Modernisation
Financé par l’Etat à 68,5% et à 31,5 % par la Banque mondiale, ledit programme vise à renforcer la résilience de l’agriculture face au changement climatique, améliorer la sécurité sanitaire et nutritionnelle des aliments et promouvoir l’agriculture de conservation. Il prévoit également de soutenir la productivité agricole, l’emploi rural et la modernisation des chaînes de valeur.
Le Maroc entend accélérer la modernisation de ses systèmes agroalimentaires, en misant simultanément sur la résilience climatique, la sécurité alimentaire, la qualité des produits et le développement des chaînes de valeur agricoles. Ainsi, le ministère de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts lance un appel d’offres pour la mobilisation d’une assistance technique destinée à accompagner l’Unité de gestion du programme (UGP) dans la mise en œuvre du Programme d’appui à la transformation des systèmes agroalimentaires au Maroc (PPR-TSA), au profit de la Direction de la stratégie et des statistiques (DSS).
Cette assistance aura pour mission d’appuyer la DSS dans la gestion, le suivi et la mise en œuvre du programme, en étroite coordination avec les membres de l’UGP ainsi qu’avec les différentes parties prenantes institutionnelles concernées. Déployé sur 10 régions du Royaume, le programme couvre Béni Mellal-Khénifra, Casablanca-Settat, Drâa-Tafilalet, Fès-Meknès, Marrakech-Safi, l’Oriental, Rabat-Salé-Kénitra, Souss-Massa, Tanger-Tétouan-Al Hoceima et Guelmim-Oued Noun.
Miser sur la résilience face au changement climatique
Le Maroc entend, dans le cadre de ce programme, accélérer la transformation de ses systèmes agroalimentaires, un secteur stratégique qui représente 13 % du PIB et demeure fortement dépendant de l’agriculture pluviale. Cette dépendance expose le secteur aux effets croissants du changement climatique, notamment aux épisodes de sécheresse récurrents. Ces contraintes se traduisent par une baisse des rendements agricoles et une hausse des importations alimentaires.
Dans ce contexte, le programme vise à rendre les systèmes agroalimentaires plus productifs, résilients et économes en ressources, en cohérence avec les orientations de la stratégie Génération Green 2020-2030. L’action portera notamment sur l’adoption de pratiques agricoles intelligentes face au climat, la gestion des risques liés aux sécheresses et le renforcement de la sécurité sanitaire des aliments. Le programme prévoit également de promouvoir l’agriculture biologique, la réduction des pertes alimentaires et l’amélioration de la commercialisation des produits agricoles.
En plus de la performance agricole, le dispositif vise à contribuer à la création d’emplois, notamment en milieu rural et auprès des jeunes, à travers le développement de la formation et des capacités numériques.
Les axes prioritaires
L’objectif principal du PPR-TSA est d’accroître la résilience des systèmes agroalimentaires face au changement climatique, tout en renforçant la sécurité sanitaire et la qualité des aliments.
Dans ce sens, le programme s’articule autour de deux grands domaines de résultats. Le premier concerne l’amélioration de la résilience et de la gestion des risques climatiques dans l’agriculture pluviale. Il vise notamment à réduire l’impact des aléas climatiques sur les cultures, en particulier céréalières, à travers la généralisation progressive de l’agriculture de conservation dans les zones pluviales et la réforme du système d’assurance agricole. Le deuxième axe porte sur le renforcement de la qualité des aliments et de la sécurité sanitaire et nutritionnelle. Il prévoit de soutenir la production d’aliments sains et de qualité, de renforcer la sécurité sanitaire au niveau de la distribution et de développer les capacités en matière de nutrition, d’approche « One Health » et de circularité.
Les régions concernées
Le périmètre d’intervention couvre les zones urbaines et rurales des dix régions retenues. Ces territoires présentent un potentiel important pour la transition vers l’agriculture de conservation et concentrent une part significative des terres arables du Royaume. Ils comprennent également les communes appelées à connaître une progression importante du nombre de points de vente concernés par les actions de renforcement de la sécurité sanitaire et nutritionnelle.
Financement
Le programme sera déployé sur une période de cinq ans, de 2025 à 2029, pour un financement global estimé à 807,3 millions de dollars. La Banque mondiale contribue à hauteur de 255 millions de dollars, soit environ 31,5 % du financement total. Cette enveloppe comprend trois composantes : un prêt axé sur les résultats d’environ 248 millions de dollars, une enveloppe de 2 millions de dollars destinée à l’assistance technique de la FAO et un don de 5 millions de dollars mobilisé auprès du Livable Planet Fund (LPF). Ce dernier vise notamment à soutenir la transition vers l’agriculture de conservation dans la région de Rabat-Salé-Kénitra. Pour sa part, l’État marocain mobilise 552,3 millions de dollars, représentant 68,5% du financement global. Pour assurer le pilotage stratégique du programme, un comité de pilotage a été mis en place.
Présidé par le secrétaire général du ministère de l’agriculture ou son représentant, cet organe est chargé de suivre l’état d’avancement du programme et de formuler les orientations nécessaires à sa bonne exécution.
Il se réunit au moins une fois par an et autant que nécessaire, conformément notamment à l’accord de prêt, au document d’évaluation du programme (PAD) et au Manuel opérationnel du programme (MOP). Une Unité de gestion du programme (UGP) est créée au niveau de la DSS qui sera chargée du suivi des activités du programme dans tous ses aspects et de la coordination opérationnelle de la mise en œuvre des parties prenantes du programme.
L’UGP comprend des représentants des départements et institutions impliqués dans la mise en œuvre du programme dont la DGCT, l’ONCA, l’ONSSA, l’ADA, l’INRA ainsi que l’Interprolive, ou encore Maroc Bio.










