Aéroport Mohammed V, Tanger Med, Dakhla Atlantique, LGV… Maroc, une puissance logistique émergente

Aéroport Mohammed V, Tanger Med, Dakhla Atlantique, LGV… Maroc, une puissance logistique émergente

Parti d’une idée ingénieuse et très ambitieuse, le Maroc a pu se hisser avec le port de Tanger Med au rang des pays avancés en matière de solutions de manutention et de la logistique en général.

Il y a vingt ans, le Maroc était à peine visible sur les cartes mondiales de la logistique. Deux décennies plus tard et après plusieurs milliards de dollars investis, le Royaume est perçu comme une locomotive de la logistique à l’échelle continentale et de la Méditerranée. Parti d’une idée ingénieuse et très ambitieuse, le Maroc a pu se hisser avec le port de Tanger Med au rang des pays avancés en matière de solutions de manutention et de la logistique en général. Le pays est en train de récolter les fruits de sa politique volontariste en matière des infrastructures et des projets structurants.

Selon un Policy Paper réalisé par Tayeb Ghazi, économiste au Policy Center for the New South, en collaboration avec l’ex-ministre de l’économie et des finances, Fathallah Oualalou (sous le thème «Le Corridor atlantique au sein d’un partenariat UE-Afrique-Méditerranée»), le Maroc travaille depuis quelques années sur un corridor commercial entre l’Afrique de l’Ouest et l’Europe occidentale. La dynamique enclenchée se voit «à travers ses efforts considérables en matière du développement simultané de l’infrastructure de transport et de la base industrielle du Maroc», précise ce document ajoutant que la construction par le Royaume de la ligne ferroviaire à grande vitesse Al boraq et la construction du nouveau port marocain ultramoderne Tanger Med sont deux choses qui ont établi la position inégalée du Maroc en tant que corridor commercial Afrique-Europe. Il s’agit d’un corridor qui ancre la connectivité commerciale transméditerranéenne émergente du Maroc dans les chaînes de valeur manufacturières. C’est dire comment le Maroc veut devenir une locomotive pour toute la sous-région, voire l’ensemble du continent. C’est pour cette raison que le pays ne veut pas s’arrêter en si bon chemin. L’usine Renault Tanger Med est un exemple édifiant de cette articulation corridor et chaînes de valeur, car elle est bâtie sur un partenariat Europe-Afrique de coproduction et de co-investissement», relèvent les auteurs de cette analyse donnant comme exemple l’installation du Groupe PSA à Kénitra.

A ce stade, la priorité serait aussi la création d’une liaison ferroviaire à grande vitesse entre Tanger et Lagouira, rapporte la même source ajoutant que cela permettra d’avoir un corridor de transport commercial à grande vitesse entre les rives de la Méditerranée occidentale et la frontière de l’Afrique de l’Ouest.
L’autre chantier prometteur est celui du nouveau port de Dakhla Atlantique, dont la construction nécessite un investissement de 10 milliards de dirhams. Ce projet répond à la logique du corridor axé sur l’infrastructure de transport et la base industrielle et logistique. Les infrastructures aéroportuaires ne sont pas en reste. L’aéroport Mohammed V est desservi par une trentaine de compagnies aériennes opérant des centaines de fréquences hebdomadaires reliant la ville de

Casablanca à plus d’une centaine de destinations internationales. Dans ce sens, le pays avait inauguré l’extension du terminal 1 il y a quelque temps, pour répondre à une demande de plus en plus importante. Il faut dire que le projet d’extension et de réaménagement du terminal 1 de l’aéroport Mohammed V a fait l’objet d’études approfondies pour en faire un projet à la hauteur de la capitale économique du Royaume. Pour les responsables, l’ensemble des fonctions et des liaisons entre le terminal 1 et le terminal 2 ont été étudiées en vue d’accroître le niveau de qualité de service et répondre à l’importante croissance du trafic aérien découlant notamment de la caractéristique hub de cet aéroport.

Ce nouveau terminal 1 vient donc apporter une capacité d’accueil supplémentaire de 7 millions de passagers portant la capacité globale de l’aéroport à 14 millions de passagers par an. Il est à noter que ce terminal est dédié à la compagnie nationale Royal Air Maroc et à ses partenaires. Cependant, quelques défis persistent pour le secteur de la logistique au Maroc à commencer par l’émergence de champions nationaux capables de se tailler une plus grande part de marché à l’échelle régionale, continentale et bien évidemment mondiale. Un objectif déjà atteint pour certaines filières comme les liaisons aériennes où la RAM est devenue incontournable.

Par ailleurs, les coûts de la logistique pourraient être améliorés pour permettre au pays de consolider sa place au continent et concurrencer d’autres acteurs internationaux. Ces objectifs restent tout à fait abordables puisque le Maroc a déjà effectué des progrès rapidement et réalisé des performances pour le moins inattendues de la part de ses concurrents directs.

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