Banque mondiale : Une croissance de 3,2% attendue au Maroc en 2022

Banque mondiale : Une croissance de 3,2% attendue au Maroc en 2022

La Banque mondiale livre ses premières prévisions pour l’année 2022. Les projections de l’institution de Bretton Woods pour le Maroc portent sur une croissance économique de 3,2% pour cette année. Un taux qui ressort inférieur à celui prononcé en juin 2021. Et pour cause, la Banque mondiale lie cette prévision à un éventuel ralentissement de la production agricole nationale.

L’activité économique nationale devrait, selon la Banque mondiale, légèrement rebondir en 2023 pour se situer autour de 3,5%. Pour 2021, la Banque mondiale prévoit pour le Royaume une hausse de 5,3% de son PIB et ce après une contraction de 6,3% en 2020. Il est à préciser que la Banque mondiale avait souligné dans son rapport de suivi de la situation économique au Maroc la nécessité de mettre en œuvre un programme de réformes diversifié et ambitieux pour parvenir à une croissance généralisée et à la création d’emplois au niveau national. L’impératif étant également de gérer les vulnérabilités macro-financières pour atteindre une reprise durable. En effet, le rapport analyse les performances de croissance de l’économie marocaine au cours des dernières décennies. Il ressort que l’accumulation de capital fixe a été, jusqu’à présent, le principal moteur de la croissance, avec des gains de productivité limités et une contribution insuffisante de la main-d’œuvre malgré une situation démographique favorable. «À l’avenir, l’économie marocaine devra diversifier ses sources de croissance pour continuer à créer des emplois et réduire la pauvreté. Le nouveau modèle de développement prévoit notamment la mise en œuvre de réformes à grande échelle visant à dynamiser l’investissement privé, stimuler l’innovation, inclure les femmes sur le marché du travail et augmenter le capital humain», souligne dans ce sens Jesko Hentschel, directeur des opérations pour le Maghreb à la Banque mondiale.

La reprise inverse l’impact social de la pandémie

Pour ce qui est de la performance de l’économie marocaine en 2021, la Banque mondiale énumère dans son rapport les moteurs de la reprise observée au cours de l’année. Citons dans ce sens le recul temporaire de la pandémie, la relance de la demande extérieure en matière d’exportations industrielles et agricoles ainsi que les politiques macroéconomiques favorables. L’institution de Bretton Woods indique, par ailleurs, que la reprise en cours commence à inverser l’impact social de la pandémie. «Le rebond cette année de la production agricole a entraîné une baisse rapide du chômage dans les zones rurales, alors que dans les zones urbaines les indicateurs du marché du travail n’ont commencé à rebondir qu’au troisième trimestre 2021. Après avoir culminé à environ 6,4% en 2020, les taux de pauvreté pourraient attendre jusqu’à 2023 avant de revenir aux niveaux de 2019, et ce, malgré les effets des programmes de transferts monétaires du gouvernement initiés pendant le confinement», peut-on lire dans ce sens. La Banque mondiale observe également une politique monétaire expansionniste et un soutien en trésorerie fourni par la banque centrale. Des facteurs ayant aidé le secteur financier marocain à braver la tempête. Toutefois, le taux de prêts non productifs, qui reste élevé, pourrait encore augmenter.

Les recommandations

Il est à préciser que la Banque mondiale a présenté dans son rapport des simulations reflétant l’impact de diverses options politiques sur la croissance économique au Maroc. La Banque mondiale préconise dans ce sens la mise en œuvre soutenue d’un vaste programme de réformes visant à fortifier le capital humain. Elle estime par ailleurs que la participation économique et la productivité des entreprise seront cruciales pour atteindre les objectifs de croissance ambitieux fixés par le nouveau modèle de développement. Un tel programme favorisera, selon l’institution, le déblocage du potentiel de productivité du Maroc. Il permettra, par ailleurs, aux jeunes et aux femmes d’accéder au marché du travail et améliorera le profil de formation des travailleurs.

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