Capital investissement : Une résilience avérée en 2020

Capital investissement : Une résilience  avérée en 2020

Le secteur a bien fonctionné en dépit de la crise

«Le secteur de l’industrie chimique, du négoce et de l’IT sont des secteurs qui sont le moins impactés au moment où le secteur primaire et le BP ont beaucoup souffert»

L’impact de la crise sanitaire sur le métier du Capital investissement a fait l’objet d’une étude dévoilée mercredi 7 avril par l’Association marocaine du capital investissement (Amic). Le constat dressé fait ressortir une résilience des entreprises financées par le Capital investissement au moment où le monde des affaires a été fortement touché par les aléas de la pandémie. «Le Capital investissement a bien fonctionné malgré la crise. L’enquête sur l’impact de la pandémie a permis de démontrer le rôle du Capital investissement dans la résilience du tissu économique national», indique dans ce sens Tarik Haddi, président de l’Amic. Si la moyenne des chiffres d’affaires des PME au niveau national a fléchi de 32% en 2020 (estimation de Inforisk), l’Amic indique que le chiffre d’affaires des entreprises accompagnées par ses fonds a été contenu à 202%. «Il faut dire que la baisse nationale aurait pu être plus importante si dans la moyenne il n’y avait pas les entreprises investies dans les fonds d’investissement», relève-t-on de Tarik Haddi. Outre le plan opérationnel, le responsable fait savoir également que cette industrie a gagné aussi bien en expérience qu’en transparence et en bonne gouvernance.

1,35 milliard DH de fonds levés

Les indicateurs d’activité du Capital investissement en 2020 font ressortir une dynamique soutenue des transactions et ce en dépit des contraintes liées au confinement et à la réduction des flux des opérations. L’Amic relève dans ce sens des levées de fonds de l’ordre de 1,35 milliards de dirhams, un volume qui, selon M. Haddi, fait de 2020 une très bonne année. S’agissant des levées dans le cadre des fonds purement marocains, elles se sont appréciées de 540 millions de dirhams passant ainsi de 30 à 570 millions de dirhams. Les investissements de fonds se sont pour leur part consolidés de 5% atteignant à fin 2020 les 804 millions de dirhams. «20 entreprises ont été concernées. C’est un chiffre significatif. Il équivaut à 20 introductions en Bourse en une année si on le compare au marché des capitaux», commente le président de l’Amic. S’agissant des sorties, 10 actes d’investissements ont eu lieu en 2020 totalisant un montant de 120 millions de dirhams. S’agissant de l’appui accordé aux entreprises en difficultés durant les premiers mois de cette crise, on relève que plus de 80% des participations des fonds de l’Amic ont pu accéder aux mesures d’accompagnement de la CCG en l’occurrence Damane oxygène et Damane relance.

L’impact varie d’un secteur à l’autre

L’étude de l’Amic indique que l’impact de la crise sanitaire sur le chiffre d’affaires des entreprises investies varie d’un secteur à l’autre. «Le secteur de l’industrie chimique, du négoce et de l’IT sont des secteurs qui sont le moins impactés au moment où le secteur primaire et le BP ont beaucoup souffert», apprend-on de Slimane Eddafali, enseignant chercheur, en charge de cette étude. Ce dispositif démontre également que les entreprises financées par le Capital investissement ont été soutenues par les sociétés de gestion en vue de bénéficier des programmes prévus par le Royaume pour soutenir la résilience des entreprises en période de crise.
A cet effet, 46 entreprises ont demandé le programme Damane oxygène et 38 participations Damane relance. De même, 17 autres ont négocié des lignes de crédits supplémentaires. Il ressort également que pas moins de 40 participations ont bénéficié de l’indemnisation forfaitaire accordée par la CNSS et que 19 d’entre elles ont versé un complément à cette indemnité. S’agissant du Capital investissement, l’étude indique qu’uniquement 22% des sociétés de gestion ont discuté ou bien négocié des modifications au niveau de la politique d’investissement avec les bailleurs de fonds et que seulement 6% ont indiqué qu’il y a report d’injection des fonds au niveau des bailleurs.
«Ces indicateurs montrent qu’il y a un niveau de confiance envers le secteur et les entreprises financées», affirme M. Eddafali. L’impact sur les investissements se traduit par le report de 11 opérations. De même, 19 investissements ont été reportés ou annulés notamment durant la première partie de l’année 2020. Pour ce qui est de la gouvernance, l’Amic indique dans son étude qu’environ 30% des sociétés de gestion ont mis en place un comité de suivi. Aussi, 56% des sociétés de gestion ont indiqué avoir mis en place des actions et mesures spécifiques rapportée à la gouvernance. La dynamique au niveau de la gouvernance se traduit également par l’augmentation du nombre de conseil d’administration.

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