A propos de la durabilité de la couverture sociale, Mustapha Baitas met en avant «les moyens qui sont alloués pour les années à venir».
Au 4ème Forum pour l’investissement en Afrique, qui se poursuit jusqu’au 10 novembre à Marrakech, le débat a non seulement une portée économique mais aussi sociale. Un secteur abordé après une ouverture marquée par la lettre royale qui fixe des priorités entérinées par les hauts responsables d’Etats africains lors de cet événement initié par la BAD et d’autres. En voici un round-up.
«La couverture sociale doit être durable dans les années à venir». La perspective est lancée, mercredi en fin de journée, par Mustapha Baitas, porte-parole du gouvernement et ministre délégué chargé des relations avec le Parlement, lors de cet événement de haut niveau. L’occasion pour lui de mettre en avant le chantier de la protection sociale et son avancée.
De l’évolution du chantier
«Les allocations familiales, qui démarreront en fin décembre, ont une conception générale de la part du gouvernement via les lois et les allocations financières tout en se basant sur le Registre social unifié», détaille le responsable gouvernemental qui cite aussi la retraite et l’indemnité pour perte d’emploi. Ce gouvernement social est lancé par SM le Roi pour créer un écosystème social solide. «C’est un travail fait par le Souverain depuis une vingtaine d’années», remonte-t-il le temps. Il en résulte que tous les citoyens marocains ont, pour l’heure, une couverture sanitaire selon leur catégorie. Par la même occasion, il évoque la crise Covid et les victimes du séisme pour tirer des leçons en faveur de cet écosystème. «Nous devons conserver cette solidarité marocaine via les valeurs de mutualité sociale», commente-t-il. Et ce n’est pas tout ! A propos de la durabilité de la couverture sociale, le ministre met en avant «les moyens qui sont alloués pour les années à venir». Dans ce sens, il ressort le montant de 29 milliards DH pour les allocations familiales au titre de 2026. Pour la couverture sociale, c’est 10 milliards DH. «Aujourd’hui, les moyens financiers sont alloués. Aussi le chantier économique avance à pas sûrs», enchaîne-t-il en rappelant les moyens du pays pour faire face aux changements au niveau international dont celui climatique. Quant au Maroc, il est un Etat-Nation comme il l’évoque. «Ce sont des forces investies par le Royaume pour consolider l’exemple de valeurs pour être pionnier», poursuit-il en formulant des aspirations.
Des perspectives
A cet égard, celles-ci concernent «le complément de maillons de chaîne». Le premier étant fait pour la couverture, le deuxième est en cours concernant les allocations. Celui de la retraite viendra par la suite. Après quoi, ce sera l’indemnité. «Une politique sociale sera orientée pour la classe moyenne aussi», ajoute-t-il en tenant à «la durabilité». A propos des perspectives, il est question pour lui de la manière de «maîtriser le nombre des bénéficiaires de la couverture sanitaire». Cela en activant l’ascenseur social. L’objectif étant de créer une équité des chances. «Cela a des revenus économiques. C’est un chantier sur lequel nous comptons énormément pour traiter aussi des problèmes sociaux, économiques et culturels à la fois», affiche-t-il comme ambition.
Des regards étrangers
Egalement de la partie, Sayeeda Warsi, membre de la Chambre des Lords du Royaume-Uni, s’exprime à ALM sur l’expérience de son pays en «protection des personnes les plus vulnérables». Cela inclut, d’après elle, entre autres «les jeunes enfants, les enfants à l’école, les pauvres, les femmes et les personnes en situation de handicap». «Cela veut dire que ces individus qui trouvent des difficultés dans l’espace économique sont soutenus par l’Etat. Donc je pense qu’il y a des choses sur lesquelles nous avions raison et d’autres sur lesquelles nous avions tort. Cela veut dire que vous n’avez pas à commettre ces erreurs», explicite-t-elle en guise de partage. De son côté, Adeel Malik, professeur en développement économique à l’Université Oxford, révèle à ALM des formes de solidarité. «Plusieurs traditions familiales sont importantes, notamment en temps de chocs. Durant la Covid, ces traditions se sont soutenues. L’Etat peut créer des initiatives autour de cela comme «Zakat» (aumône), «Sadaka» (Charité) ou «Waqf». Ces institutions sont importantes parce que dans certaines régions dans les montagnes et le désert, des personnes doivent survivre via la solidarité. Il n’y a pas d’option pour elles. De telles initiatives créeront sûrement un nouveau modèle pour le Maroc», conclut-il en marge de cette première journée du forum marqué par la participation de plusieurs responsables africains et marocains pour débattre de la transformation du continent et ses défis, ainsi que des efforts à fournir à cet effet. L’occasion pour différents pays comme la Tanzanie de révéler leur expérience. Il y était question entre autres d’industrialisation, de zones agro-industrielles, voire d’hydrocarbures en présence d’éminents responsables marocains. Cet événement était aussi l’occasion pour la RAM et l’AMDIE de révéler leur évolution et leurs visions. Et c’est la ministre de l’économie et des finances, Nadia Fettah, qui clôturera ce vendredi l’événement qui s’attaque à d’autres sujets comme l’innovation, le sport et les industries créatives.










