Aviculture face à la Covid : Quel impact ?

Aviculture face à la Covid : Quel impact ?

Durement touché par la baisse de la demande engendrée par les mesures d’urgence sanitaire

«L’immunité de l’aviculture face aux aléas conjoncturels est forte. La filière s’est toujours montrée résiliente face aux chocs externes. Changement climatique, grippe aviaire faiblement pathogène à H9N2 en 2016-2017 et tout récemment la Covid…. Autant de crises qui sont venues challenger le secteur. Ces crises fortement destructrices auraient pu provoquer un effondrement du secteur. La continuité de ce dernier est en partie le fait des efforts de réhabilitation et de remise à niveau du secteur par la mise à niveau technologique de son environnement ainsi que le relèvement du niveau technique des ressources humaines du secteur, mais malheureusement aussi au prix d’un endettement qui se creuse encore plus pour les éleveurs», peut-on relever de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole au Maroc (FISA). En termes d’impact, la crise sanitaire a eu de fortes répercussions sur le secteur avicole national.

Il a été en effet durement touché par la baisse de la demande engendrée par les mesures d’urgence sanitaire mises en place par l’Etat pour lutter contre la pandémie. Face à cette situation, les professionnels se sont trouvés confrontés à une abondance de l’offre au moment où les canaux de commercialisation se réduisaient davantage dans le cadre des circonstances difficiles que traverse le pays. «La souffrance des professionnels de ce secteur s’est en effet aggravée avec l’instauration de mesures restrictives décidées par les pouvoirs publics pour enrayer la propagation de la pandémie, qui a atteint son paroxysme le 20 mars 2020, avec notamment la fermeture des hôtels, des restaurants, des réfectoires et cantines, des salles de fêtes, l’annulation d’événements, le confinement obligatoire des ménages à domicile, la restriction de la circulation des personnes et la fermeture des souks hebdomadaires dans les différentes villes du Royaume», commente la FISA dans ce sens.

 

Aux premières semaines du déclenchement de la crise sanitaire, la demande sur les produits avicoles a fléchi de 40%, induisant ainsi une forte perturbation du marché. Ceci s’est traduit par une forte baisse des prix de vente du poulet de chair à la ferme. Les cours sont passés de 11,50-12 dirhams à 5,50-7 dirhams le kilo vif. «Les pertes occasionnées pour ce secteur sont évaluées à plus de 4 milliards de dirhams, dont une grande partie a été assumée par les éleveurs qui, pour nombreux d’entre eux, ont été contraints de réduire leurs productions et d’autres à définitivement cesser leur activité, ce qui s’est souvent traduit par des faillites personnelles, surtout que ces éleveurs de volailles ont été exclus du dispositif de soutien de la CNSS et que la plupart d’entre eux n’ont pas pu bénéficier des dispositifs Damane Oxygène et Damane Relance», apprend-on de l’interprofession.

Malgré cette situation inédite, le secteur a maintenu son activité à un rythme régulier et ce depuis le début de la crise sanitaire. Les professionnels se sont engagés à veiller à garantir un approvisionnement normal et régulier du marché en viandes de volailles et en œufs de consommation et ce en dépit de la complexité du contexte. Encadrés par la FISA, l’ensemble des aviculteurs a continué à exercer ses activités le plus normalement possible et à respecter les mesures sanitaires en vigueur, tout en faisant preuve d’unité et de solidarité afin de soutenir l’économie et l’emploi au niveau national. Dans une optique de veille et d’accompagnement, la FISA et ses associations membres ont adopté une stratégie de communication bien établie avec les professionnels et l’opinion publique à travers les médias. Cette stratégie a eu un impact important sur la mise en exergue des effets négatifs de la pandémie ainsi que sur l’accompagnement et l’orientation des professionnels, via les notes d’information et les communiqués, à même de leur fournir des données précises sur la situation du secteur pour les aider à prendre des décisions de nature à réduire les pertes qu’ils ont subies.

Il est à noter que le secteur avicole est le seul secteur économique à décrocher une détente de la pression fiscale en 2020.
Malgré sa résilience, le secteur fait toujours face à des défis importants, notamment au niveau de la nécessité d’une réorganisation de ses structures de production vers des formes de groupements susceptibles de mieux organiser la production et surtout de mieux maîtriser la commercialisation des produits. Le contrat-programme avicole 2021-2030, en cours de préparation dans le cadre de la nouvelle stratégie du développement de l’agriculture du gouvernement «Génération Green 2021- 2030», sera le cadre idoine pour aider à l’atteinte de ces objectifs.

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