EconomieUne

Ahmed Bennis : «Nous avons démultiplié nos efforts pour développer le modèle africain des zones économiques»

Entretien avec Ahmed Bennis, secrétaire général de l’Association africaine des zones économiques (AEZO) et directeur général de Tanger Med Zones

Ahmed Bennis, secrétaire général de l’Association africaine des zones économiques (AEZO) et directeur général de Tanger Med Zones, fait le point sur le rôle de l’Association africaine et les principales actions menées par Tanger Med en faveur du développement des zones économiques africaines.

ALM : En 2015, il y a eu le lancement de l’African Special Economic Zones Annual Meeting à Tanger. Que représente pour vous le fait que cet événement revienne dans la ville du détroit pour sa huitième édition ?

Ahmed Bennis : Depuis la création de l’AEZO, nous avons démultiplié nos efforts pour développer le modèle africain des zones économiques. Nous avons pensé, après la tenue des deux premières rencontres annuelles sur les zones économiques à Tanger, développer nos activités un peu partout sur le continent. D’ailleurs, la troisième édition a eu lieu en 2018 en Côte d’Ivoire, puis nous nous sommes déplacés à Addis-Abeba pour notre quatrième rencontre annuelle organisée en 2019 au siège de l’Union africaine. Il y a eu, avec l’avènement Covid-19, des sessions en ligne, avant l’organisation des deux autres rencontres annuelles respectivement au secrétariat général de la ZLECAF à Accra au Ghana et à Abuja. Le retour de cette rencontre à Tanger est à la demande des membres de l’AEZO. Elle nous permet de dresser non seulement le bilan des réalisations de ces cinq dernières années, mais de nous projeter avec un plan d’action pour les cinq prochaines années avec comme levier de croissance l’industrialisation durable, l’inclusion sociale et la création d’emplois.

Pensez-vous élargir le cycle de vos partenaires ?

Le continent compte actuellement plus de 220 zones économiques avec des niveaux très disparates. Donc, on réunit au sein de notre association 85 zones opérationnelles matures représentant 45 pays africains. Nous estimons être, à travers les partenariats que nous avons établis avec l’Union africaine (UA), la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), la Banque africaine de développement (BAD) et d’autres institutions, le porte-parole des zones économiques africaines. Nous sommes le porte-drapeau pour aider au renforcement des compétences des dirigeants de ces plateformes et définir une proposition de valeurs fortes pour faire face aux défis majeurs de l’industrialisation de l’Afrique et bien évidemment la compétitivité de nos pays et notre intégration dans les chaînes des valeurs mondiales.

Quel est l’apport de Tanger Med Zones au sein de l’AEZO ?

Tanger Med a été à l’initiative de la création de l’AEZO. Nous avons démarré ensemble en 2015 avec des représentants de six autres pays, notamment le Gabon, le Sénégal, le Kenya, la Tunisie et le Tchad pour la mise en place de l’Association. Tanger Med, étant leader africain et concurrent sérieux pour les grandes plateformes industrielles au niveau mondial, joue son rôle de locomotive et se doit vis-à-vis de nos confrères africains de partager notre expertise. Nous sommes en constante amélioration de notre performance pour servir d’abord nos clients et pour accompagner le développement de ces zones économiques africaines.

Quelles sont les principales actions menées par Tanger Med en faveur du développement des zones économiques africaines ?

Tanger continue à contribuer de façon très importante au sein de l’AEZO et nous essayons de déployer un certain nombre de moyens pour répondre aux différents enjeux auxquels font face aujourd’hui les zones économiques africaines. J’aimerais citer aussi l’expérience de Tanger Med Engineering, qui est une des filiales du Groupe. Elle est très active en Afrique et accompagne un certain nombre de zones économiques africaines dans leur développement à travers la conception et l’élaboration de leur feuille de route stratégique ainsi que la supervision des travaux et l’encadrement des équipes locales. Il s’agit d’une belle démonstration du partenariat gagnant-gagnant que nous avons mis en place non seulement à travers cette association mais aussi de par la volonté qu’a exprimée Tanger Med pour accompagner le développement des zones économiques africaines.

Quelles sont les propositions tirées de cette huitième rencontre annuelle de l’AEZO ?

D’abord, nous avons fait le point sur un certain nombre d’études que nous avons réalisées, dont celle qui a été menée avec la CNUCED pour l’intégration du tissu PME et TPE pour créer encore plus de liens entre les zones économiques et le marché local. Nous avons mené avec l’Union africaine une étude pour renforcer l’entrepreneuriat et le rôle des zones économiques, en tant que vecteur de croissance économique. Nous travaillons aussi avec l’ONUDI sur un certain nombre de sujets. D’ailleurs, la thématique de cet événement est d’une grande importance portant sur le renforcement d’une industrialisation durable et la diversification économique.

Articles similaires

EconomieUne

Grâce à ses atouts riches et diversifiés : Le Nord mise sur le tourisme multidimensionnel

La ville du détroit est promise à un bel avenir dans ce...

AutomobileUne

La nouvelle Kia citadine conjugue modernité et audace

La nouvelle Kia Picanto débarque sur le marché marocain. Disponible à partir...

EconomieUne

Efficacité énergétique dans l’industrie : La deuxième phase du projet AEEIM de l’ONUDI lancée

Cette nouvelle étape se distingue par la mise à disposition d’une offre...

EconomieUne

Protection des zones oasiennes : M. Sadiki met en exergue l’expérience marocaine

Selon le ministre, le Maroc a adopté une stratégie nationale intégrée adossée...

EDITO

Couverture

Nos supplément spéciaux