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Bank Al-Maghrib : Le taux directeur passe à 2%

Bank Al-Maghrib : Le taux directeur passe à 2%

Il a été relevé de 50 points de base

En 2023, la croissance économique devrait s’accélérer à 3,6% en lien avec la hausse prévue de 11,9% de la valeur ajoutée agricole, sous l’hypothèse d’un retour à une production céréalière moyenne de 75 millions de quintaux. Les activités non agricoles continueraient en revanche de ralentir. Leur rythme devrait ainsi revenir à 2,5%.

L’économie continue de pâtir de l’environnement externe défavorable et des répercussions d’une sécheresse particulièrement sévère. Un constat établi par Bank Al-Maghrib lors de son troisième Conseil de l’année tenu mardi 27 septembre. La Banque centrale relève dans ce sens une nette décélération de la croissance et une forte accélération de l’inflation. «Cette dernière continue d’être alimentée par des pressions d’origine externe, mais les dernières données disponibles montrent une large diffusion vers les prix des produits non échangeables», relève-t-on du communiqué de Bank Al-Maghrib qui table désormais sur un niveau d’inflation nettement plus élevé en 2022, suivi d’un ralentissement moins marqué en 2023. A cet égard, le Conseil de Bank Al-Maghrib a décidé de relever le taux directeur de 50 points de base, à 2%, tout en continuant à suivre de près la conjoncture économique, aux niveaux national et international, et en particulier l’évolution des pressions inflationnistes. Une décision qui tend à assurer les conditions d’un retour rapide à des niveaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix. Elle intervient, également, en prévention de tout désancrage des anticipations d’inflation. En termes d’inflation, Bank Al-Maghrib table sur une accélération de l’inflation à 6,3% sur l’ensemble de l’année, contre 1,4% en 2021, avant de revenir à 2,4% en 2023. Portée par la hausse des prix des produits alimentaires qui y sont inclus, sa composante sous-jacente passerait de 1,7 à 6,3% en 2022 puis décélérerait à 2,5% en 2023. S’agissant de la croissance économique, Bank Al-Maghrib anticipe un net ralentissement cette année à 0,8%. Il résulte, selon la banque centrale, d’un recul de 14,7% de la valeur ajoutée agricole et d’une décélération à 3,4% du rythme des activités non agricoles. En 2023, la croissance économique devrait s’accélérer à 3,6% en lien avec la hausse prévue de 11,9% de la valeur ajoutée agricole, sous l’hypothèse d’un retour à une production céréalière moyenne de 75 millions de quintaux. Les activités non agricoles continueraient en revanche de ralentir. Leur rythme devrait ainsi revenir à 2,5%.

La dynamique des échanges commerciaux maintenue

Se référant aux projections de Bank Al-Maghrib, les échanges commerciaux devraient poursuivre leur dynamique avec une hausse des exportations de 34%, tirée essentiellement par les ventes du phosphate et dérivés qui atteindraient 144,5 milliards de dirhams et celles du secteur automobile qui se situeraient à près de 100 milliards. En revanche, les exportations devraient afficher une contraction de 1,1% en 2023, notamment avec la baisse relative des cours du phosphate et dérivés. Les importations diminueraient également de 4,6% contre une projection positive de 34,5% en 2022, et ce sous l’effet de l’alourdissement de la facture énergétique à 135,13 milliards de dirhams et de l’accroissement des achats des demi-produits à 167 milliards.

Les recettes voyages et transferts MRE sur un trend haussier

La banque centrale anticipe par ailleurs une nette amélioration des recettes voyages cette année. Elles devraient atteindre les 79,8 milliards de dirhams fin 2022. Elles se stabiliseraient à ce niveau en 2023. De même, les transferts des Marocains du Monde poursuivront leur progression pour totaliser les 100 milliards de dirhams en 2022 avant de revenir à 92,4 milliards de dirhams en 2023. «Dans ces conditions, le déficit du compte courant se situerait à l’équivalent de 3,2% du PIB en 2022 avant de s’alléger à 1,9% en 2023», commente dans ce sens Bank Al-Maghrib. S’agissant des investissements directs étrangers, les recettes avoisineraient l’équivalent de 3,2% du PIB annuellement sur les deux prochaines années. De même les avoirs officiels de réserves s’établiraient à 343,7 milliards de dirhams à fin 2022 et à 360,7 milliards à fin 2023, assurant ainsi une couverture autour de 6 mois d’importations de biens et services. Cette projection tient en effet compte de l’hypothèse de la concrétisation des financements extérieurs prévisionnels du Trésor.

Liquidité bancaire : Un creusement de 89,6 MMDH en 2023

Par ailleurs, les évaluations trimestrielles réalisées par Bank Al-Maghrib continuent de montrer l’absence de signes de désalignement du dirham par rapport aux fondamentaux de l’économie nationale.
Sous un autre registre, les taux débiteurs affichent une quasi-stabilité au deuxième trimestre de 2022 recouvrant notamment un recul de 18 points de base pour les crédits à la consommation ainsi que des hausses de 29 points de base pour ceux à l’équipement et de 30 points de base pour les prêts immobiliers destinés aux entreprises. En outre, le besoin de liquidité des banques se creuserait à 85,1 milliards de dirhams à fin 2022 et à 89,6 milliards à fin 2023. Aussi, le crédit bancaire au secteur non financier devrait augmenter de 4% en 2022 et de 3,6% en 2023.

Légère atténuation du déficit budgétaire en perspective

En ce qui concerne les finances publiques, le déficit budgétaire devrait, selon les projections de Bank Al-Maghrib, passer de 5,9% du PIB en 2021 à 5,5% en 2022 avant de s’atténuer à 5,0% en 2023. Cette prévision tient compte notamment de la progression attendue des recettes fiscales, de la mobilisation des ressources au titre des financements spécifiques ainsi que de l’évolution prévue de la charge de compensation. Rappelons que l’exécution budgétaire au titre des huit premiers mois de l’année fait ressortir une amélioration de 24,5% des recettes ordinaires portée principalement par l’augmentation des rentrées fiscales. En parallèle, les dépenses globales se sont alourdies de 13,1% reflétant en particulier la hausse de la charge de compensation.

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