Agriculture : L’impact positif des pluies se fait sentir

Agriculture : L’impact positif des pluies se fait sentir

L’agriculture marocaine se fixe des perspectives prometteuses pour la campagne agricole actuelle.

Les dernières pluies qui se sont abattues sur le Royaume ont entraîné un regain de confiance chez les agriculteurs et ont résorbé progressivement le déficit pluviométrique. Au 13 janvier, le cumul moyen a ainsi progressé de 50% par rapport à la campagne précédente et de 5% par rapport à la moyenne des 30 dernières années.

De même, la réserve des barrages à usage agricole cumule 5,48 milliards m3, soit un taux de remplissage de 41%. «Il est à signaler que l’alimentation des barrages continue par des ruissellements qui se maintiennent à partir des hauteurs, notamment par la fonte des neiges», souligne la tutelle dans une récente communication. Et de préciser que «le taux de remplissage des barrages alimentant les périmètres irrigués s’est amélioré à 99% au Loukkos, 62% au Gharb, 36% au Moulouya, 32% à Souss-Massa (32%), 28% au Haouz, 21% au Tadla et Ouarzazate, 17% au Tafilalet et 13% au Doukkala». Le département de l’agriculture observe par ailleurs une accélération du rythme des travaux du sol, des emblavements et des ventes des intrants agricoles, notamment les semences et les engrais de fond.

«Les pluies importantes et généralisées enregistrées durant la 1ère décade de janvier 2021 (83 mm en moyenne), accompagnées d’une baisse significative des températures, ont été favorables au tallage des semis précoces des céréales», peut-on relever du ministère. Outre l’amélioration du couvert végétal en général et des parcours en particulier, les précipitations redynamiseront les travaux d’entretien, notamment le désherbage chimique et apport d’engrais azoté et amélioreront la situation de l’arboriculture fruitière, en l’occurrence le bon démarrage végétatif, l’amélioration du calibre et de la maturation des variétés tardives et d’agrumes ainsi que la bonne tenue des nouvelles plantations arboricoles.

Notons que le déficit hydrique notable et la répartition spatio-temporelle inadéquate au début de la campagne agricole 2020/2021, en particulier depuis septembre jusqu’à la 2ème décade de novembre 2020 ont retardé le semis des cultures d’automne et impacté négativement l’état des parcours. Se référant à la tutelle, la mise en place des cultures d’automne a connu une bonne dynamique dès la 3ème décade du mois de novembre 2020, marquée par une prédominance du travail mécanique des sols ayant concerné près de 94% de la superficie travaillée. La superficie totale emblavée totalise 4,76 millions d’hectares dont 9% en irrigué. Elle reste dominée par les céréales (86%), les fourrages (10%) et les légumineuses (4%). Retour sur les principaux avancements de l’installation des cultures d’automne.

Céréales d’automne : 4,10 millions d’hectares semés

Au 8 janvier dernier, la superficie semée en céréales d’automne s’élève à 4,10 millions d’hectares. Elle devrait, par ailleurs, atteindre 4,3 millions ha à la fin de la période des semis. Cette superficie est constituée à 44% de blé tendre, 34% d’orge et 22% de blé dur. S’agissant du rythme des emblavements en céréales, la tutelle affirme qu’il s’est accéléré pour atteindre 3 millions ha de semis en un mois suite aux pluies de fin novembre et du mois de décembre, démontrant la rapidité d’intervention grâce à l’amélioration des capacités mécaniques et la modernisation du parc mécanique national. Le département de l’agriculture atteste également du bon développement des cultures céréalières mises en place. Leur évolution pendant les prochains stades dépendra des précipitations des semaines et mois à venir et des entretiens apportés par les agriculteurs.

Une importante production fourragère attendue

Les dernières précipitations et chutes de neige laissent présager une production fourragère importante qui contribuera à la couverture des besoins du cheptel national. C’est ce que l’on peut déduire de la tutelle qui observe une hausse de 4% de la superficie des cultures fourragères. Elle s’établit en effet à 500.000 hectares de cultures fourragères dont 35% en irrigué contre 480.000 hectares observés à la campagne précédente. L’orge fourragère arrive en tête des espèces cultivées (27%), suivie de la luzerne (21%), l’avoine (17%), le bersim (13%), la féverole (9%), les mélanges fourragers (4%) et autres (9%). Quant aux légumineuses, leur superficie s’est établie à 168.000 hectares contre 171.000 hectares la campagne précédente. Elle reste dominée à hauteur de 57% par les fèves contre 20% pour les petits pois et les lentilles et 11% pour la féverole. Quant à la santé du cheptel national, la situation sanitaire ressort satisfaisante dans l’ensemble des régions du pays, et ce grâce au suivi sanitaire continu de l’état du cheptel et aux différentes campagnes de vaccination menées par les services vétérinaires relevant de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) et les vétérinaires sanitaires mandatés, contre les maladies animales contagieuses et celles à incidence économique, ainsi qu’aux efforts déployés par les professionnels du secteur de l’élevage.

Cultures sucrières : 45.910 hectares réalisés à ce jour

Pour ce qui est des cultures sucrières, la superficie semée en betterave à sucre est de 45.910 hectares contre 55.350 hectares réalisés une année auparavant. «Cette baisse est due essentiellement à l’insuffisance des ressources d’irrigation dans les bassins des Doukkala et du Tadla», explique la tutelle. Et d’ajouter que «les emblavements sont réalisés à hauteur de 100% en monogerme et l’état végétatif des cultures est bon en général». Pour la canne à sucre, la superficie en place s’élève à près de 12.423 hectares dont 1.737 hectares plantés en automne 2020. La superficie récoltable est, ainsi, estimée à 10.523 hectares dont 8.311 hectares pour le Gharb et 2.212 hectares au Loukkos.

Cultures maraîchères d’automne : Un taux de réalisation de 96% relevé

Se référant à la tutelle, le programme arrêté pour ces cultures est réalisé à hauteur de 96%. Sur les 100.900 hectares cultivés, 21.000 hectares portent sur la pomme de terre. Parmi les espèces cultivées on retrouve également l’oignon (11.000 hectares), la tomate (9.235 hectares), le haricot vert (4.900 hectares), les courges et courgettes (4.100 hectares), les carottes et navets (15.800 hectares). «La production attendue devra couvrir les besoins de consommation et d’exportation pour la période janvier-avril et jusqu’au mois de juin pour la tomate», assure le département de l’agriculture. Il est à noter que la superficie programmée en cultures maraîchères d’hiver est d’environ 85.000 hectares. Les principales espèces sont : la pomme de terre (38% de la superficie programmée), oignon (21%), pastèque et melon (11,5%), carotte et navet (6%), légumineuses en vert (5%) et tomate (3%).

 

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