BAM le confirme dans sa note de conjoncture : L’agriculture sauve la mise

BAM le confirme dans sa note de conjoncture : L’agriculture sauve la mise

Le cumul pluviométrique de la campagne actuelle «s’est en effet élevé, au 20 mars 2021, à 272,4 mm, en hausse de 23,6 % par rapport à la moyenne des cinq dernières saisons, et le taux de remplissage des barrages à usage agricole s’est établi à 49,4% au 31 mars 2021 contre 46,4% un an auparavant».

«La poursuite des stimulus budgétaire et monétaire, conjuguée au lancement des campagnes de vaccination, quoiqu’à un rythme différencié d’un pays à l’autre, a contribué à amortir les conséquences de la crise sanitaire vers la fin de 2020», c’est en ces termes que Bank Al Maghrib débute sa note de conjoncture au titre du mois d’avril. La banque centrale dresse un panorama international et national de l’activité économique. Après 14 mois du déclanchement de la crise sanitaire, des lueurs d’espoir se profilent à l’horizon.
Au Maroc, cette dynamique est tirée par une campagne de vaccination jusque-là réussie ainsi que de bonnes conditions climatiques augurant un renforcement de la valeur ajoutée agricole. En effet, la campagne agricole 2020-2021 se déroule dans ces conditions favorables. En témoigne le niveau abondant des précipitations après une forte année de sécheresse. Le volume pluviométrique a été durant le premier trimestre régulier et réparti au niveau régional, chose qui, selon Bank Al-Maghrib, «a permis d’absorber le déficit pluviométrique observé à fin décembre et de favoriser le développement des cultures, le maintien du potentiel de la production céréalière et l’amélioration du couvert végétal». Selon les indicateurs dévoilés par la banque centrale, le cumul pluviométrique de la campagne actuelle «s’est en effet élevé, au 20 mars 2021, à 272,4 mm, en hausse de 23,6% par rapport à la moyenne des cinq dernières saisons, et le taux de remplissage des barrages à usage agricole s’est établi à 49,4% au 31 mars 2021 contre 46,4% un an auparavant». De même, la situation du couvert végétal au 31 mars se veut supérieure de 12,2 % comparé à la moyenne des cinq dernières années.

La valeur ajoutée industrielle se rétablit

Bank Al Maghrib observe par ailleurs, dans sa note de conjoncture, une atténuation de la baisse de la valeur ajoutée industrielle. Se référant à la situation du secteur au quatrième trimestre 2020, la baisse de la valeur ajoutée du secteur industriel est revenue à -1,6% contre -2,6% trois mois auparavant. Ceci résulte à la fois de la hausse de 2,6% de l’activité dans l’industrie alimentaire et tabac et de 9,6% dans l’industrie chimique et parachimique. Une reprise qui s’est confirmée au premier trimestre 2021.
Les résultats de l’enquête mensuelle de conjoncture de Bank Al Maghrib ont confirmé une nouvelle progression du taux d’utilisation des capacités à 71,5% en janvier et février. Les perspectives portent par ailleurs sur un léger redressement au premier trimestre de la valeur ajoutée du secteur des BTP. Cette projection est animée par la hausse de 3,9% des ventes de ciment. En revanche, la valeur ajoutée de la branche « électricité et eau » devrait poursuivre son trend baissier au titre des trois premiers mois de l’année notamment après le fléchissement en janvier et février de la production de l’électricité après une stabilité une année plus tôt. Le repli relevé dans ce sens est de 2,5 %. En parallèle, la valeur ajoutée des industries extractives s’est inscrite en accélération au quatrième trimestre de l’année affichant une progression de 8,9% à fin décembre contre 3% atteinte à la même période de l’année passée. Cet accroissement devrait, selon la banque centrale, se confirmer au premier trimestre de l’année en cours, reflétant la progression à fin février de 5,7% de la production marchande de phosphate.
Hôtels, restaurant et transport continueront de souffrir

Face à ces évolutions différenciées, deux branches peinent toujours à retrouver l’équilibre. Citons en premier les «hôtels et restaurant» dont la valeur ajoutée a enregistré une contraction de 57,1% au quatrième trimestre contre 65,2 % un trimestre auparavant. Cette contre-performance «tient compte du maintien des restrictions imposées sur le trafic aérien et maritime de passagers», relève-t-on de Bank Al Maghrib. Dans l’ensemble on note un repli de 79,8% des arrivées touristiques, dont une baisse de 92% pour les touristes étrangers et de 59% pour les Marocains du monde. Les nuitées ont chuté pour leur part de 82,6%, soit une baisse de 94% pour les non-résidents et de 52,3% pour les résidents. Pour ce qui est des services de transport, Bank Al Maghrib observe une atténuation de la baisse de leur valeur ajoutée au quatrième trimestre revenant à -18,6 % à fin décembre contre -32,8 % à fin septembre 2020. Une décadence qui devrait se poursuivre au titre des trois premiers mois de l’année 2021 du fait du prolongement de l’état d’urgence sanitaire et des restrictions de déplacements. Notons qu’à fin février le trafic aérien a baissé de 73,2 % au moment où celui des marchandises a fléchi de 8,6 % (hors Tanger-Med).

Le besoin en liquidité bancaire atténué

Sur le plan monétaire, le besoin de liquidité des banques s’est légèrement déprécié. Il s’est situé en mars à 61,2 milliards de dirhams en moyenne hebdomadaire contre 63,3 milliards de dirhams en février. Selon Bank Al Maghrib, cette atténuation est expliquée par le reflux de la monnaie fiduciaire. «Dans ce contexte, les injections de liquidité de la banque ont porté sur un montant total de 72,2 milliards, incluant 27,4 milliards à travers les avances à 7 jours, 15,7 milliards sous forme d’opérations de pension livrée, 27,9 milliards pour les prêts garantis et 1,2 milliard de dirhams au titre des opérations de swap de change», peut-on lire de la note de conjoncture de la Banque centrale. Et de conclure que «dans ces conditions, le taux interbancaire s’est établi à 1,50 % en moyenne».

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *