Economie

Activités bancaires : 1.103 MMDH en 2014

La banque des banques est plutôt satisfaite. Dans son rapport annuel sur le contrôle, l’activité et les résultats des établissements de crédit, rendu public mercredi 15 juillet, Bank Al-Maghrib fait une radioscopie du secteur bancaire au cours de l’exercice 2014. Il en ressort donc que le secteur bancaire a réussi à tirer bénéfice de la diversification de ses activités et d’une détente des conditions monétaires. Ainsi, il est parvenu à dégager, dans l’ensemble, de bonnes performances, malgré l’effort accru de provisionnement consenti pour la couverture du risque de crédit, avéré et latent. Il faut dire que les initiatives entreprises par Bank Al-Maghrib, de concert avec le Groupement professionnel des banques du Maroc, ont permis de rehausser de nouveau le taux de bancarisation à 63% à fin 2014.

L’activité bancaire s’essouffle

Au terme de l’année 2014, le volume d’activité bancaire, appréhendé par les total bilan, s’est élevé à 1.103 milliards de dirhams, en hausse de 0,7%, après 5,2 et 7,2% respectivement en 2013 et 2012. Rapporté au PIB à prix courants, le total actif des banques a représenté 119% contre 121% une année auparavant. A l’instar des années précédentes, l’activité bancaire est demeurée concentrée sur le marché domestique. La part des actifs des non-résidents libellés en devises, d’un montant de 30 milliards de dirhams, s’est maintenue à moins de 3% des emplois des banques. La part des crédits à la clientèle a légèrement augmenté pour atteindre 61,6%, au détriment de celle du portefeuille-titres qui a reculé de 0,6 point à 20,9%, sous l’effet de la baisse du volume des titres empruntés.

La liquidité bancaire s’améliore

Dans sa lecture de l’évolution de la liquidité en 2014, Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib, a souligné dans le rapport que la position des banques a connu, au cours de 2014, une nette détente. Une évolution qui résulte directement de l’amélioration de la balance des devises du pays, de la nouvelle baisse de la réserve monétaire et du rapatriement des liquidités détenues à l’étranger par des résidents marocains dans le cadre de l’opération de la contribution libératoire décidée par le gouvernement. De même, les dépôts collectés par les banques se sont ainsi accrus de 6,6%, alors que de son côté, le refinancement auprès de la banque centrale, bien qu’en repli de 42%, a concerné, pour près de la moitié de son montant, le nouveau mécanisme mis en place en faveur de la TPME.

Crédits : Ralentissement et résilience…

Pour sa part, le crédit a poursuivi sa décélération se limitant à un accroissement de 2%, avec toutefois une amélioration du financement du secteur non financier. «Les prêts aux ménages, tirés par les crédits à l’habitat, ont augmenté de 6%, au même rythme qu’en 2013 et ceux destinés aux entreprises non financières se sont renforcés de 1,4%, après une stagnation l’an passé. Parallèlement, les créances en souffrance ont vu leur taux moyen passer de 5,9 à 6,9% entre 2013 et 2014», a souligné M. Jouahri dans son rapport. Cependant, malgré le poids du coût du risque qui a absorbé en moyenne le tiers de leur résultat brut d’exploitation, les banques ont pu globalement dégager, sur la base sociale, un résultat net bénéficiaire en progression de 1%, après une stagnation en 2013. Sur une base consolidée, les huit groupes bancaires, bénéficiant d’une bonne contribution des activités de gestion d’actifs, ont réalisé globalement un résultat net part du groupe en hausse de 9,7%, après un repli de 6,5% en 2013.

Réforme de la loi bancaire : Le secteur s’adapte…

L’année 2014 a été marquée par l’adoption de la réforme de la loi bancaire par le Parlement. Ce texte structurant définit notamment le cadre légal pour l’exercice de la surveillance macro-prudentielle, tout en renforçant les mécanismes de résolution de crise mis à la disposition de Bank Al-Maghrib. Il introduit également les fondements légaux visant à permettre l’émergence de nouveaux acteurs et services financiers, notamment dans le domaine de la finance participative.

Dans le cadre des préparatifs à la mise en œuvre de cette nouvelle loi, particulièrement en ce qui concerne la finance participative, la banque centrale a accéléré cette année les travaux d’élaboration des circulaires régissant les produits participatifs et le dispositif d’octroi d’agréments, tout en œuvrant avec les autorités concernées à l’adaptation du régime fiscal qui leur sera applicable. Elle a également apporté sa contribution à la mise en place d’un comité Charia pour la finance participative au sein du Conseil supérieur des ouléma et participé activement à la formation technique des membres de ce Conseil. Concomitamment à ces réformes, Bank Al-Maghrib a maintenu ses actions de supervision rapprochée des zones de risque du système bancaire, induites par la conjoncture.
C’est ainsi que des missions de vérification sur place auprès des banques ont visé non seulement le déclassement et la tenue des watchlists de créances, mais également les niveaux de leur provisionnement.

Secteur bancaire marocain : Un benchmark reconnu

Selon Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib, les multiples réalisations du secteur bancaire en 2014 en font un benchmark reconnu au niveau de la région. Aussi, ces réalisations ont été soumises à l’appréciation d’une mission d’évaluation du secteur financier, sollicitée par les autorités marocaines, auprès du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale en avril 2015.

Cette mission a attaché une attention spécifique à l’évaluation de la résilience du secteur bancaire, à travers la conduite de stress tests. Son périmètre a donc couvert en particulier l’évaluation de la conformité de la supervision bancaire au regard des principes du Comité de Bâle ainsi que l’examen des dispositifs de gestion de crise, de la surveillance macro-prudentielle et de l’inclusion financière.

 

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