Aérien : Le pétrole a fait fondre les bénéfices en 2004

Au total, le kérosène aura coûté cette année 62 milliards de dollars aux 270 compagnies aériennes membres de l’IATA (95% du trafic mondial), soit 15 milliards de plus qu’en 2003. Résultat, ces compagnies devraient enregistrer cette année une perte de 4,8 milliards de dollars. Cumulées depuis 2001, qui a marqué le début de la crise du secteur avec les attentats du 11 septembre, ces pertes atteignent désormais 35 milliards de dollars.
Le nombre de passagers/kilomètres a pourtant augmenté de 14% l’an dernier et le trafic devrait même croître de 6% en moyenne annuelle d’ici à 2008, a indiqué le patron de l’IATA. « Le secteur a atteint le chiffre record de 1,8 milliard de passagers transportés, mais les résultats financiers sont épouvantables », a déclaré M. Bisignani. A 40 dollars le baril en moyenne sur 2004, le pétrole a plombé les comptes des compagnies aériennes en engloutissant 18% de leurs dépenses, soit cinq points de plus qu’en 2002, lorsque le baril cotait 25 dollars.
Pour l’an prochain, l’IATA table sur un retour du baril à 34 dollars, ce qui permettrait aux compagnies aériennes d’enregistrer leur premier bénéfice depuis 2000, à 1,2 milliard de dollars. « Nous pourrions constater un bénéfice modeste l’an prochain », a déclaré l’économiste en chef de l’IATA, Brian Pearce, précisant que le point d’équilibre pour les compagnies aériennes se situe à 36 dollars. Si le pétrole devait rester à 40 dollars, le secteur creuserait ainsi à nouveau ses pertes à 5,3 milliards de dollars. Hors pétrole, les compagnies sont cependant parvenues à réduire leurs coûts d’environ 3% cette année, à coup de restructurations, de fusions, de fermetures de lignes et de réduction des effectifs. « En fait, les prix du pétrole cachent une reprise cyclique normale due à la réduction des autres coûts et à un trafic intense », a souligné M. Pearce. Le renforcement des mesures de sécurité a tout de même coûté 5 milliards de dollars par an aux compagnies aériennes depuis le 11 septembre 2001, un montant qui devrait, selon l’IATA, être imputé aux Etats. « Les gouvernements paient pour la sécurité de leurs citoyens dans les gares, les métros et les stades, pas dans les aéroports », a dénoncé M. Bisignani.
Le patron de l’IATA a estimé que la sécurité est assurée dans le secteur, mais s’est plaint du désordre dans ce domaine. « Nous combattons la paperasserie au lieu de combattre le terrorisme et nos passagers sont harcelés », a-t-il lancé. Si une compagnie respecte les demandes des États-Unis sur l’identification des passagers, elle viole les lois européennes en matière de respect de la vie privée, précise-t-il.

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