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Avec un taux de 6,7% en 2021, la croissance au rendez-vous

Avec un taux de 6,7% en 2021, la croissance au rendez-vous

Bank Al-Maghrib garde son taux directeur inchangé à 1,5%

«L’activité économique a connu globalement une nette reprise cette année, favorisée par les avancées notables de la campagne de vaccination et le maintien des stimulus budgétaire et monétaire». Un constat fait par Bank Al-Maghrib (BAM) lors de la dernière réunion de son Conseil au titre de l’année 2021. La banque centrale indique dans ce sens que les progrès précités, conjugués au bon déroulement de la campagne agricole, vont faire enregistrer à l’économie un rebond de 6,7% cette année, avec des hausses de 18,8% de la valeur ajoutée agricole et de 5,3% de celle des activités non agricoles. Toutefois, les nouvelles vagues de la pandémie dans plusieurs pays partenaires et les restrictions que les autorités nationales ont été amenées à mettre en place renforcent les incertitudes qui entourent les perspectives économiques.

Ainsi, le rythme de l’activité au titre des deux prochaines années restera largement tributaire de l’évolution de la situation sanitaire aux plans national et international et des restrictions que les autorités seraient amenées à mettre en place. A cet égard, la banque centrale table, dans le scénario central, sur une consolidation de la croissance à 2,9% en 2022 et à 3,4% en 2023. «La valeur ajoutée des activités non agricoles poursuivrait son amélioration aux rythmes de 3,2% en 2022 et de 3,4% en 2023 et, sous l’hypothèse de récoltes céréalières moyennes de 75 millions de quintaux annuellement, celle du secteur agricole reculerait de 2,8% en 2022 et progresserait de 2% en 2023», peut-on lire du communiqué de Bank Al-Maghrib diffusé en marge de son Conseil tenu mardi 21 décembre 2021. Sur la base de l’ensemble des analyses établies lors de cette réunion, le Conseil de Bank Al- Maghrib a estimé que l’orientation de la politique monétaire reste largement accommodante, assurant les conditions de financement adéquates. A cet égard, le Conseil a jugé en particulier que le niveau actuel du taux directeur demeure approprié décidant ainsi de le maintenir inchangé à 1,50%. Retour sur les principaux constats et projections de Bank Al-Maghrib

Un taux d’inflation de 1,4% en 2021

S’agissant des prix à la consommation, la banque centrale indique que les données disponibles font ressortir des hausses sensibles ces derniers mois. Une évolution qui, selon BAM, résulte essentiellement des pressions externes liées à la flambée de leurs cours sur les marchés internationaux. Ceci s’est traduit par une accélération de la composante sous-jacente de l’inflation passant de 0,7% en moyenne au cours du premier semestre à 2% au troisième trimestre et à 3,3% en novembre. Selon les projections établies par la banque centrale, la composante sous-jacente de l’inflation devrait ressortir à 1,7% en 2021 et se situer à 2,7% en 2022 avant de revenir à 1,8% en 2023 avec la dissipation prévue des pressions externes. Malgré ce net accroissement, l’inflation devrait rester, selon Bank Al-Maghrib, à des niveaux contenus, passant en moyenne de 0,7% en 2020 à 1,4% en 2021, à 2,1% en 2022, puis reculer à 1,4% en 2023.

Le déficit du compte courant poursuit son creusement

S’agissant des comptes extérieurs, le déficit du compte courant ressortirait en creusement passant de 1,5% à 2,5% cette année. Il devrait par ailleurs atteindre les 5,3% du PIB en 2022 avant de s’alléger à 4,9% en 2023. Plusieurs éléments entrent en jeu. On cite en premier l’expansion des exportations qui devraient marquer une hausse de 21,7% en 2021. Une dynamique qui devrait se poursuivre en 2022, suite à l’augmentation prévue des ventes de la construction automobile, avant de s’estomper en 2023, avec le repli des cours des engrais phosphatés. Pour leur part, les importations devraient croître de 22,9% en 2021, avant de ralentir graduellement en lien avec le recul des cours des produits énergétiques. Quant aux recettes voyages, la banque centrale estime qu’elles continueraient de pâtir des restrictions sanitaires avec une nouvelle baisse de 9,2%, à 33,1 milliards de dirhams. «Leur évolution dépendrait largement des développements de la situation sanitaire et devraient se situer, dans le scénario central, à 43,4 milliards en 2022 et à 70,9 milliards en 2023», explique Bank Al-Maghrib. Pour ce qui est des transferts des MRE, ils marqueraient un rebond de 38,9% pour atteindre un montant record de près de 95 milliards de dirhams au titre de l’année 2021. Par ailleurs, ils reviendraient progressivement à des niveaux en ligne avec leur rythme tendanciel d’avant-crise, enregistrant une contraction de 23,2%, à 72,8 milliards de dirhams en 2022 et de 1,9% en 2023, à 71,4 milliards de dirhams.

La part des IDE en redressement

S’agissant des opérations financières, les recettes des investissements directs étrangers (IDE) devraient se situer à l’équivalent de 2,5% du PIB en 2021. Elles grimperaient à 3% du PIB en 2022 pour atteindre les 3,5% du PIB en 2023. Tenant compte notamment des projections du financement extérieur du Trésor, Bank Al-Maghrib estime que les avoirs officiels de réserve se situeraient à 330,4 milliards de dirhams à fin 2021. Ils se situeraient en 2022 autour de 341,6 milliards et atteindraient en 2023 les 345,7 milliards, assurant ainsi une couverture de plus de 6 mois et 20 jours d’importations de biens et services. Pour ce qui est du taux débiteur moyen global, BAM affirme qu’il s’est quasiment stabilisé à 4,35% au troisième trimestre, avec une hausse trimestrielle de 13 points pour les prêts aux entreprises et une stabilité pour ceux aux particuliers. La banque centrale anticipe par ailleurs un allégement du besoin de liquidité des banques et ce sous l’effet du renforcement des réserves de change. Il devrait ainsi se situer autour 64,4 milliards de dirhams à fin 2021, avant de se creuser à 70 milliards à fin 2022 et à 83,6 milliards à fin 2023.

Une atténuation du déficit budgétaire prévue dès 2022

S’agissant des finances publiques, le déficit budgétaire, hors produits de cessions des participations de l’État, atteindrait sur l’ensemble de cette année 6,9% du PIB, avant de s’atténuer à 6,3% en 2022 puis à 5,8% en 2023. Une prévision qui tient compte des évolutions constatées, des données de la loi de Finances 2022 ainsi que des prévisions de croissance économique. Notons qu’à un mois de la clôture de l’exercice budgétaire de 2021, la situation des charges et ressources du Trésor fait ressortir un déficit global, hors produit de cessions des participations de l’État, de 68,8 milliards de dirhams, en creusement de 9 milliards d’une année à l’autre. Les recettes ordinaires se sont améliorées de 11,1%, tirées par l’accroissement des rentrées fiscales. En parallèle, les dépenses globales se sont alourdies de 9,3%, en lien notamment avec les augmentations des dépenses de biens et services, de la charge de compensation et des transferts aux collectivités territoriales.

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