Economie

Bloqué pour une signature

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L’histoire se répète. Après l’échec des projets menés par Royal Air Maroc, la BMCI, la Compagnie Al Wataniya, le ministère des Habous, tous entrepris durant ces trente dernières années, c’est au tour de Casa City Center d’être bloqué. A croire que l’Ilot de Sidi Belyout et les terrains compris entre l’Avenue des FAR et le Boulevard Zahid Ou Hamad ne réussissent jamais aux investisseurs.
Casa City Center de par son investissement, 700 millions de dirhams, est le plus grand projet du Fonds d’investissement RISMA. Composé d’un Novotel (4 étoiles) de 274 chambres, d’un Ibis (3 étoiles) de 266 chambres dans la première tranche et, pour le reste, d’un Sofitel (5 étoiles) de 200 chambres, de 54.000 mètres carrés de bureaux et d’un parking de 200 places, le projet devait donner un souffle à la politique touristique de Casablanca dont l’objectif pour 2010 est d’accueillir un million de visiteurs contre 350.000 actuellement.
Seulement, Casa City Center est bloqué. Une signature manque dans le dossier. Le projet est arrêté en pleine phase d’exécution alors que les travaux de terrassement en cours ont déjà coûté 30 millions de dirhams. L’Agence refuse le visa de conformité urbaine en opposant au projet des dispositions du plan d’aménagement, dispositions qui avaient pourtant reçu l’aval solide de la commission régionale d’investissement.
Le groupe Accor croyait pourtant avoir écarté tous les obstacles à la réalisation du projet : acquisition des terrains appartenant au ministère des Habous et à la Compagnie d’Assurance Al Wataniya et conclusion d’une Dation avec la communauté urbaine de Casablanca.
Accord de principe du wali de Casablanca en mars 2003. Puis dans la foulée, instruction du projet par le CRI de Casablanca en avril 2003, suivi par la commission régionale des investissements et des dérogations. Sous l’égide de celle-ci, plusieurs réunions techniques sont tenues avec toutes les Administrations et Services concernés comme le veut la procédure. L’avis favorable avalisant l’ensemble des dérogations est tombé le 19 juin 2003.
Comme il est de règle, le wali de Casablanca notifie alors l’accord (août 2003), invitant par la même le groupe Accor à déposer auprès de la commune concernée le dossier technique complet en vue de l’obtention de l’Autorisation de construire.
La présentation du projet, corrigé sur la base des dérogations accordée mettra six mois à être peaufiné. Puis, un dossier concernant la première tranche, à savoir les hôtels Novotel et Ibis, est déposé le 14 février 2004 auprès de l’Arrondissement de Sidi Belyout.
Cette étape franchie, la cérémonie de pose de la première pierre se déroule le 4 avril 2004 en présence du ministre du Tourisme et de toutes les autorités de la wilaya, de la Commune Urbaine et de l’Agence urbaine. Le projet continue d’être développé, la deuxième et la troisième tranches sont mises au point et les dossiers d’exécution de la première tranche poursuivis.
Mais après les travaux de terrassements et les consultations du lot gros oeuvre pour l’adjudication, coup de théâtre.
L’Agence Urbaine de Casablanca qui avait jusque-là gardé silence sort de sa réserve. Le dossier d’autorisation de construire des deuxième et troisième tranches, déposé en juillet 2004, ne recevra pas un visa de conformité de la part de l’Agence Urbaine de Casablanca. Celle-ci justifie son refus par divers motifs dont le rétablissement d’une place publique et d’un cheminement piéton.
En fait, l’on peut se demander où était l’Agence urbaine quand toutes ces dérogations ont été explicitement examinées par la commission du 19 juin 2003 et avalisées par la décision du 3 août 2003? Pourquoi ce réveil soudain qui bloque un projet de 700 millions de dirhams censé ancrer Casablanca dans la vision 2010 ?
Aujourd’hui, ne sachant plus où donner de la tête, le groupe Accor ne cache pas son impatience. Caduc dont aux yeux de l’Agence Urbaine, les accords de principe de la wilaya et les avis favorables de la commission régionale d’investissements. L’Agence urbaine que nous avons contactée en vain sans pouvoir entrer en contact avec la directrice Fouzia Imansar continuerait de mettre en avant le respect d’une loi qui date de vingt ans, laquelle limite la hauteur des constructions à dix étages.
Un entêtement qui a ses coûts. Le projet risque de tomber à l’eau et avec lui une grande partie du programme OFPPT qui misait sur le City Center et l’accord conclu dans ce cadre avec Accor pour caser ses lauréats. «Différentes autorités dont le ministère du Tourisme, celui de l’Intérieur, nous ont assurés de leur soutien, déclare Marc Thépot, Directeur Général d’Accor Maroc pour qui, il est impensable de poursuivre les travaux sans garantie solide».

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