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Après le made in Morocco, le Maroc promeut le «made in Africa»

Dans le cadre d’une nouvelle stratégie industrielle qui sera dévoilée avant la fin de l’année en cours

Industrie: Le «Made in Africa» sera bientôt un nouvel argument de la nouvelle stratégie industrielle marocaine. Cette dernière sera dévoilée avant la fin de l’année 2023. l’objectif est de faire des marques marocaines des marques internationales et surtout des marques africaines. Premières indiscrétions.

La politique de substitution menée par le Maroc depuis quelques années s’apprête à franchir un nouveau palier. C’est, en effet, une nouvelle étape de la marque Maroc qui se prépare avec le lancement bientôt d’une nouvelle stratégie industrielle. Amine Belhaj Soulami, chef du cabinet du ministère de l’industrie et du commerce, vient de dévoiler quelques premiers détails. «Aujourd’hui, le Maroc est dans une logique de best cost au niveau mondial», selon Amine Belhaj Soulami. Prochaine étape : faire des entreprises marocaines de substitution des marques internationales et notamment africaines. En fin d’année 2023, la nouvelle stratégie industrielle sera dévoilée. Un accent particulier sera mis sur le développement de marques, a indiqué le chef de cabinet du ministère de l’industrie et du commerce. C’est ce qui est ressorti lors d’un webinaire de la Britcham organisé jeudi 4 mai, intitulé « Industrie au Maroc : Bilan et défis de la politique de substitution ». Lancée en 2020, la politique de substitution porte ses fruits. Plus de 1.500 projets sont en cours de gestion pour un potentiel d’exportations évalué à 60 milliards de dirhams. Cette politique est aussi le début d’une nouvelle étape dans l’industrialisation du Maroc avec la consolidation du « Made in Morocco ». Avec plus de 100.000 emplois directs et indirects créés depuis 2020, la politique de substitution est un succès. Le chef du cabinet du ministère de l’industrie et du commerce a mis en avant les impacts directs de cette nouvelle stratégie dans l’industrie du Maroc.

Banque de projets

Si les 1.500 projets en cours de gestation au sein de la Banque de projets vont permettre la création de 300.000 emplois, actuellement, les principaux secteurs bénéficiaires demeurent l’agroalimentaire et l’industrie pharmaceutique. L’usine de production de vaccins de Benslimane en est un parfait exemple. La production est d’ailleurs imminente selon le chef du cabinet du ministère. Mais d’autres succès sont à noter. Dans l’agroalimentaire, le jus d’orange concentré ou encore la biscuiterie made in Maroc ont le vent en poupe. Parmi les mécanismes et programmes qui portent cette politique de substitution : Maroc PME. « En 2022, 200 projets d’investissements ont été validés par cette structure », a souligné Amine Belhaj Soulami. Autre dispositif : Tatwir R&D et Innovation qui est une offre intégrée pour accompagner les entreprises dans le développement de produits innovants. D’autres dispositifs existent pour accompagner notamment les entreprises dans leurs projets de décarbonation. Mais surtout, l’accès au foncier industriel a été simplifié et la charte de l’investissement est entrée en action. Pour Youssef Tber, directeur des investissements et des exportations, « tout est fait pour faciliter l’acte d’investissement et on assiste à une hausse des investissements privés nationaux ». Aussi, le Made in Morocco a pris une nouvelle dimension depuis la pandémie.

Dans l’agroalimentaire, le jus d’orange concentré ou encore la biscuiterie made in Maroc ont le vent en poupe. (D.R)

Du low cost au best cost

Il y a quelques jours, Ryad Mezzour, ministre de l’industrie et du commerce, avait affirmé lors de l’ouverture officielle de la cinquième édition des Industry Meeting Days tenue à Tanger que le Maroc a beaucoup investi pour le renforcement de sa compétitivité industrielle et l’amélioration de la qualité de ses ressources humaines, tout en réussissant en 15 ans à passer d’un pays low cost à un pays best cost. M. Mezzour avait insisté dans le cadre de cette montée en compétence sur le passage par le Maroc de la prochaine étape de best solution, qui consiste à apporter les meilleures solutions industrielles aux investisseurs. Quant à ses engagements en matière d’emploi, notamment des jeunes, «le gouvernement s’est fixé comme ambition de créer un million d’emplois, durant son mandat, dont 400.000 dans l’industrie», a-t-il rappelé, faisant remarquer que plus de 100.000 emplois ont déjà été créés depuis le début du mandat de l’actuel gouvernement. Le responsable avait tenu à rappeler que les exportations industrielles marocaines ont pu drainer quelque 159 milliards de dirhams. Alors qu’ «on a fini l’année 2022 à 370 milliards de dirhams d’export de produits industriels», a précisé M. Mezzour.

Zlecaf

L’orientation de la promotion du «Made in Africa» tombe à point nommé. En effet, les pays du continent avaient lancé une zone de libre-échange. Cette dernière a pour objectif de créer un marché africain de 1,27 milliard de consommateurs avec un PIB cumulé oscillant entre 2,3 et 3,4 billions de dollars américains. La création de la Zlecaf renforcera les relations commerciales intra-africaines qui ne représentent à ce jour que 16%. La Zlecaf, marché commun africain, est entrée en vigueur depuis le 1er janvier 2021, marquant ainsi un tournant dans l’histoire économique de l’Afrique. En effet, cette zone a pour objectif de créer un marché africain de 1,27 milliard de consommateurs avec un PIB cumulé oscillant entre 2,3 et 3,4 billions de dollars américains. La création de la Zlecaf renforcera les relations commerciales intra-africaines qui ne représentent à ce jour que 16%. Elle consolidera également le taux d’industrialisation du continent (2% de la valeur ajoutée manufacturière mondiale) et réduira la dépendance aux matières premières. La Zlecaf se veut également un maillon important pour l’accélération de la mise en œuvre d’une base industrielle africaine pour répondre à nos besoins. Cet espace vient en effet créer une complémentarité pour la création des pôles de croissance régionaux interconnectés. Il se veut par ailleurs un espace propice aux avantages comparatifs, ainsi qu’une utilité nouvelle aux Communautés économiques régionales (CER) et à l’intégration africaine. Le compte à rebours est donc lancé avant la présentation de la nouvelle stratégie industrielle marocaine. Pour rappel, le pays avait lancé le Plan d’accélération industrielle 2021-2023 qui compte parmi ses principaux objectifs d’évoluer vers une souveraineté industrielle. Dans ce sens, la banque de projets pour la substitution d’importation par la production nationale est l’un des fondements de ce plan.

Les responsables veulent faire des entreprises marocaines de substitution des marques internationales et notamment africaines. (D.R)

C’est le titre de la boite

Plan d’accélération

Dispositif.

Le Plan d’accélération industrielle 2021-2023 repose notamment sur la Banque de projets (BP). Née pour promouvoir la fabrication locale, renforcer le capital marocain dans l’industrie, l’entrepreneuriat et l’intégration industriels dans le but de préserver et de dynamiser l’export, la BP a connu un franc succès. Une réussite qu’elle doit aussi au dispositif d’accompagnement multidimensionnel qu’elle offre aux porteurs de projets bénéficiant, dans ce cadre, d’un appui financier à l’investissement, de la commande publique et privée, du foncier industriel, ainsi que d’une formation adaptée et de la mise en conformité.

Un dispositif qui se renforce désormais avec la Charte de l’investissement, impulsée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui vise à soutenir les projets, réduire les disparités territoriales et développer l’investissement dans les secteurs prioritaires. D’autres leviers sont également au service de cet accompagnement, notamment les contrats de sourcing, qui offrent de nouveaux débouchés à la production locale et le soutien au développement de l’innovation et à la R&D via de nouveaux outils répondant aux besoins de l’investisseur et d’autres de financement et d’assistance technique.

Verbatim

Ryad Mezzour, ministre de l’industrie et du commerce

 

«Le Maroc a beaucoup investi pour le renforcement de sa compétitivité industrielle et l’amélioration de la qualité de ses ressources humaines, tout en réussissant en 15 ans à passer d’un pays low cost à un pays best cost».

Abdellatif Miraoui, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation

«Les étudiants des établissements à accès ouvert représentent 80% du nombre total d’étudiants au niveau national et doivent y saisir les opportunités offertes dans le cadre de la réforme de l’enseignement supérieur et à travers une formation hybride pour être en adéquation avec le marché de l’emploi».

Taoufiq Moucharraf, secrétaire général du ministère de l’industrie et du commerce

«L’industrie est devenue un pourvoyeur majeur de l’emploi, un catalyseur de l’investissement productif et une locomotive de l’export».

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