Après l’épreuve de la Covid-19 en Afrique : Le «retour à la normale» doit se préparer avec une économie plus résiliente

Après l’épreuve de la Covid-19 en Afrique : Le «retour à la normale» doit se préparer avec une économie plus résiliente

Le continent africain vit des changements majeurs sur le plan économique à l’ère de la Covid-19. C’est aussi un continent qui connaît des réalités plurielles mais il est animé par un avenir et des intérêts communs pour l’ensemble des pays qui le composent.


Au début de la pandémie, les prédictions les plus fatales ont été faites sur l’Afrique. Et jusque-là, l’expérience a démontré que le continent a mieux réagi à la progression du virus. Néanmoins, la Covid-19 met à rude épreuve tous les aspects de développement des pays africains. Dans ce contexte inédit, Policy Center for the New South a élaboré son deuxième rapport annuel sur l’économie africaine 2020 qu’il a présenté lors des mardis du think tank le 12 janvier 2021.

Cette étude part d’une lecture scientifique et globale des mutations économiques que connaît l’Afrique tout en mettant en lumière les secteurs clés pour le continent durant cette période. Elle se focalise sur quatre axes fondamentaux : «L’Afrique, état des lieux de la croissance», «La dynamique des communautés économiques régionales», «Etat des lieux de l’intégration continentale en Afrique» et «Le monde d’après la Covid-19». «La Covid-19 a bouleversé les prévisions économiques, chamboulé les politiques économiques, remis en cause les plans et programmes laborieusement élaborés dans les enceintes décisionnelles des Etats africains et des organisations continentales», relève Karim El Aynaoui, président du Policy Center for the New South, et Larabi Jaidi, Senior Fellow au sein de PCNS, dans la préface de cet ouvrage. Près d’une trentaine de chercheurs ont apporté leur contribution pour la réalisation de ce document.

Les pays africains sont confrontés à des défis importants à commencer par les baisses de leur PIB par tête et à une aggravation des vulnérabilités sociales. Pour les auteurs de ce rapport, le «retour à la normale» sera probablement progressif et l’hypothèse d’une reprise d’ici à 2023 suppose une croissance vigoureuse dans les deux années à venir. De même, ces pays ont des challenges à surmonter ensemble et des intérêts convergents. Dans le même sens, la sortie de la pandémie et la construction d’une immunité sanitaire et d’une résilience économique et sociale contre de nouvelles vagues de la Covid-19 ou d’autres risques pandémiques imposent de revoir les modèles de développement en cours dans le continent. «L’Afrique doit aspirer à être à la fois un continent où se mettent en place des modèles de développement durables et résilients et s’élabore une convergence des intérêts stratégiques des pays qui le composent», explique Larabi Jaidi.

L’objectif étant d’assurer la sécurité humaine des populations, renforcer la solidarité des pays du continent au service d’une Afrique forte et autonome dans un système de l’économie mondiale plus équilibré, indique la même source ajoutant que s’il y a une leçon à tirer de la pandémie c’est celle de «l’interdépendance des nations». «La reconstitution des chaînes de valeur mondiales et régionales se déploie et se restructure comme autant de vecteurs de cette interdépendance qui demeure une réalité incontournable», peut-on lire dans ce document.

Focus sur l’avenir

L’hypothèse d’un retour à la normale d’ici à 2023 suppose «une croissance extrêmement vigoureuse qui dépend, quant à elle, de l’évolution de l’environnement international», relève le rapport. Actuellement plusieurs réflexions sont menées dans le sens de révisions des stratégies et politiques de développement à l’heure de la Covid-19. «C’est dans la refonte de leurs modèles de développement et l’accélération de l’intégration continentale que les pays africains peuvent trouver les réponses à une sortie de crise pérenne», indique ladite étude. Le continent devra agir également dans le sens de renforcer la dimension stratégique de sa sécurité sanitaire, d’assurer sa souveraineté alimentaire et accélérer les transitions écologiques et énergétiques. Parallèlement, le continent doit saisir l’opportunité offerte par la transformation numérique et l’innovation tout en valorisant son capital humain. Enfin, on notera que la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) ouvre des perspectives prometteuses pour le renforcement des réseaux de production et d’échanges à même de réduire la vulnérabilité du continent face aux chocs extérieurs.

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