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Bourse de Casablanca : contre-performance ou simple correction ?

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Les vraies raisons derrière les résultats dans le rouge de l’indice boursier et les secteurs économiques touchés

Finances. Les récentes contre-performances de la place boursière casablancaise attirent l’attention des observateurs avec des explications qui dépassent la récente crise au Moyen-Orient. Eclairages.

Après le beau rêve, un réveil brutal ? Les derniers résultats de la Bourse de Casablanca intriguent tous les observateurs et une partie de l’opinion publique. Après des performances exceptionnelles à la fin de 2025 et début 2026, les dernières semaines ont été marquées par une contre-performance importante de l’indice boursier au point d’être considéré parmi les plus importantes en Afrique mais également en Europe si l’on compare avec le Vieux Continent. «La publication des résultats des sociétés cotées au titre du 4ème trimestre 2025 s’est opérée dans un contexte particulier, marqué par l’escalade des tensions militaires au Moyen-Orient.

En dépit de l’accélération de la croissance des revenus de la cote à +12,2% au T4-25, le Masi accuse une forte correction de -12% sur la période allant du 20 février au 3 mars 2026. Il s’agit de l’une des plus importantes contre-performances observées au sein des bourses africaines et européennes», précise un document du centre Attijari Global Rechearch (AJR). Plus loin encore, la même source affirme que «la correction du Masi ne s’explique pas uniquement par les tensions géopolitiques, mais également par des facteurs purement domestiques. La montée en force du poids des « Particuliers » contribue aujourd’hui à amplifier les phases baissières du marché».

Pour AJR, deux enseignements se dégagent en marge de cette correction. Le premier met en lumière la vulnérabilité des valeurs « chères » lors des phases baissières du marché. Le second atteste que cette correction repose davantage sur une logique de flux plutôt que d’une réaction négative des investisseurs par rapport aux résultats des sociétés cotées».

Les analystes du Centre indiquent que l’expérience des marchés montre que les corrections liées aux tensions géopolitiques sont généralement de nature ponctuelle. «En effet, les investisseurs sont amenés tôt ou tard à se recentrer sur les fondamentaux économiques et les perspectives des sociétés cotées et ce, dès l’émergence des premiers signes d’apaisement des tensions géopolitiques. La correction du marché Actions offrirait des fenêtres tactiques de repositionnement, au sein de 5 secteurs en particulier : Banques, BTP, Santé, Ciment et Port. Ces secteurs affichent des baisses importantes de leur multiple valorisation (P/E) sans pour autant accuser une détérioration de leurs perspectives de croissance sur le moyen terme», précise-t-on.

La guerre pas si responsable ?
Le même document explique que la guerre au Moyen-Orient ne peut justifier à elle seule la correction du Masi. «Durant la période marquée par l’escalade des tensions militaires au Moyen-Orient, allant du 20 février au 3 mars 2026, le marché boursier marocain accuse l’une des plus fortes corrections par rapport aux indices africains et européens. Sur la même période, le Masi affiche une baisse plus prononcée que celle observée sur le marché égyptien, soit de -12% contre -8% respectivement. Pourtant, l’Égypte demeure plus exposée aux conséquences économiques de ce conflit géopolitique. Cette forte correction du marché marocain ne peut être attribuée exclusivement au contexte géopolitique, qui impacte naturellement l’aversion au risque des investisseurs, mais aussi, à des facteurs purement domestiques. Ces derniers auraient, selon nous, accentué l’amplitude de la baisse du Masi», ajoute AGR. Et de poursuivre : «Au cours des deux dernières années, le marché boursier marocain a connu une reconfiguration profonde.

Celle-ci est marquée par le grand retour des investisseurs individuels dont le poids dans les volumes aurait plus que doublé passant d’une moyenne de 12% durant la période 2019-2023 à 28% à compter de 2025. Au-delà de la dynamique des IPO qui demeure historiquement le principal facteur d’attrait des personnes physiques en Bourse, nous relevons l’émergence d’une quinzaine d’opérateurs de gestion sous mandat dédiés essentiellement à ce segment».

Ces derniers accaparent aujourd’hui près de 80 MMDH dont 15% dédié à la poche Actions. Face à la forte concurrence en termes de collecte et de performance, ces opérateurs adoptent une rotation élevée de leur portefeuille. «Selon nos échanges avec les différents opérateurs du marché, la rotation annuelle des portefeuilles Actions des gérants sous mandat ressortirait entre 3x et 6x contre un niveau moyen de 0,5x pour les OPCVM Actions classiques», disent les analystes. Il faut préciser enfin qu’au titre du quatrième trimestre (T4) 2025, les sociétés cotées ont affiché une accélération de la croissance de leurs revenus à +12,2% contre une moyenne de +7,2% durant les 3 premiers trimestres de l’année. «Le CA agrégé de la cote ressort ainsi à 98,4 MMDH, en hausse de +10,7 MMDH.

À l’origine de cette performance, les secteurs Mines et BTP qui contribuent à plus de 60% à la hausse des revenus agrégés de la cote (+6,7 MMDH). Plus en détail, nous relevons les constats suivants : les revenus trimestriels des mines ont été multipliés par 2,6 fois passant de 2,7 MMDH au T4-24 à 7,0 MMDH au T4-25 (+4,3 MMDH). À l’origine, la hausse des cours moyens de l’or et de l’Argent de +52,4% et de +67,8% respectivement sur la même période. Le secteur du BTP enregistre une hausse de son CA de +21,6% (+2,4 MMDH) portée par la dynamique d’investissement du Maroc et l’opération de croissance externe de TGCC. Seul le secteur Énergie accuse une baisse de ses revenus de -517 MDH au T4-25 (-5,7%) sous l’effet de la baisse des cours des produits énergétiques à l’international», explique AGR.

Rebond de la bourse
Performance. La Bourse de Casablanca poursuivait sa tendance haussière mercredi 11 mars à la mi-séance, son indice phare, le MASI, progressant de 2,04%, à 17.246,61 points (pts). Le MASI 20, qui regroupe les 20 valeurs les plus liquides, gagnait 2,26%, à 1.313,45 pts, et le MASI ESG, indice des entreprises ayant la meilleure notation ESG selon Moody’s ESG Solutions, avançait de 2,12%, à 1.184,59 pts. Le MASI Mid and Small Cap, baromètre des petites et moyennes capitalisations, prenait 1,4%, à 1.758,27 pts. Aux valeurs individuelles, LafargeHolcim Maroc (+9,94%, à 1.759 DH), Ciments du Maroc (+9,45%, à 2.178 DH), Sothema (+6,63%, à 811 DH), Ciments du Maroc (+6,25%, à 1.700 DH) et Microdata (+6,14%, à 748 DH) réalisaient les meilleures performances. À l’inverse, Stroc Industrie (-5,88%, à 160 DH), Minière Touissit (-4,5%, à 3.290 DH), M2M Group (-2,73%, à 421,2 DH), Résidences Dar Saada (-1,46%, à 141,6 DH) et Ennakl (-1,34% à 48 DH) accusaient les plus fortes baisses. Le volume global des échanges à la Bourse de Casablanca s’élevait, mercredi à la mi-séance, à plus de 149,1 millions de dirhams (MDH). Ces échanges étaient réalisés entièrement sur le marché central «Actions» et dominés par les transactions sur LafargeHolcim Maroc (60,28 MDH), Ciments du Maroc (12,81 MDH) et Cosumar (12,42 MDH). La capitalisation boursière dépassait, quant à elle, 965,56 milliards de dirhams. Au cours de la séance de la veille mardi 10 mars, le MASI, indice phare de la Bourse de Casablanca, a clôturé sur un gain de 2,23%, porté notamment par la hausse des secteurs «Santé» (+5,26%), «Participation et promotion immobilières» (+5,25%) et «Agroalimentaire/Production» (+3,9%). Les échanges ont dépassé 680,01 millions de dirhams (MDH), réalisés principalement sur le marché central «Actions» et dominés par les transactions sur Attijariwafa Bank (114,4 MDH), Itissalat Al-Maghrib (51,43 MDH) et TGCC (43,53 MDH). La capitalisation boursière s’est, quant à elle, établie à plus de 947,29 milliards de dirhams.

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