Cette initiative s’inscrit dans la continuité des efforts nationaux déployés pour sauvegarder les métiers d’art menacés de disparition, les faire connaître et les valoriser.
Trésors : Le secrétariat d’État chargé de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire, en partenariat avec l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), a organisé, mardi 11 novembre 2025 à Rabat, la cérémonie de lancement de la troisième édition du programme «Les trésors des arts traditionnels marocains», placée sous le thème «De l’héritage des aïeux à la créativité des descendants : une jeunesse porte-flambeau de l’identité marocaine».
L’histoire du Maroc est racontée à travers le savoir-faire de ses artisans. Chaque détail est le récit des traditions millénaires transmis de génération en génération. Conscient de la valeur précieuse de cet héritage, le Royaume veille à préserver et sauvegarder ses arts traditionnels. Plusieurs initiatives ont été lancées dans ce sens comme le programme des arts traditionnels marocains dont la troisième édition s’est tenue le 11 novembre 2025 à Rabat. Cette cérémonie, organisée Sous le Haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, est placée sous le thème : «De l’héritage des aïeux à la créativité des descendants : une jeunesse porte-flambeau de l’identité marocaine». Cette initiative, portée par le secrétariat d’État chargé de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire, en partenariat avec l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) s’inscrit dans la continuité des efforts nationaux déployés pour sauvegarder les métiers d’art menacés de disparition, les faire connaître et les valoriser, à travers la transmission des savoir-faire et des connaissances artisanales aux jeunes générations. S’exprimant à cette occasion, Lahcen Es-saâdi, secrétaire d’État chargé de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire, a souligné que «Le programme Les trésors des arts traditionnels marocains vise à s’ouvrir à de nouveaux partenaires et à élargir le cercle des bénéficiaires afin d’englober l’ensemble des régions du Royaume, mais aussi différentes catégories sociales, notamment les détenus, dans le cadre des initiatives de réinsertion et de qualification des jeunes au sein des établissements pénitentiaires». Et d’ajouter : «Une convention de partenariat a été signée avec l’Unesco et la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR), afin de permettre à des détenus artisans de partager leur savoir-faire. Six détenus expérimentés ont été sélectionnés pour transmettre leurs compétences à 90 jeunes détenus dans les métiers du zellige de Tétouan, de la sellerie brodée, du pouf en cuir brodé, de la vannerie du Sud et de la broderie de Salé ». Il a également expliqué que de nouvelles conventions de partenariat ont été signées pour étendre ce programme aux provinces du Sud, notamment dans les régions de Guelmim-Oued Noun, Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Eddahab. «Cette démarche illustre l’engagement du secrétariat d’État à renforcer l’inclusion sociale, tout en assurant la transmission intergénérationnelle des savoir-faire artisanaux, au service du développement local et régional », a-t-il ajouté.
La relève est assurée
Former des apprentis auprès de maîtres artisans détenteurs d’un patrimoine culturel immatériel vivant. Tel est le principal objectif de ce programme ambitieux. Il s’agit, dans ce sens, d’ancrer les valeurs d’excellence, de créativité et d’identité marocaine authentique. Il faut dire que la troisième édition s’inscrit dans la continuité des deux premières, organisées en 2023 et 2024, au cours desquelles 17 maîtres artisans et artisanes ont été distingués et classés parmi les «trésors des arts traditionnels marocains». Ces gardiens du patrimoine ont assuré la formation de 157 jeunes sur une période de 9 mois d’apprentissage pratique. En 2025, 15 nouveaux trésors des arts traditionnels ont été désignés et encadreront 150 apprentis et apprenties dans diverses disciplines, portant ainsi le total à 32 maîtres artisans et 307 jeunes formés depuis le lancement du programme.
L’Unesco réaffirme son appui au Maroc
Lors de cette troisième édition, une convention d’extension du partenariat entre le secrétariat d’État et l’Unesco a été signée, prolongeant le programme «Les Trésors des arts traditionnels marocains» jusqu’en 2031. Dans ce sens, Charif Ahmimed, directeur du Bureau de l’Unesco pour le Maghreb, a souligné lors de cet événement que «l’Unesco est fière d’accompagner depuis de nombreuses années le secrétariat d’État chargé de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire dans la sauvegarde et la valorisation des savoirs et savoir-faire artisanaux et menacés de disparition au Maroc. Ce partenariat témoigne de notre engagement commun à sauvegarder le patrimoine culturel immatériel, véritable mémoire vivante des peuples. En reconnaissant 32 artisanes et artisans porteurs de connaissances ancestrales et de traditions rares, ce programme a su rendre hommage à leur talent, à leur créativité et à leur rôle essentiel dans la transmission de savoirs séculaires».
Engagement
La cérémonie a également été marquée par la visite du pavillon consacré aux métiers sauvegardés lors des précédentes éditions, ainsi que par une rencontre conviviale réunissant les 32 maîtres artisans et artisanes du programme. Ce moment fort a constitué un véritable hommage à leur engagement dans la préservation de l’identité culturelle marocaine et la valorisation des métiers d’art, tant sur la scène nationale qu’internationale. L’événement s’est clôturé par un hommage spécial à un groupe de maîtres artisans, symboles vivants de la richesse et de la diversité du patrimoine marocain. Par leur savoir-faire et leur créativité, ils perpétuent des traditions séculaires tout en transmettant leurs compétences aux jeunes apprentis, dans le cadre d’un programme de formation qualifiante de neuf mois, mené en partenariat avec les Instituts et Centres de formation aux métiers de l’artisanat.
15 nouveaux métiers à forte valeur patrimoniale mis à l’honneur
Savoir-faire Le programme a mis à l’honneur quinze nouveaux métiers du patrimoine, des savoir-faire rares aujourd’hui menacés de disparition. Ces artisans, véritables gardiens d’un héritage immatériel, représentent plusieurs domaines d’excellence. Dans les arts équestres, cinq maîtres artisans ont été distingués : Saïd Thaljaoui, spécialiste de la mokahla (fusil traditionnel), Omar Ennassiri, créateur de bottes équestres (tmak), Hicham Essaïdi, artisan des étriers, Lahcen El Hiri, expert en fabrication de mors, et Yahya M’han, concepteur de la structure de selle, appelée adam. Dans le domaine du cuir, Mahfouda Haïda perpétue l’art du cuir du Sud. Pour le travail du bois, Abdellah El Moumni a été reconnu pour sa maîtrise de la marqueterie sur bois de thuya. Pour ce qui est du tissage et du textile, il rassemble un riche panel de savoir-faire : Fatima Slimani pour le tapis Beni Ouarain, Saïd El Hardak pour le haïk souiri, Fatima Taghlaoui pour le bernous de Figuig, Saleh Bigrnaf pour la taouka (tazarzit), Abdelmajid Bballah pour la fabrication de hssira (nattes traditionnelles), Zohour Idrissi pour le tapis rbati, Hanan Ben Bellal pour le zouaq traditionnel et Mohamed Aït Ahmed pour la teinture végétale.









