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Amina Benkhadra : «Onhym est ouvert à toute association avec des opérateurs nationaux ou internationaux»

Amina Benkhadra : «Onhym est ouvert à toute association avec  des opérateurs nationaux ou internationaux»

Entretien avec Amina Benkhadra, directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM)

ALM : Quel bilan dresse l’Office de l’activité minière au titre de l’année 2021 ?
Amina Benkhadra : Des efforts soutenus ont été déployés par l’Onhym dans l’exploration minière au cours de l’année 2021. En effet, son activité a porté sur la reconnaissance des secteurs et des prospects qui présentent les critères géologiques les plus favorables à la présence de minéralisations à travers tout le territoire national. Les travaux ont porté sur 45 projets situés dans les zones les plus prometteuses du pays. Les travaux propres de l’Onhym ont concerné 24 projets dont 7 pour les métaux précieux, 7 pour les métaux de base, 4 pour les roches et minéraux industriels, 4 pour la reconnaissance minière et 2 projets spéciaux (géothermie et hydrogène naturel). Les travaux en partenariat, quant à eux, ont intéressé 21 projets dont 6 pour les métaux précieux, 9 pour les métaux de base et 6 pour les roches et minéraux industriels.

Comment se déclinent ces projets d’exploration minière ?
Dans les provinces du Sud, les travaux propres ont concerné essentiellement les prospects à Au-Cu de Chenna et d’Al Warma, situés dans la province de Oued Ed Dahab. Des travaux de recherche générale ont intéressé les secteurs de Tidzit, Lourag, Tichla-Ouest et Targhate. Les travaux ont également concerné la poursuite des essais de valorisation des minerais complexes à niobium, tantale, uranium et terres rares des projets de Glibat Lafhouda, Drag Al Farnan, Twihinate et Lamlaga (province d’Aousserd).

Dans l’Anti-Atlas, les travaux propres se sont concentrés sur les projets d’Afoud et Toufrite pour les métaux précieux, et ceux de Bouizagane, Taadant pour les métaux de base, notamment le cuivre. Les travaux en partenariat se sont poursuivis sur les projets de Zgounder (Ag) avec Aya (Canada), de Tidili (Au, Cu) avec Managem (Maroc), de Tichka Est (Au) avec Stellar (Canada) et de Sirwa (Co, Cu) avec Managem.
Dans le Moyen et Haut Atlas, Meseta et Nord du Maroc, les travaux propres ont concerné les projets de Tiouli Ouest (Zn, Pb) dans la province de Jerada et d’Oulad Yaacoub (Cu) dans la province de Kelâa des Sraghna, les indices Au-Ag du Maroc Central dans le cadre du projet Aguelmous-Oulmès (province de Khénifra), les projets de Boufakrane (provinces d’El Hajeb et Meknès) pour la potasse, de Tazzarine (province de Boulemane) pour le lithium, de la dorsale calcaire (provinces de Tétouan et M’diq-Fnideq) pour les dolomies industrielles et de Jbel Essila (province de Ouezzane) pour les sables siliceux. Les travaux de recherche générale ont concerné les secteurs d’Imaghrane dans le Haut Atlas central, de Bouarfa dans l’Oriental, de Beni Bouiza dans le Rif interne, de Bramram-Errmila dans les Jebilets centrales et de Tamazert et Zeïda dans la région de Midelt. Les travaux en partenariat ont concerné les projets de Jebilet, Guemassa et Tekna (polymétallique, Managem), la recherche des bentonites des bassins tertiaires avec la société espagnole Tolsa et le développement du gisement de potasse de Khémisset (province de Khémisset) dans le cadre de la convention de partenariat avec OCP.

Qu’en est-il des autres actions menées par l’Onhym ?
En parallèle avec ces travaux, l’Onhym mène des campagnes d’exploration stratégique sur de grandes superficies en utilisant les techniques les plus évoluées (télédétection hyperspectrale, géophysique aéroportée, géochimie…) dans le but de mettre en évidence de nouvelles cibles de recherche et alimenter le portefeuille des projets. En 2021, les travaux de recherche stratégique ont concerné essentiellement le projet intégré d’exploration minière dans l’Anti-Atlas, le projet intégré d’Adrar Souttouf dans les provinces du Sud, l’étude des potentialités géothermiques dans les provinces du Sud et la recherche de l’hydrogène naturel, du CO2 et de l’hélium. Ces résultats encourageants sont le fruit d’un bon pilotage stratégique de l’exploration minière, d’une standardisation des différentes phases de recherche minière, d’une évaluation de l’exploration selon une démarche technico-économique et de la mise en place d’un cadre organisationnel rénové par la constitution généralisée d’équipes projets pluridisciplinaires. L’Onhym a abouti, depuis sa création en 1928, à la découverte de la presque totalité des gisements métalliques du Maroc et continue aujourd’hui à mettre en évidence des prospects et indices qui font l’objet de développement avec le privé.

Quelle part occupent les mines dans le portefeuille de l’Onhym ?
Depuis la mise en place d’une stratégie rénovée pour l’Onhym, avec un recentrage de l’activité autour de sa mission de base; exploration, promotion et partenariat, l’Onhym s’est positionné dans les phases amont de l’exploration minière (reconnaissance régionale, contrôle des anomalies, contrôle des indices, évaluation des prospects, développement et promotion). Ces phases sont capitalistiques, risquées et de longue haleine. Les actions de l’Onhym s’inscrivent dans le maintien de son rôle de catalyseur de l’exploration minière au Maroc, de manière à poursuivre les efforts consentis au cours des dernières années, en ayant un portefeuille de projets équilibrés par rapport aux différentes phases de l’exploration, projets avancés en phase de préfaisabilité mais aussi d’autres sous forme d’indices et de zones anomaliques qui constituent de nouvelles cibles à développer. Les travaux vont continuer à être concentrés sur les zones les plus favorables comme les provinces du Sud pour les métaux précieux, les terres rares et les éléments stratégiques, l’Anti-Atlas pour les métaux précieux et le cuivre, la région de l’Oriental et le Maroc central pour les métaux de base et enfin les bassins du nord pour la recherche des argiles fibreuses, des dolomies industrielles et des sables siliceux. L’ensemble de ces actions ont également pour objectif d’attirer de nouveaux investisseurs par le renforcement de la promotion auprès de l’industrie minière nationale et internationale.

Comment se décline la politique de promotion de l’Office sur ce segment ?
La politique de promotion des richesses pétrolières et minières du Maroc est l’un des principaux axes stratégiques de l’Onhym, visant à renforcer la dynamique d’ouverture sur le marché mondial et le développement des partenariats. La politique de promotion adoptée par l’Office vise essentiellement à associer davantage les opérateurs privés nationaux et étrangers dans la recherche et le développement de gîtes miniers. Disposant d’un patrimoine minier sur lequel d’importants travaux de reconnaissance ont été menés, l’Onhym est ouvert à toute association dans le cadre de partenariat avec des opérateurs nationaux ou internationaux en vue de découvrir et/ou de développer des gîtes miniers économiquement exploitables.
Afin d’attirer les opérateurs privés nationaux et étrangers dans la recherche et le développement de gîtes miniers, plusieurs actions sont menées à l’instar de la médiatisation des potentialités minières nationales par la promotion de nos prospects avec leur publication sur le site web de l’Onhym et leur présentation dans les grandes manifestations internationales (PDAC à Toronto au Canada, Indaba en Afrique du Sud …). A cela s’ajoute également l’élaboration d’une brochure sur les opportunités d’investissement dans l’exploration minière au Maroc, qui donne des informations générales (généralités sur le pays, politique économique, place du secteur minier, principales productions minières, législation minière…) ainsi qu’un aperçu sur le contexte géologique et métallogénique du Maroc. Parmi les actions, on relève aussi la participation régulière aux congrès et manifestations scientifiques nationaux et internationaux, avec stands et communications. L’Onhym cède au secteur privé dans le cadre d’appels d’offres internationaux les prospects qu’il met en évidence en vue de leur développement et de leur exploitation. Il s’agit en l’occurrence les dernières années du projet de cuivre de Tizert, de la potasse de Khemisset, de l’or de Jbel Malek, du polymétallique de Khwadra, de la magnésite de Boudkek, etc. Des associations d’exploration minière sont en cours sur des régions prometteuses avec des opérateurs tels que Managem (Maroc), Tolsa (Espagne), Aya Gold and Silver (Canada), Kasbah Resources (Australie), Stellar (Canada), etc.

Quelles sont les opportunités qu’offre le Maroc en gisements miniers ?
Certes, les phosphates continuent à dominer les richesses minières du Maroc avec près de 95% de la production minière globale. Le sous-sol marocain est riche en diverses substances mises en exploitation (cuivre, plomb, zinc, argent, cobalt, fluorine, manganèse, barytine, bentonite…) d’autres métaux et minéraux commencent également à se positionner en tant que segments prometteurs comme l’or, le niobium et les terres rares. Les gisements et indices minéraux au Maroc sont répartis à travers tout le territoire avec cependant une grande densité dans et autour des boutonnières précambriennes et hercyniennes et dans les terrains mésozoïques. Ceci est en parfaite corrélation avec les prévisions métallogéniques.

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