Pour le chef de gouvernement, « le Maroc se tient à un carrefour déterminant de son histoire. Ce moment charnière évoque une période d’introspection dont nous tenons
Les réformes engagées par le Maroc au cours de ces deux dernières décennies ont été au cœur des premières rencontres organisées dans le cadre des Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI). La séance inaugurale de cette manifestation a été consacrée au lancement d’un ouvrage dédié au Maroc élaboré par la Banque mondiale, le FMI et des économistes marocains.
Le Royaume a été à l’honneur à la séance inaugurale des Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI qui réunissent jusqu’au 15 octobre le gotha de la finance internationale à Marrakech. Le démarrage de ces travaux a été marqué par le lancement d’un ouvrage dédié au Maroc intitulé «La quête du Maroc pour une croissance plus forte et plus inclusive ». Une publication qui, selon le chef de gouvernement, Aziz Akhannouch, «illustre la volonté du Royaume d’atteindre des objectifs ambitieux en matière de développement économique et social ». Le lancement de cet ouvrage, marqué par la présence d’une pléiade de ministres et de personnalités de haut niveau, a été une occasion pour mettre l’accent sur les progrès atteints par le Royaume aussi bien sur le plan économique que social. « Au cours des vingt dernières années, le Maroc, sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi, a entrepris des réformes ambitieuses et volontaristes qui ont jeté les bases d’une transformation profonde et durable de notre économie et qui ont permis au Royaume de consolider sa résilience et préserver ses équilibres macroéconomiques », assure dans ce sens Aziz Akhannouch. Intervenant à cette occasion, le chef de gouvernement a tenu à rappeler que « le Maroc se tient à un carrefour déterminant de son histoire. Ce moment charnière évoque une période d’introspection dont nous tenons à tirer pleinement profit ». Et de poursuivre qu’ « à cet égard, nous nous employons à mettre en œuvre la vision stratégique clairvoyante initiée par Sa Majesté le Roi, que Dieu L’assiste, qui spécifie les ambitions, les objectifs de développement et les leviers de changement de nature à libérer les énergies et à accélérer la marche de notre pays vers le progrès et la prospérité».

Kristalina Georgieva a fait part de sa conviction que la reconstruction post-séisme insufflera une nouvelle dynamique à l’économie du pays. (Chafik Arich)
Des réformes ambitieuses en marche
En termes d’ambitions, M. Akhannouch a mis en avant la détermination du Royaume à construire une « société solidaire et juste ». «Une société où les citoyens sont aptes à prendre leur avenir en main, notamment les jeunes et les femmes, détient la clé de la croissance et de l’inclusion économiques », a-t-il rappelé. Et de préciser : « La croissance se doit d’être inclusive, mais également durable et respectueuse de l’environnement». Il est à souligner que depuis 2021, le Maroc a ouvert un vaste chantier de développement au cœur duquel le capital humain est érigé en priorité. Dans ce sens, une série de réformes ont été lancées pour renforcer la cohésion institutionnelle et les systèmes de protection sociale. Ainsi, une place de choix est ainsi accordée au renforcement du système de santé, à l’amélioration de la qualité du système éducatif ainsi qu’à la valorisation de la recherche scientifique et de l’innovation. Le Maroc a également relevé le pari de la durabilité en misant gros sur le développement des énergies renouvelables. L’ambition aujourd’hui est de tripler sa capacité installée en énergie éolienne et solaire, tout en cherchant à positionner le Maroc comme acteur clé du secteur de l’hydrogène vert. Un choix, qui selon, le chef de gouvernement, renforcera la souveraineté énergétique.
Parmi les priorités stratégiques du Royaume, on cite également la question du réchauffement climatique et son impact sur les ressources hydriques. Des projets innovants sont en cours de déploiement en partenariat avec le secteur privé notamment à l’instar des projets relatifs au dessalement de l’eau de mer ainsi que les autoroutes de raccordement des bassins hydrauliques dont la finalité est d’alimenter les zones qui connaissent une pénurie d’eau par les autres où la ressource est abondante. « Aggravation du réchauffement climatique, vagues pandémiques, conflits géopolitiques et renchérissement du coût de la vie au niveau mondial, autant d’enjeux dont la complexité met en exergue le rôle important de la coopération internationale», a souligné M. Akhannouch. Le chef de gouvernement a appelé dans ce sens les banques multilatérales de développement à accompagner les pays en développement pour relever les défis auxquels doit faire face l’économie mondiale et répondre à leurs besoins spécifiques. « Notre monde est de plus en plus vulnérable et nécessite le concours de tous pour surmonter ces crises de natures diverses. La tenue des Assemblées annuelles ici à Marrakech représente une opportunité précieuse d’établir des liens, partager des idées et collaborer pour des objectifs communs », a-t-il assuré. Se référant au chef de gouvernement, l’adaptation doit s’atteler à apporter davantage de souplesse dans l’aide accordée aux pays faisant face à différents types de crise, en matière de conseil et d’appui financier, de facilité d’urgence ainsi que l’accompagnement pour le rétablissement des équilibres macroéconomiques. Il est à rappeler que le FMI a accordé au Maroc un financement de l’ordre de 1,3 milliard de dollars en vue de renforcer sa résilience face aux catastrophes liées au climat, et ce par le biais du nouveau Fonds fiduciaire pour la résilience et la durabilité.
Le Maroc, un exemple de solidarité
Le séisme d’Al Haouz a été présent lors de cette séance inaugurale des travaux des Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI. Cet événement intervient en effet un mois, jour pour jour, après cette catastrophe naturelle qui a coûté la vie à près de 3.000 personnes. «Notre présence ici, aujourd’hui, témoigne de la forte résilience de notre pays face aux crises multiples : des mesures d’urgence, d’ordre logistique et humanitaire, ont été mises en place immédiatement après la survenue du séisme sous les Hautes directives de Sa Majesté le Roi », a rappelé M. Akhannouch. Réagissant à ce propos, Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), a salué la réactivité du Maroc face à ce choc. «Le Maroc nous a offert une belle leçon de solidarité. Beaucoup a été fait pour se relever rapidement de cette catastrophe » indique la responsable du FMI, faisant part de sa conviction que la reconstruction post-séisme insufflera une nouvelle dynamique à l’économie du pays. Un avis partagé par Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib.
« Une cellule d’évaluation du coût du tremblement de terre a été créée et œuvre en étroite collaboration avec celle du FMI sur cette question. Sur le plan des équilibres macroéconomiques, le Maroc dispose de marges de manœuvre intéressantes», indique le gouverneur de la Banque centrale, saluant à cette occasion la rapidité des mesures prises conformément aux Hautes orientations de SM le Roi Mohammed VI. En effet, toutes les composantes de la société marocaine (gouvernement, société civile et citoyens) se sont inscrites dans un élan de solidarité, sans précédent, pour venir en aide à la population sinistrée. Une mobilisation qui se poursuit dans le temps. Selon Abdellatif Jouahri, à ce jour, le Fonds de solidarité créé dans ce sens a collecté 12 milliards de dirhams de dons. Des contributions qui serviront à mettre en œuvre le plan d’urgence mis en place, sous Hautes orientations royales, pour assurer la reconstruction et le développement économique et social des zones impactées. Les contours de cette vision volontariste ont été étalés par Nadia Fettah. La ministre de l’économie et des finances a dans ce sens mis en avant le dispositif des 120 milliards de dirhams déterminé pour les cinq prochaines années en vue de reconstruire les zones sinistrées. Ce dispositif vise non seulement à reconstruire mais également à réhabiliter les infrastructures ainsi qu’à réduire les disparités et renforcer l’économie locale de la province d’Al Haouz.

Depuis 2021, le Maroc a ouvert un vaste chantier de développement au cœur duquel le capital humain est érigé en priorité. Dans ce sens, une série de réformes ont été lancées pour renforcer la cohésion institutionnelle et les systèmes de protection sociale. (Chafik Arich)
Tout savoir sur l’ouvrage
Publication. Le livre « Le Maroc en quête d’une croissance plus forte et plus inclusive « (Morocco’s quest for stronger and inclusive growth) a été conçu dans le cadre de l’opération «La route vers Marrakech 2023» (Road to Marrakech 2023). Il met en exergue les progrès économiques enregistrés par le Maroc au cours des dernières décennies. L’ouvrage discute des défis qui restent et du nouveau programme de réformes structurelles visant la transformation du modèle de développement du pays, en le rendant plus inclusif et davantage tiré par le secteur privé. Il jette aussi la lumière sur le programme de modernisation économique à venir dans le Royaume.
Le livre est scindé en quatre parties. La première porte sur les réformes passées et le programme de transformation au moment où la deuxième partie traite du renforcement de la résilience macroéconomique. Quant aux deux volets restants, ils sont intitulés respectivement «Pour une économie plus productive et diversifiée» et «Promouvoir l’inclusion». Notons que cet ouvrage est préfacé par le chef de gouvernement qui souligne dans ce contexte les réalisations déjà accomplies sous la conduite de SM le Roi Mohammed VI, sans méconnaître l’ampleur des défis restant à relever.

Selon la directrice générale du FMI, « un 21ème siècle prospère n’est possible qu’avec une Afrique prospère ». (D.R)
Le Royaume, la voix de l’Afrique
Perspectives. Pour Kristalina Georgieva, le Maroc, avec les avancées atteintes, amplifie la voix du continent africain. La directrice générale du FMI estime qu’ « un 21ème siècle prospère n’est possible qu’avec une Afrique prospère ». Même son de cloche pour Nadia Fettah qui souligne que la croissance mondiale dépend de la croissance de l’Afrique. « Nous nous considérons au Maroc comme un honest broker (courtier honnête) pour le continent africain.
Ces Assemblées sont un moment important pour examiner les besoins spécifiques de l’Afrique », peut-on relever de Nadia Fettah. Du côté du FMI, ces Assemblées ont pour vocation d’établir un focus sur les politiques à mettre en œuvre en cette période d’incertitudes. L’heure étant également de mobiliser davantage de ressources pour les économies émergentes et les pays à faible revenu. Ce rendez-vous est une occasion également d’examiner les moyens d’entretenir la solidarité entre les nations en vue de faire face aux défis qui s’imposent à l’heure actuelle.










