Agadir vient d’abriter un colloque international : Le modèle de l’arganeraie marocaine à l’étude

Agadir vient d’abriter un colloque international : Le modèle de l’arganeraie marocaine  à l’étude

L’Ecole doctorale de l’université internationale d’Agadir-Universiapolis en partenariat avec l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) d’Agadir organise mardi et mercredi un colloque international sous le thème «L’arganier germera-t-il dans l’avenir ? L’arganeraie marocaine entre exploitation, valorisation et préservation».

Cette manifestation scientifique s’adresse aux géographes, forestiers, biologistes, sociologues, aménagistes, économistes, anthropologues, agronomes, juristes, etc., et sera l’occasion d’en apprendre plus sur les projets et les travaux qui sont faits et actuellement en cours sur l’écosystème arganeraie. L’intérêt de ce colloque est de s’interroger sur la soutenabilité des arganeraies : les prochaines générations verront-elles encore des forêts d’arganier sur les flancs de l’Atlas marocain ? Grâce à ces arbres, pourront-elles aspirer à un meilleur niveau de vie que leurs parents ? Les arganiers germeront-ils dans l’avenir ? L’économie sociale et solidaire (ESS) a-t-elle contribué au développement économique des arganeraies ?

Selon les initiateurs de cette rencontre, «depuis les années 1990, les prix des produits à base d’argan n’ont cessé d’augmenter. L’engouement de l’Europe, des États-Unis et du Japon pour l’huile d’argan a entraîné l’éclosion d’un nouveau marché pour les producteurs et les filières d’exportation. Depuis une quinzaine d’années, l’huile d’argan est de plus en plus prisée par les entreprises et les consommateurs occidentaux de produits cosmétiques (Faouzi et Martin, 2014).
Malgré cela, les gains de la valorisation économique de l’huile d’argan ne semblent pas bénéficier à la population locale, notamment aux douars qui en sont les premiers producteurs. D’autres impacts, plus problématiques, accompagnent cette «success story» et interrogent les principes du développement durable. Depuis plusieurs années on constate un phénomène très inquiétant : l’arganier, l’arbre sur lequel pousse le fruit dont on extrait l’amandon à l’origine de l’huile, tend vers une diminution rapide de l’étendue et de la densité de ses surfaces d’exploitation.

Chaque année, environ 600 hectares d’arganeraie disparaissent et malgré son excellente résistance à la sécheresse, la densité de l’arganeraie s’est réduite de deux tiers en cinquante ans». Et de poursuivre que «la plupart de ces travaux réalisés dans ce domaine ont adopté le point de vue qui consiste à penser que la valorisation de l’huile d’argan pourrait devenir un moyen très intéressant pour aborder le défi du développement durable de l’arganeraie et apporter une solution à sa dégradation. La majorité des résultats de ces travaux montre des effets positifs de cette valorisation sur l’arganeraie. En comparaison, il n’existe qu’un nombre très limité d’études avançant les conséquences négatives de cette valorisation sur l’écosystème arganeraie et l’effet boomerang des actions des développeurs.
Les arguments et l’hypothèse qu’ils adoptent est que la marchandisation de l’arganier et le développement du marché de l’huile d’argan vont à contresens de tous les efforts déployés pour sauvegarder l’arganeraie».

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