Bancassurance : Une activité plutôt stable malgré la conjoncture

Bancassurance : Une activité plutôt stable malgré la conjoncture

Se référant au rapport 2020 du secteur des assurances

La contraction conséquente du résultat net conjuguée à l’appréciation du niveau des capitaux propres a impacté, à la baisse, le rendement des fonds propres (ROE) des entreprises d’assurances et de réassurance. Celui-ci passe de 9,6% en 2019 à 7,5% en 2020.

L’activité de la bancassurance a affiché au titre de l’année 2020 une légère augmentation. C’est ce que l’on peut relever du rapport 2020 du secteur des assurances publié récemment par l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS). La stabilité de l’activité bancassurance reflète aussi bien l’impact du contexte économique difficile que celui de la crise sanitaire. Ainsi, le volume des primes d’assurances drainé par le réseau des banques, des sociétés de financement et des associations de micro-crédit s’établit à 13,75 milliards de dirhams contre 13,69 milliards en 2019, marquant une hausse de 0,4%.

Dans les détails, les assurances vie et capitalisation ont continué de dominer l’activité bancassurance. La production a atteint dans ce sens une valeur de 13,1 milliards de dirhams captant 95,3% de la collecte à ce niveau. Il ressort par ailleurs que le secteur bancaire demeure plus dynamique dans la distribution des produits d’assurances. Il concentre à lui seul 99,7% de l’apport en bancassurance générant ainsi 13,7 milliards des primes. Parmi les constats établis dans le cadre de ce rapport, on relève également la résistance du réseau de distribution traditionnel face à la conjoncture économique défavorable ayant plombé l’exercice 2020. Le chiffre d’affaires de ce réseau s’est inscrit en hausse de 1%, soit 32,2 milliards de dirhams. «Cette légère croissance a profité davantage aux courtiers et bureaux de gestion directe qui voient leur production croître respectivement à 15,2 milliards de dirhams (+1,4%) et 6,1 milliards de dirhams (+8,2%) au moment où celle des agents accuse une baisse de 3,1%, à 10,8 milliards de dirhams», peut-on lire dans ce sens.

La rentabilité au rendez-vous

En termes de rentabilité, il ressort que les fonds propres ont progressé de 4,9% à fin 2020, s’établissant à 43,3 milliards de dirhams. Par ailleurs, le résultat net s’est inscrit en baisse de 18,7%, revenant à 3,2 milliards de dirhams. «Cette baisse est la conséquence directe du repli des produits nets de placements, qui ont diminué de 21,7%, soit une perte de 1,8 milliard de dirhams par rapport à 2019», peut-on relever du rapport. Il est à préciser que ce repli est «toutefois atténué par l’amélioration de 208,6% de la marge d’exploitation des assureurs directs (1,9 milliard de dirhams). Se référant audit rapport, cette évolution peut être attribuée à la baisse des charges de prestations non-vie, suite au recul de la charge de sinistres au niveau de la catégorie «Automobile».

Le deuxième facteur cité est la croissance des primes acquises non-vie, favorisée notamment par l’apport de la garantie contre les conséquences d’événements catastrophiques». La contraction conséquente du résultat net conjuguée à l’appréciation du niveau des capitaux propres a impacté, à la baisse, le rendement des fonds propres (ROE) des entreprises d’assurances et de réassurance. Celui-ci passe de 9,6% en 2019 à 7,5% en 2020, peut-on retenir du rapport du secteur des assurances. Pour ce qui est de la solvabilité, le secteur des assurances et de réassurance a affiché une marge globale supérieure au minimum réglementaire requis. «Néanmoins, la diminution des plus-values latentes et la baisse du résultat net ont pesé sur le niveau de cette marge qui a chuté à 355,7% contre 396,9% en 2019» , explique l’Acaps dans son rapport. Et de préciser que «ce niveau de marge demeure plus élevé pour les assureurs directs (369,3%) comparé aux réassureurs exclusifs (250,4%)». A souligner que le secteur des assurance a affiché en 2020 un taux de couverture de provisions techniques par les actifs représentatifs au-dessus de 100%. Ce dernier s’est établi à 102,4% avec un taux de couverture des réassureurs exclusifs (104,1%) plus élevé que celui des assureurs directs (102,2%).

Un chiffre d’affaires de 45 milliards de dirhams en 2020

En 2020, le secteur des assurances a réalisé un chiffre d’affaires (primes émises hors acceptations) de 45,1 milliards de dirhams, en hausse de 1% comparé à un exercice plus tôt. Une croissance qui masque des évolutions contrastées entre l’assurance vie et l’assurance non-vie. «Après plusieurs années de croissance soutenue, l’assurance vie marque un répit et enregistre une légère baisse de 0,3%, à 20,4 milliards. A contrario, l’assurance non-vie maintient une progression de 2,2% avec des primes émises de 24,7 milliards de dirhams, profitant de l’entrée en vigueur en 2020 de la garantie obligatoire contre les conséquences d’événements catastrophiques», explique le rapport dans ce sens.

S’agissant de la sinistralité, elle a affiché une légère amélioration en 2020 au moment où les prestations payées aux assurés ont diminué de 3,4%. Cette baisse est toutefois affichée par l’activité non-vie dont les prestations payées accusent un repli de 6,6% au moment où les prestations payées en assurance vie augmentent légèrement de 0,4%. Le secteur a vu en 2020 ses provisions techniques grimper de 6,7% atteignant ainsi les 170,7 milliards de dirhams. Une hausse qui reste plus marquée en assurance vie (+9%) qu’en non vie (+3,6%).

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