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Break dans le cycle de resserrement de la politique monétaire : Les explications de Bank Al-Maghrib

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«Nous avons décidé de faire une pause et marquer du recul, pour voir ensuite quel effet cela va avoir sur la demande et les conditions bancaires et quelles sont les conséquences des mesures prises par le gouvernement».

Banque centrale : Pour le wali de Bank Al-Maghrib, le maintien du taux directeur inchangé à 3 % a pour but de marquer une pause pour évaluer les effets des hausses précédentes ainsi que l’impact des différentes mesures mises en place par le gouvernement pour soutenir certains secteurs d’activité et le pouvoir d’achat des ménages.

Après le break annoncé mardi par le conseil de Bank Al-Maghrib concernant le cycle de resserrement de la politique monétaire, Abdellatif Jouahri, wali de la Banque centrale, explique cette pause. S’exprimant lors du point de presse ayant suivi la deuxième réunion trimestrielle du conseil de Bank Al-Maghrib, M. Jouahri souligne que «le maintien du taux directeur inchangé à 3 % a pour but de marquer une pause pour évaluer les effets des hausses précédentes ainsi que l’impact des différentes mesures mises en place par le gouvernement pour soutenir certains secteurs d’activité et le pouvoir d’achat des ménages».

Et d’ajouter: «Nous avons décidé de faire une pause et marquer du recul, pour voir ensuite quel effet cela va avoir sur la demande et les conditions bancaires et quelles sont les conséquences des mesures prises par le gouvernement». Le wali de Bank Al-Maghrib n’a pas manqué de souligner la légère décélération de l’inflation qui commence à s’afficher. Les prévisions de la Banque centrale portent autour d’une inflation sous-jacente de 2 % à l’horizon 2024. Abdellatif Jouahri a également abordé lors de son intervention la transmission des décisions de la banque à l’économie réelle. «Deux principaux «indices» sont utilisés, à savoir l’évolution des taux débiteurs et l’offre et la demande de crédits analysées dans le cadre de l’enquête trimestrielle», a-t-il souligné en mettant en avant la nécessité d’éviter le désancrage des anticipations d’inflation en tant qu’objectif principal dans le processus de prise de décision de Bank Al-Maghrib.

M. Jouahri a par ailleurs indiqué que la croissance et l’emploi sont aussi visés, et ce à travers les liquidités offertes au système bancaire sur le marché monétaire. «Depuis la crise Covid jusqu’à maintenant, la Banque centrale a répondu totalement à toutes les demandes présentées par le système bancaire, car nous estimons qu’il s’agit des demandes fondées et adressées au financement adéquat de l’économie», a-t-il dit. Il est à rappeler qu’après trois hausses successives d’un total de 150 points de base, le conseil de BAM a décidé de marquer une pause dans le cycle de resserrement de la politique monétaire et de maintenir inchangé le taux directeur à 3 %.

Lors de ses prochaines réunions, ses décisions tiendront compte notamment de l’évaluation approfondie et actualisée des effets cumulés de ses hausses de taux et de l’impact des différentes mesures mises en place par le gouvernement pour soutenir certaines activités économiques et le pouvoir d’achat des ménages.

Circulation du cash : Un changement de paradigmes s’impose

Parmi les sujets abordés lors du point de presse de Bank Al-Maghrib figure également la hausse de la circulation du cash. A ce propos, le wali de Bank Al-Maghrib a mis l’accent sur la nécessité de moderniser les systèmes de paiement ainsi qu’un changement de paradigmes au niveau de la technologie. M. Jouahri a même préconisé un changement de culture, notamment en engageant plusieurs actions dont le recours au «mobile banking» pour l’octroi des futures aides gouvernementales. La finalité étant d’accélérer la généralisation de cette technique et faciliter son adoption. «Dans notre pays, le cash est une tradition parce qu’il est facile et sans risques», peut-on retenir de Abdellatif Jouahri. Et de préciser que «la hausse reflète aussi le poids élevé de l’informel qui représente environ 30 % du PIB».
Parmi les causes énumérées par Abdellatif Jouahri, on cite les effets de la crise sanitaire ainsi que la hausse des arrivées touristiques et des transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE).

Les investisseurs de retour au marché des adjudications

S’agissant de l’intervention de la Banque centrale sur le marché des bons du Trésor, Abdellatif Jouahri confirme le retour des investisseurs au marché des adjudications. «La courbe des taux a été revue et actualisée. Cela fait que nous avons dépassé les difficultés que l’on a connues». A rappeler que l’intervention de Bank Al-Maghrib a eu lieu sur le marché secondaire des bons du Trésor. Se référant au wali de Bank Al-Maghrib, le Trésor affichait en début de l’année un léger resserrement et ce en dépit de la ligne de précaution et de liquidité (LPL) octroyée pour plus de 20 milliards de dirhams. «Nous avons acheté des bons du Trésor à court terme jusqu’à 17 milliards de dirhams. Ils sont venus à échéance. Actuellement nous tournons autour de 11 milliards de dirhams», relève-t-on de Abdellatif Jouahri. Et de conclure : «Nous nous sommes arrêtés. Le stock dont nous disposons est en train de se faire payer».

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