et qui sont d’ailleurs celles de tout le monde. Il s’agit premièrement du maintien de la commande publique comme levier de relance avec une composante importante, à savoir la préférence nationale. Car aujourd’hui, il faut commencer à renforcer notre secteur privé et à encourager le «made in Morocco». Il est ainsi question de faire de la commande publique un levier pour dynamiser le secteur privé et permettre l’éclosion des petites et moyennes entreprises. La deuxième priorité est relative aux partenariats public-privé. Dans le contexte actuel, il va y avoir une pression sur les recettes de l’Etat et donc sur les budgets. Au même moment, nous pouvons capitaliser sur l’expérience des concessions dans l’eau, l’électricité et l’assainissement ainsi que l’expérience du dessalement et du transport public. Dans ce sens, le partenariat public-privé peut régler beaucoup de problèmes, notamment en termes de l’optimisation de l’investissement, de la gestion et la maintenance. Troisièmement, l’activation du Fonds Mohammed VI devient urgente puisque les entreprises font face actuellement à de nombreuses problématiques, notamment l’endettement. Sur ce plan, le Fonds Mohammed VI peut renforcer les fonds propres des entreprises y compris les PME et préserver ainsi notre tissu industriel.

Sur le plan législatif, est-ce vous avez des textes qui seront prioritaires ?

Nous avons la chance aujourd’hui d’avoir une loi-cadre sur la fiscalité. C’est un pas important pour aboutir à une fiscalité équitable, incitative à l’investissement et facilitant l’intégration du secteur informel en vue de diminuer la pression fiscale sur les entreprises. Ensuite, il y a la réglementation du droit de grève. Le groupe parlementaire de la CGEM avait déjà pris l’initiative au cours de la précédente législature à travers une proposition de loi. Il s’agit aujourd’hui de revenir à la charge en vue de donner de la visibilité aux investisseurs et aux entreprises. Nous comptons également travailler sur la flexibilité au travail. La crise sanitaire a fini par doper le travail à distance, ce qui doit nous pousser à aller vers plus de flexibilité. Vous savez, des entreprises font appel à des sociétés d’emploi temporaire, ce qui revient d’ailleurs plus cher, justement pour atteindre cette flexibilité au travail.

La CGEM a travaillé sur un livre blanc. Qu’est-ce que vous pouvez nous en dire ?

Le livre blanc est beaucoup plus une réflexion et une contribution de la CGEM dans le cadre du nouveau modèle de développement. Je pense que nous devons avoir un secteur privé fort pour réussir le nouveau modèle de développement car l’objectif in fine de ce modèle est l’inclusion et la lutte contre les disparités ainsi que le chômage tout en favorisant la prospérité économique de notre pays.

Comment évaluez-vous l’action de la CGEM au Parlement au cours de la dernière législature ?

Je tiens tout d’abord à féliciter le groupe parlementaire de la CGEM car nous avons apporté une grande valeur ajoutée au cours du dernier mandat, et ce à plusieurs niveaux, notamment les différentes lois de Finances. Nous avons notamment travaillé sur les remboursements de la TVA, les problématiques de l’emploi et le dossier de la formation continue. Nous avons voulu être les meilleurs représentants de l’entreprise marocaine au Parlement en s’impliquant également sur des chantiers stratégiques pour notre pays comme la régionalisation. Notre groupe parlementaire a défendu tous les aspects en rapport avec l’entreprise, en l’occurrence les financements, la fiscalité, le foncier et la formation professionnelle sans oublier tout ce qui est en rapport avec la recherche et développement, l’innovation ainsi que le small business act.

Comment faire pour défendre l’intérêt général tout en défendant les intérêts d’une organisation professionnelle ?

Défendre la CGEM, c’est défendre l’intérêt général. Nous avons besoin d’un patronat fort car qui dit patronat, dit investissements et donc valeur ajoutée et désenclavement des régions. Le patronat fait partie de la société et il est surtout créateur de richesse. L’investissement qui est une prise de risque permet de créer des richesses et de générer des recettes et des impôts. Défendre le patronat, c’est défendre toute la société et notre système économique. Nous œuvrons pour l’intégration de l’informel d’abord par ce que c’est dans l’intérêt de nombreux travailleurs surtout après la crise sanitaire.

Un mot pour vos électeurs à quelques jours du scrutin?

Nous leur demandons de soutenir notre liste et de voter pour nous. Le vote est aussi un engagement pour travailler de manière collective. Au cours du premier mandat nous avons travaillé sur des thématiques transversales. Pour le prochain mandat, je pense que l’accent sera également mis sur les régions à travers l’implication du secteur privé dans les plans de développement régionaux. Il s’agit également de réactiver les commissions régionales du climat des affaires et mettre en place un Doing Business régional pour renforcer l’attractivité des régions sans oublier la fiscalité locale qui gagnerait à être plus simple et fluide. Ces chantiers vont se faire en interaction avec les CGEM régions, le groupe parlementaire de la CGEM, les Conseils régionaux, les élus ainsi que les walis et gouverneurs.

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