Une dynamique soutenue par des fondamentaux solides et des marges prudentielles jugées confortables.
Risque systémique : Réuni le 7 juillet, le Comité de coordination et de surveillance des risques systémiques (CCSRS) souligne la solidité des banques, la bonne tenue du secteur des assurances, la stabilité du marché financier et des fondamentaux macroéconomiques robustes. Une dynamique qui conforte la stabilité financière du Royaume, alors que les autorités renforcent parallèlement leur coopération en actualisant leur convention d’échange de données.
Bank Al-Maghrib, l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) et l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) renforcent leur coopération. Les trois institutions ont procédé à la mise à jour de leur convention d’échange de données, en vigueur depuis 2014, afin d’optimiser le partage des informations nécessaires au suivi des risques et à la préservation de la stabilité financière. Cette actualisation a été entérinée à l’occasion de la 27ème réunion du Comité de coordination et de surveillance des risques systémiques, organisée mardi 7 juillet au siège de Bank Al-Maghrib.
Cette vingt-troisième réunion du Comité, composé de représentants de Bank Al-Maghrib, de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), de l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) ainsi que du ministère de l’économie et des finances, a mis en évidence la résilience du système financier marocain. Une dynamique soutenue par des fondamentaux solides et des marges prudentielles jugées confortables.
Bonne performance du secteur bancaire
Dans cette optique, le secteur bancaire a poursuivi son redressement, et ce pour la troisième année consécutive. Il a, en effet, affiché une consolidation de ses performances financières marquée par une progression de 22,2% de son résultat net agrégé sur base sociale lequel a atteint à fin décembre les 19,2 milliards de dirhams. «Cette performance renforce la solidité des établissements de crédit, le ratio moyen de solvabilité ressortant à 16,1% et celui des fonds propres de catégorie 1 à 13,5%, des niveaux largement supérieurs aux exigences réglementaires», peut-on relever du communiqué du CCSRS. Les exercices de stress tests continuent, par ailleurs, de confirmer la résilience des principales banques face à des scénarios de chocs macroéconomiques sévères. Le ratio de liquidité à court terme demeure également supérieur au minimum réglementaire.
S’agissant des infrastructures des marchés financiers, le CCSRS affirme que les résultats du suivi et des évaluations effectuées continuent de confirmer leur forte résilience, aussi bien sur le plan financier que sur le plan opérationnel, présentant toujours un niveau de risque faible pour la stabilité financière.
Une dynamique globalement positive du secteur des assurances
Par ailleurs, l’activité assurentielle ressort globalement positive. En témoignent les indicateurs arrêtés à fin 2025. Ainsi, le chiffre d’affaires du secteur des assurances ressort à 63,2 milliards de dirhams, en progression de 7,5%. Une évolution portée à la fois par la branche vie (8,4%) et la branche non-vie (6,6%). Soutenu principalement par la bonne performance du résultat financier, le secteur des assurances a dégagé un résultat net de 5,3 milliards de dirhams, en hausse de 21,4%, Une évolution favorable ayant permis, selon le CCSRS, au rendement des fonds propres (ROE) d’atteindre 11,1%, soit son niveau le plus élevé sur les dix dernières années. Dans le sillage de la bonne performance du marché financier, les plus-values latentes se sont fortement renforcées pour atteindre 62,5 milliards de dirhams. Se référant au CCSRS, le ratio des plus-values latentes sur les placements s’est établi à 23,8%, se situant à un niveau historique. «Les exercices de stress tests font ressortir une résilience globale des entreprises d’assurances aux conditions macroéconomiques et techniques défavorables», confirme le CCSRS.
Une consolidation boursière confirmée
Sur le plan boursier, le Comité observe une évolution du marché, et ce dans un contexte de consolidation au cours du premier semestre 2026. Au premier semestre 2026, l’indice MASI s’est établi à 18.217,27 points, en recul de 3,34%, tandis que la capitalisation boursière est restée quasi stable à 1.043 milliards de dirhams (contre 1.040,69 milliards de dirhams à fin 2025). Sur le marché obligataire, l’activité est demeurée soutenue au cours des cinq premiers mois de l’année 2026. Les émissions de bons du Trésor se sont élevées à 58,18 milliards de dirhams à fin mai 2026, à un niveau comparable à celui enregistré un an auparavant (57,5 milliards de dirhams à fin mai 2025). Sur le marché de la dette privée, les émissions ont atteint 41 milliards de dirhams à fin mai 2026, dont 32,7 milliards de dirhams de titres de créances négociables et 8,3 milliards de dirhams d’obligations. L’industrie de la gestion collective poursuit son développement. Au 19 juin 2026, l’actif net global des OPCVM s’est établi à 832,85 milliards de dirhams, en progression annuelle de 6,1%. Les souscriptions nettes ont atteint 51,7 milliards de dirhams, principalement orientées vers les OPCVM Obligations CT (51%), les OPCVM Monétaires (33%) et les OPCVM Diversifiés (19%), tandis que les OPCVM Obligations MLT enregistrent des rachats nets (-11%).
Des fondamentaux macroéconomiques solides
Il est à noter que ces évolutions interviennent dans un contexte de croissance économique renforcée. En effet, le CCSRS relève une accélération du rythme de croissance de l’économie marocaine passant de 4,4 % en 2024 à 4,9 % en 2025, et ce grâce à une campagne agricole favorable et à la bonne tenue des activités non agricoles. Selon les projections de Bank Al-Maghrib, cette croissance devrait atteindre 5,2% en 2026 avant de revenir à 3,1 % en 2027, sous l’hypothèse d’une campagne céréalière moyenne. L’inflation est, quant à elle, restée maîtrisée à 0,8 % en 2025 et devrait évoluer progressivement vers 1,5 % en 2026 puis 2,1% en 2027. Les comptes extérieurs demeurent également maîtrisés. Le déficit du compte courant s’est établi à 2,4 % du PIB en 2025 avant un creusement attendu à 4 % en 2026. Les réserves de change continueraient de se renforcer pour couvrir, à l’horizon 2027, plus de six mois d’importations de biens et services.
Le Comité relève la poursuite de la consolidation budgétaire. Le déficit budgétaire, hors recettes exceptionnelles issues des cessions de participations de l’État, s’est réduit à 3,5 % du PIB en 2025 et devrait se stabiliser à 3,4 % en 2026 et 2027. Cette trajectoire devrait permettre au ratio de la dette du Trésor de poursuivre sa baisse graduelle pour atteindre 65,1% du PIB en 2027.










