Le Salon régional organisé du 25 au 28 septembre
Vitrine : Secteur pivot de l’économie marocaine, l’artisanat, fort de 2,5 millions d’actifs, poursuit sa mue entre structuration, droits sociaux, accès au marché et montée en gamme. À Agadir, le Salon régional organisé du 25 au 28 septembre sur la place Al Wahda, au bord de la corniche, et la cérémonie le 26 septembre de la 9e édition du Prix national des meilleurs artisans sous le Haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI ont montré l’ampleur de la dynamique et la mesure des défis du secteur.
Toutes les régions étaient représentées à parts égales, sept exposants chacune, pour mettre en scène la diversité des savoir-faire et fluidifier la rencontre entre créateurs, acheteurs et grand public. L’été 2025 confirme d’ailleurs la traction du marché avec environ 500 jours d’exposition cumulés au Maroc et à l’international, plus de 8 millions de visiteurs et un chiffre d’affaires dépassant 60 MDH, soit près de 120.000 DH par jour, autant d’indicateurs qui plaident pour transformer l’événementiel en carnets de commandes pérennes, physiques et digitaux. La cérémonie officielle d’ouverture du salon, présidée par Lahcen Essaadi, secrétaire d’État chargé de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire, en présence du wali Saaïd Amzazi, du président du conseil régional Karim Achengli et des responsables des Chambres, a rappelé le cap. Doubler les exportations, créer de nouvelles opportunités d’emploi, déployer une marketplace marocaine crédible, renforcer le cadre réglementaire et le statut de l’artisan, hisser la formation, préserver les métiers menacés, sécuriser l’accès à la matière première, élargir l’inclusion financière et moderniser les moyens de paiement, sont les priorités du département ministériel de l’artisanat. Et aujourd’hui, une tournée nationale est au programme pour vulgariser ces dispositifs au plus près des ateliers.
Dans ce paysage, la 9ème édition du Prix national a distingué 12 lauréats sur 207 finalistes et 598 candidats dont 92 femmes dans les branches décoration, mobilier, joaillerie, vêtements et accessoires, instaurant une culture de la qualité et de l’innovation. C’était l’occasion également d’offrir une vitrine nationale aux talents d’Agadir à Meknès, de Tiznit à Laâyoune. Le levier le plus structurant reste toutefois la carte professionnelle issue de la loi 50-17. Document numérique sécurisé relié au Registre national de l’artisanat, elle confère un statut officiel et un accès prioritaire aux programmes de soutien, à la protection sociale, aux salons et à la formation. S’y greffe un bouquet d’avantages négociés qui ancre la réforme dans le quotidien: assurances auto, multirisques, accidents du travail et santé complémentaire à tarifs préférentiels via la MCMA ; réductions ONCF pour les déplacements ; conditions commerciales et modules techniques chez Bricoma pour muscler production et finitions ; tarifs CTM Messagerie pour la logistique, y compris e-commerce ; microcrédits d’honneur sans intérêts à Agadir via la Chambre et Souss-Massa Initiative, complétés par des offres d’Al Barid Bank ; distribution des cartes et services de proximité par Barid Media et Barid Cash qui accompagnent, en parallèle, la digitalisation des Chambres. L’effort d’investissement suit: à Sidi Brahim à Marrakech, l’Oasis des arts et de l’artisanat, portée avec la CDG et CGI Management, proposera un espace intégré d’exposition, d’hébergement et de services mutualisés pour capter la valeur sur place, tandis qu’à Agadir la Maison de l’économie sociale et solidaire sera réhabilitée, équipée et animée comme plateforme d’accompagnement. L’inclusion progresse également avec une convention dédiée à la formation et à l’insertion des personnes non-voyantes et malvoyantes dans les métiers de l’artisanat.
Reste à consolider l’équation économique: normes, labels, contenus pédagogiques et présence digitale doivent converger pour formaliser les ateliers, fiabiliser paiements et livraisons et sécuriser l’approvisionnement en matières premières, condition d’une compétitivité-prix soutenable face aux intrants importés non conformes. En accueillant salon et remise des prix, la capitale du Souss assume son rôle de hub: flux touristiques, réseaux de distribution, écosystème ESS et capacité à étendre la saison au-delà de l’été. À l’horizon, le secteur tient son triptyque — statut via la carte et les droits, marché via salons, marketplace et logistique, montée en compétences via formation, innovation et inclusion — mais la réussite se mesurera à la transformation de ces instruments en résultats: plus d’export, davantage d’emplois qualifiés, métiers sauvegardés, trésoreries sécurisées et une création de valeur mieux répartie sur l’ensemble des territoires. En un mot, l’artisanat n’est plus seulement un patrimoine à protéger: c’est une politique économique assumée, outillée et désormais évaluable.










