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Agriculture, recettes fiscales, investissement  : Tout savoir sur les tendances budgétaires à fin avril

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La situation des charges et ressources du Trésor à fin avril 2026 fait ressortir un déficit budgétaire de 19,1 milliards de dirhams, contre 17,5 milliards de dirhams un an auparavant.

Finances publiques : Portée par une campagne agricole prometteuse et par la résilience des activités non agricoles, l’économie nationale a affiché, durant les quatre premiers mois de 2026, des signaux encourageants. Décryptage.

L’exécution de la loi de Finances au titre des quatre premiers mois de l’année 2026 s’est déroulée dans un contexte national globalement positif. Une confirmation faite par le ministère de l’économie et des finances dans son bulletin mensuel portant sur la situation des charges et ressources du Trésor au titre du mois d’avril. «Les importantes précipitations enregistrées ont contribué à la relance des différentes activités agricoles, comme en témoignent les premières estimations de la récolte céréalière nationale qui atteindraient pour la campagne agricole 2025-2026, 90 millions de quintaux », peut-on lire dans ce sens. Et d’ajouter : « Les activités non agricoles poursuivent leur dynamique positive, perturbée partiellement par les intempéries des deux premiers mois de l’année, ayant impacté en particulier les secteurs du BTP et de la pêche côtière et artisanale ». Dans l’ensemble, la situation des charges et ressources du Trésor à fin avril 2026 fait ressortir un déficit budgétaire de 19,1 milliards de dirhams, contre 17,5 milliards de dirhams un an auparavant. Une évolution qui reflète une progression des dépenses supérieure à celle des recettes. En parallèle, les comptes spéciaux du Trésor ont dégagé un excédent de 26,5 milliards de dirhams contre 14,9 milliards de dirhams à la même période de l’année passé.

Des recettes de plus de 144 milliards de dirhams

Les remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux ont affiché une progression de 10,1 milliards de dirhams en glissement annuel (+7,6 %) se situant au titre du quatrième mois de l’année autour de 144 milliards de dirhams. Ils marquent ainsi un taux de réalisation de 33,3 % comparé aux prévisions de la loi de Finances 2026. Dans ce sens, on relève une progression de 10,9 milliards de dirhams (+8,9 %) des recettes fiscales, soit un taux de réalisation de 36,4 %. Les remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux, y compris la part supportée par les collectivités territoriales (CT), ont augmenté de 2 milliards de dirhams, pour atteindre 12 milliards de dirhams. Par nature d’impôt et de taxe, l’impôt sur le revenu s’est accru de 9 milliards de dirhams reflétant principalement la bonne dynamique des versements spontanés qui ont augmenté de 8,9 milliards de dirhams (+22,9 %), tirés notamment par la forte hausse du 1er acompte (4 milliards de dirhams) et du complément de régularisation (+4,1 milliards de dirhams). Le taux de réalisation dédagé dans ce sens est de 48,1 %. Pour ce qui est de l’impôt sur le revenu, les recettes générées ont baissé de 1,2 milliard de dirhams (-4,3 %). « Cette évolution s’explique principalement par la recette exceptionnelle de 3,8 milliards de dirhams enregistrée au mois de janvier 2025, en liaison avec la mesure de la régularisation fiscale volontaire prévue par la loi de Finances 2024 », relève-t-on de la publication du ministère de l’économie et des finances. Et de préciser : « En excluant cette opération exceptionnelle, les recettes de l’impôt sur le revenu auraient affiché une progression de 11,1 %, portée notamment par la hausse de l’impôt sur le revenu retenu sur les profits de cession de valeurs mobilières (+1,8 milliard de dirhams) et de l’ impôt sur le revenu retenu sur les salaires (+679 millions de dirhams) ». Pour ce qui est des recettes TVA, elles affichent un taux de réalisation de 28,5 % et une hausse de 1,2 milliard de dirhams (+3,9 %).Une progression qui, selon la tutelle, est tirée principalement par la TVA à l’importation (+1,1 milliard de dirhams ou +5,6 %). Les recettes afférentes à la TVA à l’intérieur n’ont augmenté que de 109 millions de dirhams (+1 %). Par ailleurs, les remboursements en matière de TVA (non compris la part des CT) ont atteint 6,6 milliards de dirhams, contre 4,8 milliards de dirhams à fin avril 2025. Par ailleurs,les recettes non fiscales ont atteint 8,6 milliards de dirhams à fin avril 2026 provenant des produits versés par les établissements et entreprises publics à hauteur de 5,3 milliards de dirhams et des « produits divers des ministères » pour un montant de 3,3 milliards de dirhams.

Les dépenses s’accélèrent

Pour ce qui est des dépenses ordinaires, elles se sont élevées à 146 milliards à fin avril 2026, affichant un taux d’exécution de 38,5% et une hausse de 14,6 milliards de dirhams par rapport à fin avril 2025. «Cette évolution recouvre, d’une part, une hausse des dépenses au titre des biens et services de 12,9 milliards de dirhams (+11,7 %) et des intérêts de la dette de 2,2 milliards de dirhams (+15,8 %) et, d’autre part, un recul des charges de la compensation de 468 millions de dirhams (-6,2 %)», commente le ministère de l’économie et des finances dans ce sens. Pour ce qui est des dépenses au titre des biens et services, la tutelle indique que leur exécution a été marquée par un taux de réalisation de 32,7 % pour les dépenses de personnel et de 45,9 % pour les dépenses afférentes aux « autres biens et services». «Leur évolution respective par rapport à fin avril 2025 correspond à une hausse de 5,6 milliards de dirhams et de 7,3 milliards de dirhams», peut-on lire.Et d’ajouter : «L’augmentation des dépenses de personnel s’explique par l’impact des mesures décidées dans le cadre du dialogue social (+2,2 milliards de dirhams au premier trimestre 2026)». Quant à la hausse des dépenses relatives aux «Autres biens et services», elle résulte, selon la tutelle, de l’augmentation des dépenses de matériel (+6,1 milliards de dirhams). En outre, les intérêts de la dette ont enregistré un taux de réalisation de 38,2 %. Une évolution qui traduit une hausse des intérêts de la dette intérieure de 1,6 milliard ainsi qu’une augmentation de ceux de la dette extérieure de 529 millions de dirhams. Pour ce qui est des charges de la compensation, elles ont atteint 7,1 milliards de dirhams affichant un taux de réalisation de 51,4 % et une baisse de 468 millions de dirhams (-6,2 %) par rapport à fin avril 2025.Il est à noter que les évolutions des recettes et des dépenses ordinaires se sont traduites par un solde ordinaire déficitaire de -2 milliards de dirhams, contre un excédent de +2,5 milliards de dirhams un an auparavant. En parallèle, les dépenses d’investissement ont atteint 43,6 milliards de dirhams, en hausse de 8,7 milliards de dirhams (+24,9 %) par rapport à fin avril 2025. Comparativement aux prévisions de la loi de Finances 2026, leur taux de réalisation s’est élevé à 38%.

Un besoin de financement de près de 21 milliards de dirhams

A fin avril, la situation des charges et ressources du Trésor dégage un besoin de financement de 20,9 milliards de dirhams contre 33,3 milliards de dirhams un an auparavant. Dans ce sens, les mobilisations nettes se sont stabilisées autour de 19,2 milliards de dirhams sur le marché domestique, tandis que les emprunts extérieurs nets se sont établis à -2,5 milliards de dirhams. Le flux de l’endettement intérieur recouvre des souscriptions pour un montant de 51,1 milliards de dirhams et des remboursements en principal pour 31,9 milliards de dirhams. Celui de l’endettement extérieur comprend des tirages de 7,3 milliards de dirhams, ainsi que des amortissements de 9,8 milliards de dirhams.