Amélioration du financement public de la santé au Maroc : Ce que recommande l’OCDE

Amélioration du financement public de la santé au Maroc : Ce que recommande l’OCDE

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) vient de publier un rapport intitulé «Mobilisation des recettes fiscales pour le financement de la santé au Maroc».

Ce rapport a été réalisé fin 2019 par l’OCDE et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Ce document a ainsi été rédigé avant la crise sanitaire liée à la Covid-19. Et par conséquent, les analyses présentées dans ce rapport ne tiennent pas compte des évolutions importantes que le secteur de la santé, dont son financement, a connues pendant la gestion de la crise. Il ressort de ce rapport que depuis plusieurs années, le Maroc a amélioré ses performances de santé, avec la hausse de l’espérance de vie ou la réduction du fardeau des maladies transmissibles. Toutefois des efforts restent nécessaires, en particulier pour atteindre certaines cibles des objectifs de développement durable (ODD) ou pour œuvrer contre les disparités régionales dans l’offre de soins.

À cela vient s’ajouter le poids de la transition épidémiologique et du vieillissement de la population avec la multiplication par trois des personnes de plus de 65 ans entre 2020 et 2060, augmentant les dépenses de santé et menaçant les équilibres budgétaires des caisses de l’assurance maladie obligatoire. En matière de financement, le rapport relève que les ressources financières allouées à la santé sont faibles, avec des dépenses totales de santé à 5,2% du PIB en 2017, ce qui est inférieur aux pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure ou des pays de la région. De plus, le secteur de la santé est financé à 51% par les paiements directs des ménages. Tous ces constats montrent le besoin de renforcer la dépense de la santé. Pour se rapprocher des cibles des ODD 3 en 2030, le Maroc devrait augmenter le niveau des dépenses de santé de 2.5 points de pourcentage de PIB pour atteindre 8,2% du PIB, dont 2.2 points de pourcentage pour la dépense publique.

Cette hausse permettrait ainsi d’augmenter les dépenses de santé par habitant de 170 USD en 2016 à 419 USD en 2030, de multiplier par 2.6 le nombre de médecins et par 3.6 le nombre de personnel médical (sous réserve de garder des politiques de santé relatives aux ressources humaines identiques). Ceci équivaudrait à une hausse sur la période de 107 milliards DH (7,7 milliards de hausse annuelle), dont 77 milliards pour la dépense publique (5,5 milliards de hausse annuelle). Pour financer la hausse des dépenses publiques de santé, deux grands axes d’actions seront nécessaires. D’une part, il s’agira d’améliorer la conception des cotisations sociales. D’autre part, avoir un recours accru aux recettes fiscales, avec une amélioration de la conception de chaque impôt.

Certains impôts ont des liens plus marqués que d’autres avec le secteur de la santé, comme les taxes intérieures de consommation (de par leurs influences sur le comportement des consommateurs) et la fiscalité environnementale (de par l’impact indirect sur la santé des populations).

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