En plus de ses réserves en phosphates, le Maroc dispose de grandes ressources minières dont le cobalt, le cuivre et bientôt du lithium.
Ambitions : Les ressources minières sont passibles d’être un levier stratégique de développement durable et de création d’emplois. Le Maroc ne compte plus se limiter à l’exportation de matières premières brutes, mais investir massivement dans leur transformation pour renforcer la souveraineté industrielle et stimuler la croissance économique régionale.
Pour réaliser ces ambitions, il faut deux leviers essentiels : des investissements industriels soutenus et une coopération technologique approfondie comme on peut lire dans un rapport récent de l’Africa Policy Research Institute sur les minéraux de transition au Maroc. C’est une dynamique qui s’inscrit dans le cadre du Plan Maroc Mines et de la Stratégie minière nationale 2021-2030, dont le but est de doubler la contribution du secteur au PIB d’ici 2030, d’accroître la création d’emplois et de faire passer le Maroc du statut d’exportateur de matières premières à celui de transformateur et fabricant. Aujourd’hui, le secteur minier représente environ 10% du PIB, pèse pour 26% dans les exportations et emploie plus de 40.000 personnes. Les piliers de cette stratégie incluent la modernisation de la cartographie géologique, le renforcement des incitations à l’exploration et la mise à jour du cadre réglementaire pour améliorer la confiance des investisseurs et la transparence des opérations. La réforme de la loi 33-13 projet de loi n°46-20, afin de renforcer la gouvernance et favoriser l’investissement.
Parmi les principales mesures on trouve la création d’un registre national cadastral numérique, la numérisation de la gestion des titres miniers, le durcissement des sanctions contre l’exploitation illégale et l’intégration de technologies numériques pour une exploitation minière plus efficace et respectueuse de l’environnement. Ces réformes visent également à promouvoir la valorisation des ressources humaines locales et le recours à la sous-traitance nationale. Dans le domaine industriel, le Maroc multiplie les initiatives pour intégrer davantage la chaîne de valeur des minéraux critiques. L’accent est mis sur le phosphate, le cobalt et les batteries pour véhicules électriques, avec la mise en place de giga factories soutenues par un accès national aux énergies renouvelables et des corridors logistiques stratégiques, tels que le port de Tanger-Med.
Des partenariats internationaux sont déjà en place: la coentreprise de CNGR Advanced Material avec Al Mada à Jorf Lasfar pour la production de matériaux de batterie, l’usine de cathodes de BTR New Material Group à Tanger Tech, ou encore les projets de China Nonferrous Metal Mining Group (CNMC) et de China Machinery Engineering Corporation (CMEC) pour accroître la production de minéraux critiques et développer le raffinage local. Ces initiatives apportent à la fois capital et expertise technique, consolidant la capacité industrielle du Royaume.
En plus de ses réserves en phosphates, le Maroc dispose aussi de grandes ressources minières
Le secteur des batteries constitue un axe prioritaire, avec un potentiel d’investissement de 400 milliards de dirhams d’ici 2030. Trois facteurs principaux attirent les investisseurs: la disponibilité des minéraux critiques, la compétitivité du Maroc et sa proximité du marché européen, où les véhicules thermiques seront interdits à partir de 2035. Sa compétitivité dans la production de batteries au lithium permet de proposer un prix unitaire inférieur de 35 % par rapport à la moyenne mondiale. Cette position stratégique a été confirmée par l’étude sur l’intégration des chaînes de valeur africaines menée par la CGEM avec le soutien de la BAD. Le ministère de l’industrie et du commerce compte exploiter cet avantage pour attirer de nouveaux investissements et consolider la place du Maroc dans l’industrie mondiale des minéraux et des batteries. Par ailleurs il convient de souligner qu’en plus de ses réserves en phosphates, le Maroc dispose de grandes ressources minières dont le cobalt, le cuivre et bientôt du lithium.

D’ailleurs, l’Onhym a conclu il y a quelques mois trois conventions de recherche portant sur l’exploration des potentialités en lithium. On sait également qu’une unité de production de graphite, un minerai important pour les batteries de lithium a été lancée en 2025. Les spécialistes confirment que les avancées de l’industrie marocaine s’inscrivent dans une dynamique globale où le développement économique va de pair avec les impératifs de durabilité. Aujourd’hui plus que jamais, la transition énergétique s’impose comme une priorité mondiale qui redéfinit les contours de nos industries, notamment l’industrie minière.
Le Maroc voit loin, il compte doubler les revenus miniers hors phosphate de 2020 pour les porter à plus de 1,7 milliard de dollars d’ici 2030. Parmi les ambitions: un centre de production et de traitement mondial des minéraux pour batteries, puisque des géants de l’industrie des batteries ont annoncé la création de grandes usines de batteries pour véhicules électriques au Maroc. Notre pays est le neuvième plus grand producteur de cobalt au monde, avec une production de 2.000 tonnes par an, et envisage d’exploiter ses réserves de cobalt pour alimenter la chaîne d’approvisionnement des batteries rechargeables.
Le ministère de tutelle insiste également sur la durabilité. Et le Royaume dispose de tous les atouts pour devenir un modèle non seulement en Afrique, mais aussi à l’échelle mondiale. Pour les responsables marocains, l’Afrique se doit de gérer ses ressources africaines de manière durable, tout en renforçant la souveraineté des pays du continent. Il va de soi que l’économie de l’Afrique est liée à ses mines et à leur exploitation. Si le continent africain détient de grandes ressources à quelques exceptions près, ses populations n’en profitent pas. Au point que des pays africains dotés des plus grandes ressources et réserves sont classés parmi les pays les plus pauvres du monde.










