Avec 318.000 postes créés au deuxième trimestre 2021 : Le marché de l’emploi sauvé par l’agriculture

Avec 318.000 postes créés au deuxième trimestre 2021  : Le marché de l’emploi sauvé par l’agriculture

La reprise est à l’œuvre au Maroc et plus vite que prévu. Au deuxième trimestre de 2021, l’économie marocaine a, en effet, créé 405.000 emplois.

Au regard des derniers indicateurs du HCP, cette évolution résulte de la création de 414.000 postes dans le monde rural et la perte de 9.000 emplois dans le milieu urbain contre une perte, rappelons-le, de 589.000 à la même période de l’année passée. Par secteur, l’agriculture sauve la mise en générant 318.000 emplois au deuxième trimestre 2021. Par ailleurs, la situation du marché du travail a été marquée par la hausse du taux d’activité alors que le taux de chômage maintient sa tendance haussière. Les détails.

Retour à la même dynamique d’avant pandémie

Au titre du deuxième trimestre de 2021, le taux de la population active enregistre une hausse de 4%. Le taux d’activité est passé de 44,8% à 46,1% entre le deuxième trimestre de 2020 et le deuxième trimestre 2021. «Avec cette augmentation, le taux d’activité a atteint un niveau similaire à celui enregistré avant la pandémie (45,8% en deuxième trimestre de 2019)», indiquent les experts du Haut-Commissariat au Plan. Du côté du taux d’emploi, il est passé de 39,3% à 40,2%, au niveau national. En milieu rural, il atteint 50,4% au deuxième trimestre 2021 contre 46% à la même période de l’année passée. En revanche, ce taux est en baisse dans le milieu urbain passant de 35,6% à 34,9% entre les deux périodes. Par genre, le taux d’emploi s’élève à 62,2% chez les hommes au deuxième trimestre 2021 contre 61,8% au deuxième trimestre 2020. Il est passé de 17,5% à 18,9% parmi les femmes sur les deux périodes. Néanmoins, le taux d’emploi reste inférieur au niveau enregistré avant la pandémie (soit 42,1% au deuxième trimestre de 2019). Pour ce qui est de l’emploi rémunéré, il a enregistré un effectif de 215.000 postes créés au niveau national , attribué à la création de 218.000 en milieu rural et d’une perte de 3.000 postes en milieu urbain. Par ailleurs, l’emploi non rémunéré s’est consolidé de 190.000 nouveaux postes en raison de la création 195.000 dans le milieu rural et d’une perte de 6.000 emplois en milieu urbain.

Milieu rural : Plus de 70% des actifs occupés travaillent dans le secteur agricole

Au deuxième trimestre 2021, le nombre des actifs occupés atteint 10.892.000. Le secteur des « services » en détient une quote-part de 45,2% suivi de l’« agriculture, forêt et pêche» (33,1%), de l’industrie y compris l’artisanat (11,1%) et du «BTP» (10,5%). Il en ressort que près de 7 actifs occupés ruraux sur 10 (70,7%) travaillent dans le secteur de l’agriculture, forêts et pêche, et près de deux tiers des actifs occupés citadins (66,6%) travaillent dans le secteur des services. En termes de création d’emplois, le secteur de l’industrie, y compris l’artisanat a perdu 53.000 postes d’emploi, contre une perte de 69.000 l’année dernière. Pour ce secteur, la création annuelle moyenne est de 32.000 postes entre les deuxièmes trimestres des trois années pré-pandémie. Pour sa part, le secteur des «services» a enregistré 40.000 nouveaux postes d’emploi, contre 30.000 perdus durant la même période de l’année dernière. Ce secteur a connu une création annuelle moyenne de 149.000 postes entre les deuxièmes trimestres des trois années pré-pandémie. Le BTP a, quant, à lui créé 108.000 emplois, contre une perte 9.000 postes au cours de la même période de l’année dernière. Il a enregistré une perte annuelle moyenne de 27.000 postes entre les deuxièmes trimestres des trois années précédant la pandémie.

Hausse de 12,8% du taux de chômage

«Le nombre de chômeurs a augmenté de 128.000 personnes entre le deuxième trimestre de l’année 2020 et celui de 2021, passant de 1.477.000 chômeurs à 1.605.000, ce qui correspond à une augmentation de 9%», relève le HCP dans sa note indiquant que cette hausse résulte d’une baisse de 100.000 chômeurs en milieu rural et d’une augmentation de 228.000 en milieu urbain. Ainsi, le taux de chômage a maintenu sa tendance haussière enregistrée pendant la même période de l’année précédente. Entre les deuxièmes trimestres de 2020 et de 2021, il est passé de 12,3% à 12,8% au niveau national enregistrant une forte hausse en milieu urbain avec 18,2% au deuxième trimestre 2021 contre 15,6 % à la même période de l’année passée. Il est en baisse en milieu rural passant de 7,2% à 4,8%. A ce stade, ce taux est en légère hausse parmi les hommes enregistrant 11,9% contre 11,3% au deuxième trimestre 2020. Il est également en croissance modérée chez les femmes puisqu’il est passé de 15,6% à 15,9% entre les deux périodes. En revanche, le taux de chômage est en recul chez les jeunes (de 15 à 24 ans), soit 30,8% au deuxième trimestre 2021 contre 33,4%. Pour ce qui est des diplômés, ce taux est en hausse atteignant 20,4% contre 18,2% entre les deuxièmes trimestres de 2020 et de 2021. «Ce sont les diplômés de niveau supérieur qui ont enregistré la hausse la plus importante de 3 points, avec un taux passant de 22,3% à 25,3%. Le taux de chômage des diplômés de niveau moyen a , de son côté, augmenté de 1,8 point pour atteindre 17,6%», rapporte la même source. Par ailleurs, on notera que le volume des actifs occupés en situation de sous-emploi est en retrait de 360.000 au niveau national, entre les deux périodes. Il est de 999.000 personnes au deuxième trimestre de 2021 contre 1.359.000 au deuxième trimestre 2020. De ce fait, le taux de sous-emploi est ainsi passé de 13% à 9,2% au niveau national, de 12,2% à 8,9% en milieu urbain et de 14,1% à 9,5% en milieu rural.

Cinq régions concentrent plus de 72% des actifs

72,1% de l’ensemble des actifs sont concentrés dans cinq régions. En première place, on retrouve Casablanca-Settat avec 21,8% d’actifs âgés de 15 ans et plus, suivie de Marrakech-Safi (13,7%), de Rabat-Salé-Kénitra (13,4%), de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (11,9%) et de Fès-Meknès (11,2%). Il s’avère aussi que quatre régions affichent des taux d’activité plus élevés que la moyenne nationale (46,1%), à savoir : Tanger-Tétouan-Al Hoceima (52,0%), Marrakech-Safi (48,8%), Casablanca-Settat avec 47,9% et Drâa-Tafilalet (46,6%). En revanche, les taux les plus bas sont enregistrés dans les régions de l’Oriental (43,3%), Fès-Meknès (42,3%) et de Souss-Massa (42,0%). Parallèlement, environ trois quarts des chômeurs (71,3%) se trouvent dans cinq régions. Ainsi Casablanca-Settat est en première place avec 27,3% de chômeurs, suivie de Fès-Meknès (12,9%), de Rabat-Salé-Kénitra (12,3%), de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (9,5%) et de l’Oriental (9,4%). On notera par ailleurs que les taux de chômage les plus élevés sont observés dans les régions du Sud (20,8%) et de l’Oriental (18,4%). «Avec moins d’acuité, deux autres régions dépassent la moyenne nationale (12,8%) à savoir Casablanca-Settat (16,1%) et Fès-Meknès (14,8%). En revanche, les régions de Drâa-Tafilalet, de Marrakech-Safi, et de Béni Mellal- Khénifra enregistrent les taux les plus bas avec respectivement 8,5%, 8,7% et 9,7%», conclut la même source.

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